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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2302176

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2302176

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2302176
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantCOMPIN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles était saisi par Mme B d’un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté du préfet des Yvelines du 1er février 2023 refusant sa demande de regroupement familial pour ses trois enfants. En cours d’instance, le préfet a finalement fait droit à cette demande par une décision du 8 juillet 2024. Le tribunal a constaté que les conclusions à fin d’annulation et d’injonction étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer. Il a condamné l’État à verser 1 000 euros à Mme B au titre des frais de justice (article L. 761-1 du code de justice administrative).

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés le 16 mars 2023, le 17 mars 2023 et le 17 avril 2023, Mme A B, représentée par Me Compin, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2023 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de regroupement familial ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines à titre principal de faire droit à sa demande de regroupement familial, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 5 de la directive 2003/86/CE du Conseil du 22 septembre 2003 relative au droit au regroupement familial.

Par une lettre du 10 juin 2024, le préfet des Yvelines, par application des dispositions de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, a été mis en demeure de produire ses observations.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 juillet 2024, le préfet des Yvelines conclut qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête présentée par Mme B.

La clôture de l'instruction a été fixée au 13 juillet 2024 par une ordonnance du 10 juin 2024.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Perez a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante camerounaise née le 11 janvier 1982, est titulaire d'une carte de résident expirant le 1er décembre 2031. Le 2 août 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) l'a informée que sa demande de regroupement familial au bénéfice de ses trois enfants nés en 2005 et 2007 avait été transmise à la préfecture en date du 1er août 2022 pour décision. Par une décision du 1er février 2023, notifiée le 23 mars 2023, et dont elle demande l'annulation, le préfet des Yvelines a opposé un refus à sa demande de regroupement familial.

Sur l'exception de non-lieu opposée en défense :

2. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à la date d'enregistrement de la requête, par décision du 8 juillet 2024, le préfet des Yvelines a fait droit à la demande de regroupement familial introduite par la requérante au profit de ses trois enfants nés le 28 juin 2005 et le 28 juin 2007. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. B sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction présentées par Mme B.

Article 2 : L'Etat versera à Mme B une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Féral, président,

M. Perez, premier conseiller,

M. Bélot, premier conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024,

Le rapporteur,

signé

J-L. Perez

Le président,

signé

R. FéralLa greffière,

signé

G. Le Pré

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2302176

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