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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2302242

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2302242

mercredi 10 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2302242
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantDUSEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 mars 2023 au tribunal administratif de Versailles, M. B représenté par Me Dusen, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 mars 2023 par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans en l'informant qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

2°) d'enjoindre à cette autorité de lui délivrer un titre de séjour sous une astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir, ou, à défaut, de procéder à un réexamen de sa situation administrative dans les mêmes conditions d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

-la requête est recevable ;

-la décision portant obligation de quitter le territoire est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation alors, alors notamment qu'il dispose d'un passeport en cours de validité ;

-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il remplit les critères ; il a formé une demande de régularisation sur le site démarches simplifiées dont le préfet ne pouvait ignorer l'existence ; il justifie résider de manière stable et habituelle en France depuis la fin de l'année 2016 et a fait preuve d'une parfaite intégration professionnelle en qualité de boulanger, métier qu'il exerce depuis plus de cinq ans et en qualité de co-gérant de la Sarl EHM en étant à jouir de ses obligations fiscales ;

-elle est entachée d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'une erreur de droit compte tenu de sa parfaite intégration sociale et professionnelle en France où résident de nombreux membres de famille de nationalité française ;

-la décision portant refus de départ volontaire est illégale par voie d'exception et entachée d'une insuffisante motivation, d'une erreur manifeste en ce qu'il dispose de sérieuses garanties de représentation et d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

-la décision portant interdiction de retour est illégale, faute pour sa signataire de justifier de sa compétence ; le préfet ne justifie pas de la bonne compréhension par le requérant de la mesure qui lui a été notifiée ni de la régularité de son audition ; elle est entachée d'un défaut de motivation et excessive au regard de sa situation personnelle ; elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur d'appréciation ;

-la décision portant désignation du pays de destination méconnaît les stipulations de l'article 3 de la même convention compte tenu du sort réservé aux kurdes en Turquie où des milliers de personnes sont impliquées dans des purges.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 avril 2023, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme le Montagner pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 avril 2023 :

- le rapport de Mme le Montagner ;

- les observations de Me Karakas, substituant Me Dusen, représentant M. B non présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en insistant sur la circonstance que le requérant est intégré professionnellement en qualité de co-gérant d'une boulangerie.

-le préfet n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant turc né le 1er mai 1993, a déclaré être entré en France le 26 octobre 2016 aux fins d'y solliciter le bénéfice d'une protection internationale. Sa demande a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et du droit d'asile le 30 novembre 2017, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 14 mai 2018. Il a ultérieurement saisi le préfet de l'Essonne d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L.313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, rejetée par une décision du 12 janvier 2021 de cette même autorité lui faisant obligation de quitter le territoire dans le délai de trente jours. M. B a poursuivi l'annulation de cette décision devant le tribunal administratif de Versailles, puis la Cour administrative d'appel de Versailles qui a rejeté ses conclusions par un arrêt du 25 octobre 2022. M. B s'est ensuite maintenu sur le sol français dépourvu de tout titre de séjour et a été interpellé le 15 mars 2023 par les services de police d'Evry Courcouronnes. Le préfet de l'Essonne, par un arrêté du 15 mars 2023, dont il demande l'annulation, lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai en assortissant cette mesure d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans et en l'informant de son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen pendant la durée de cette interdiction.

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023 PREF DCPPAT BCA 025 du 7 février 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour de la préfecture de l'Essonne, Mme C D, chef du bureau de l'éloignement du territoire, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision contestée doit être écarté.

3. En deuxième lieu l'arrêté litigieux vise les textes dont il est fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. B sur lesquelles le préfet s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français, pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire et pour fixer le pays de renvoi, ainsi que pour arrêter, dans son principe et dans sa durée, une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Il précise notamment que M. B, dont la compagne et l'enfant vivent en Turquie et qui travaille illégalement sur le sol français selon ses déclarations, s'est soustrait à une précédente décision en date du 12 janvier 2021 lui faisant obligation de quitter le territoire après avoir vu sa demande d'asile rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 14 mai 2018. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'ensemble des décisions attaquées ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.

4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des mentions de l'arrêté du 15 mars 2023, que le préfet de l'Essonne a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B avant de prendre les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

5. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité au 3° () ".

6. En l'espèce, M. B s'est maintenu sur le sol français sans avoir déféré à l'obligation de quitter le territoire qui lui avait été précédemment faite le 12 janvier 2021 par le préfet de l'Essonne rejetant sa demande d'admission exceptionnelle au séjour après le rejet par la Cour nationale du droit d'asile de sa demande de protection internationale, et malgré le rejet le 25 octobre 2022 par la Cour administrative d'appel de Versailles de ses conclusions dirigées contre ladite décision du préfet de l'Essonne. Par suite, il entre dans le champ des dispositions précitées du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile autorisant le préfet à l'obliger à quitter le territoire.

7. En premier lieu, si M. B se prévaut de son intégration professionnelle significative en France en qualité de boulanger et verse notamment au dossier des bulletins de salaires établis par la société EHM sise à Brétigny sur Orge, dont le gérant est un membre de famille, ainsi qu'un avis d'imposition personnel faisant apparaître pour l'année 2021 des salaires perçus à hauteur de 15 575 euros, il ne justifie d'aucune formation particulière acquise dans ce domaine tandis que la société qui l'emploie n'établit pas avoir effectivement formé une demande d'autorisation de travail le concernant et ne précise pas les suites qui y auraient été données.

8. En second lieu, si M. B évoque la durée et la stabilité de sa présence sur le sol français où résident déjà des membres de famille, il a expressément reconnu lors de son audition du 15 mars 2023 être célibataire et pourvoir à l'entretien d'un fils en Turquie quand il a de l'argent tandis que sa compagne et ses parents résident également dans son pays d'origine.

9. Dans ces conditions, et alors que M. B n'établit pas qu'il serait dépourvu de toute attache dans son pays d'origine où résident justement son fils, sa compagne et ses parents, le préfet de l'Essonne ne peut être regardé comme ayant entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle et professionnelle, pas plus que d'une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

10. Enfin, la circonstance que M. B a déposé le 17 mars 2023, postérieurement à la décision attaquée, une demande de rendez-vous admission exceptionnelle au séjour pour motif professionnel demeure sans influence sur sa légalité.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

11. Aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Et aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

12. Si M. B évoque en des termes généraux la dérive autoritaire du régime prévalant en Turquie et les mauvais traitements auxquels est exposée la communauté kurde, il ne fait valoir aucune circonstance particulière de nature à établir les risques encourus personnellement en cas de retour dans son pays d'origine, tandis que sa demande d'asile a par ailleurs été rejetée par la Cour nationale du droit d'asile, ainsi qu'il a été dit au point 1 du présent jugement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de départ volontaire :

13.Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement.

14. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement du préfet de l'Essonne en date 12 janvier 2021 dont la légalité a été ultérieurement confirmée par la Cour administrative d'appel de Versailles. Il se trouve ainsi dans le cas où, en application du 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet peut obliger un étranger à quitter le territoire français sans délai, sans qu'y fasse obstacle les circonstances qu'il a exercé une activité professionnelle sur le sol français où résident des membres de famille et dispose d'un passeport en cours de validité ainsi que d'une adresse stable. Pour les motifs déjà énoncés au point 9. du présent jugement, le préfet ne peut être regardé comme ayant entaché sa décision d'un erreur manifeste d'appréciation ni d'une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour :

15.Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-7 du même code : " Lorsque l'étranger s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire, l'autorité administrative édicte une interdiction de retour. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-8 de ce code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-9 : " Sauf s'il n'a pas satisfait à une précédente décision portant obligation de quitter le territoire français ou si son comportement constitue une menace pour l'ordre public, les articles L. 612-6, L. 612-7 et L. 612-8 ne sont pas applicables à l'étranger obligé de quitter le territoire français au motif que le titre de séjour qui lui avait été délivré en application des articles L. 425-1 ou L. 425-3 n'a pas été renouvelé ou a été retiré ou que, titulaire d'un titre de séjour délivré sur le même fondement dans un autre Etat membre de l'Union européenne, il n'a pas rejoint le territoire de cet État à l'expiration de son droit de circulation sur le territoire français dans le délai qui lui a, le cas échéant, été imparti ". Aux termes de l'article L. 612-10 : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 "

16. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, ou lorsque l'étranger n'a pas respecté le délai qui lui était imparti pour satisfaire à cette obligation, il appartient au préfet d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10, à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.

17. En premier lieu, M. B, dont la compagne et le fils résident en Turquie, ne justifie d'aucune circonstance humanitaire susceptible de faire obstacle à la décision du préfet portant interdiction de retour.

18. En second lieu, M. B, qui s'est délibérément soustrait à la décision du préfet lui faisant obligation de quitter le territoire après le rejet par la Cour administrative d'appel de son recours, a exercé une activité professionnelle sur le sol français sans autorisation et n'a sollicité un nouveau rendez-vous en vue d'une admission exceptionnelle au séjour qu'après son interpellation par les services de police, n'est pas fondé à soutenir qu'en lui interdisant le retour sur le sol français pensant une durée de trois ans, le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ou d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales alors que sa compagne, ses parents et son fils résident en Turquie.

19. Il s'ensuit que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du préfet de l'Essonne lui interdisant pour une durée de trois mois le retour sur le sol français.

20. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2023.

La magistrate désignée,

signé

M. le Montagner La greffière,

signé

E. Amegee

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N 2302242 N°

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