vendredi 17 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2302169 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrat Connin |
| Avocat requérant | SELARL SAMSON & WEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 mars 2023, M. B A C, représenté par Me Samson, demande au tribunal d'annuler les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions constatées les 24 janvier, 29 juin et 12 novembre 2020, les 30 juin et 24 juillet 2021, les 14 et 24 décembre 2021 et les 28 mars et 4 avril 2022.
Il soutient que :
- les décisions de retrait de points attaquées ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui a pas été préalablement délivrée ;
- la réalité des infractions ayant entraîné les retraits de points contestés n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions de la requête tendant à l'annulation des décisions de retrait de point consécutives aux infractions relevées le 12 novembre 2020, le 24 juillet 2021 et le 28 mars 2022 sont dépourvues d'objet, dès lors que les points afférents ont été restitués à M. A C respectivement le 1er décembre 2021 et les 3 juillet et 20 décembre 2022 ;
- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 17 avril 2023, M. A C, représenté par Me Samson, déclare se désister purement et simplement des conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 24 janvier et 12 novembre 2020, le 24 juillet 2021 et le 28 mars 2022, et maintenir le surplus de ses conclusions.
Par une ordonnance du 11 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 27 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Connin, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat statuant seul a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions du 1° de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Connin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le dernier état de ses écritures, résultant de son mémoire enregistré le 17 avril 2023, M. A C demande au tribunal d'annuler les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions constatées le 29 juin 2020, le 30 juin 2021, les 14 et 24 décembre 2021 et le 4 avril 2022.
Sur les décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 24 janvier et 12 novembre 2020, le 24 juillet 2021 et le 28 mars 2022 :
2. Si, dans sa requête, M. A C avait demandé l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 24 janvier et 12 novembre 2020, le 24 juillet 2021 et le 28 mars 2022, il s'est désisté purement et simplement de ces conclusions. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte. Dès lors, il y a lieu pour le tribunal de ne statuer que sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions relevées le 29 juin 2020, le 30 juin 2021, les 14 et 24 décembre 2021 et le 4 avril 2022.
Sur les décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées le 29 juin 2020, le 30 juin 2021, les 14 et 24 décembre 2021 et le 4 avril 2022 :
3. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. / Quand il est effectif, le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple ou, sur sa demande, par voie électronique. Un décret en Conseil d'Etat précise les conditions d'application du présent alinéa. " L'article R. 223-3 du même code précise que : " I.- Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / () ".
4. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'il est fait application de la procédure d'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'information remise ou adressée par le service verbalisateur doit porter, d'une part, sur l'existence d'un traitement automatisé des points et la possibilité d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9 du code de la route et, d'autre part, sur le fait que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale établit la réalité de l'infraction, dont la qualification est précisée, et entraîne un retrait de points correspondant à cette infraction.
5. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt ainsi le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
6. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral relatif à la situation du permis de conduire de M. A C, que les infractions des 29 juin 2020 et 30 juin 2021 ont été constatées par procès-verbal électronique et ont donné lieu à l'émission, respectivement les 11 janvier et 12 novembre 2021, des titres exécutoires des amendes forfaitaires majorées dont le requérant ne s'est pas acquitté. Les procès-verbaux électroniques nos 6105768247 et 6122988788 relatifs à ces infractions ne comportent pas la signature de l'intéressé ni aucune mention selon laquelle il aurait refusé d'apposer sa signature. Si le ministre de l'intérieur et des outre-mer produit un " historique des documents émis " dans les dossiers nos 6105768247 et 6122988788 transmis à l'officier du ministère public, indiquant les dates de remise à La Poste des avis de contravention adressés à M. A C et l'absence de retour des plis avec la mention " n'habite plus à l'adresse indiquée ", ces éléments, qui n'apportent au demeurant aucune précision sur l'adresse d'expédition, ne sont pas suffisants pour établir que le requérant aurait reçu la notification des avis de contravention ou des avis d'amende forfaitaire majorée relatifs aux infractions en cause. Ainsi, le ministre n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de la délivrance préalable à l'intéressé de l'intégralité des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, en particulier de celle relative à la qualification de l'infraction qui, étant propre à chaque manquement constaté, ne peut, en tout état de cause, être délivrée à l'occasion d'infractions antérieures. Dès lors, M. A C, qui a été privé d'une garantie, est fondé à demander l'annulation des décisions retirant respectivement trois et quatre points de son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 29 juin 2020 et 30 juin 2021.
7. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que les infractions relevées par radar automatique les 14 et 24 décembre 2021, constituées par un excès de vitesse inférieur à 20 km/h avec vitesse maximale autorisée supérieure à 50 km/h, entraînant chacune le retrait d'un point du permis de conduire, ont donné lieu à l'émission des titres exécutoires des amendes forfaitaires majorées que M. A C n'a pas payées. Le ministre de l'intérieur et des outre-mer, qui ne peut se borner à rappeler in abstracto les différentes étapes administratives consécutives à la constatation d'une infraction par radar automatique, n'établit pas que le requérant aurait reçu notification des avis de contravention ou des avis d'amende forfaitaire majorée relatifs à ces infractions. Ainsi, il n'apporte pas la preuve, dont la charge lui incombe, de la délivrance au requérant de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dès lors, M. A C, qui a été privé d'une garantie, est fondé à demander l'annulation des décisions retirant chacune un point de son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 14 et 24 décembre 2021.
8. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que l'infraction relevée par radar automatique le 4 avril 2022, constituée par un excès de vitesse d'au moins 40 km/h et inférieur à 50 km/h, entraînant le retrait de quatre points du permis de conduire, a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée envoyé le 4 novembre 2022 sous pli recommandé à l'adresse de M. A C en Algérie. Ce dernier ne conteste pas que cette adresse correspond à celle qu'il avait déclarée à l'administration et à laquelle il était en mesure de recevoir son courrier. Contrairement à ce qu'il soutient, le service d'acheminement postal a apposé une marque postale sur l'enveloppe le 7 novembre 2022. Cependant, le ministre de l'intérieur et des outre-mer se borne à produire un avis de passage qui ne porte ni la date de vaine présentation du courrier, ni l'indication du motif pour lequel il n'a pu être remis, et n'apporte ainsi pas la preuve que le titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée relatif à l'infraction du 4 avril 2022 a été régulièrement notifié au requérant, lequel n'a, en outre, pas payé l'amende en cause. Ainsi, faute de preuve de la délivrance à M. A C de l'informations prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, ce dernier, qui a été privé d'une garantie, est fondé à demander l'annulation de la décision retirant quatre points de son permis de conduire à la suite de l'infraction constatée le 4 avril 2022.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de la requête, que M. A C est fondé à demander l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées le 29 juin 2020, le 30 juin 2021, les 14 et 24 décembre 2021 et le 4 avril 2022.
D É C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. A C tendant à l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions constatées les 24 janvier et 12 novembre 2020, le 24 juillet 2021 et le 28 mars 2022.
Article 2 : Les décisions de retrait de points consécutive aux infractions constatées le 29 juin 2020, le 30 juin 2021, les 14 et 24 décembre 2021 et le 4 avril 2022 sont annulées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
N. Connin
La greffière,
Signé
S. Traoré
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N° 1901371
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026