mardi 28 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2302249 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | AARPI DS AVOCATS - PARIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 18 mars 2023, 4 septembre 2023 et 12 octobre 2023, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. C E, représenté par Me Léron, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 janvier 2023 par lequel le maire de Saint-Rémy-lès-Chevreuse a délivré à M. D un permis d'aménager en vue de réaliser une division parcellaire de trois lots, dont deux à bâtir, sur un terrain situé 42 avenue du Général Leclerc ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Rémy-lès-Chevreuse la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'il justifie d'un intérêt à agir ;
- le permis d'aménager contesté a été délivré au vu d'un dossier incomplet dès lors qu'il ne comporte pas de projet architectural qui tient lieu de projet d'aménagement ni les informations et documents exigées par les articles R. 441-1, R. 441-2, R. 441-3, R. 441-4 et R. 442-5 du code de l'urbanisme ; il ne précise pas les caractéristiques des ouvrages à réaliser, le tracé des voies, l'emplacement des réseaux et les modalités de raccordement aux bâtiments ainsi que les dispositions prises pour la collecte des déchets, ni les atteintes à la végétation et aux arbres existants ; il ne comporte pas de prise de vue ni de document graphique faisant apparaître une ou plusieurs hypothèses d'implantation des bâtiments ;
- il a été délivré sur la base d'un dossier erroné dès lors que les plans font apparaître des chemins d'accès de 3,04 et 3,10 mètres de large alors que le plan joint au procès-verbal de bornage amiable organisé par le pétitionnaire n'a pas été signé ;
- le plan local d'urbanisme (PLU) de la commune étant en cours de révision, et le projet étant de nature à compromettre l'exécution du futur plan, le maire a commis une erreur manifeste d'appréciation et un vice de procédure en ne décidant pas de surseoir à statuer sur la demande du pétitionnaire ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors que l'architecte des bâtiments de France et la direction des mobilités du département n'ont pas été saisies pour avis sur la version définitive du projet ;
- il méconnaît les prescriptions imposées par l'avis de l'architecte des bâtiments de France de même que le règlement du lotissement ;
- il méconnaît les prescriptions imposées par les avis de la direction des mobilités du département des Yvelines ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UE 3 du règlement du PLU de la commune dès lors qu'il n'est pas établi que les chemins d'accès des lots B et C disposeront d'une largeur de 3 mètres minimum et que la configuration des lieux ne permettrait pas aux véhicules de lutte contre les incendies d'utiliser ces chemins ;
- il méconnaît les dispositions du règlement du PLU de la commune relatives à l'alignement dès lors que les portails projetés ne seront pas implantés à l'alignement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UE 11 du règlement du PLU de la commune dès lors que le projet de clôture situé en retrait de l'alignement dénote avec les lieux environnants et ne permet pas une intégration harmonieuse du projet.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 11 juillet et 24 septembre 2023, M. A D, représenté par Me O'Neil, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la commune de Saint-Rémy-lès-Chevreuse qui n'a pas présenté d'observations.
Par une ordonnance du 25 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 octobre 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maljevic, conseiller,
- les conclusions de Mme Amar-Cid, rapporteure publique,
- les observations de Me Gagnet représentant M. E,
- les observations de Me Savereux-Joly représentant la commune de Saint-Rémy-lès-Chevreuse,
- et les observations de Me O'Neil représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. D a déposé, le 21 juin 2022, une demande de permis d'aménager en vue de la réalisation d'une division parcellaire en trois lots dont deux à batir sur la parcelle cadastrée section AH n° 107, située 42 avenue du Général Leclerc. Par un arrêté du 19 janvier 2023, le maire de la commune de Saint-Rémy-lès-Chevreuse a délivré le permis d'aménager sollicité. Par la présente requête, M. E, voisin immédiat du projet, sollicite du tribunal l'annulation de ce permis d'aménager.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les consultations :
2. En premier lieu, et d'une part, aux termes de l'article R. 425-30 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans un site inscrit, la demande de permis ou la déclaration préalable tient lieu de la déclaration exigée par l'article L. 341-1 du code de l'environnement. Les travaux ne peuvent être entrepris avant l'expiration d'un délai de quatre mois à compter du dépôt de la demande ou de la déclaration / La décision prise sur la demande de permis ou sur la déclaration préalable intervient après consultation de l'architecte des Bâtiments de France ". D'autre part, aux termes de l'article R. 423-53 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet aurait pour effet la création ou la modification d'un accès à une voie publique dont la gestion ne relève pas de l'autorité compétente pour délivrer le permis, celle-ci consulte l'autorité ou le service gestionnaire de cette voie, sauf lorsque le plan local d'urbanisme ou le document d'urbanisme en tenant lieu réglemente de façon particulière les conditions d'accès à ladite voie ".
3. Il ressort des pièces du dossier qu'au moment du dépôt de la demande de permis d'aménager, le projet de division parcellaire prévoyait la réalisation de trois accès distincts pour les trois lots créés. C'est au vu de ce projet qu'ont été rendus les avis de l'architecte des bâtiments de France et de la direction des mobilités du département des Yvelines.
4. D'une part, dans son avis favorable émis le 19 août 2022, l'architecte des bâtiments de France a recommandé la mutualisation de l'accès aux lots projetés. D'autre part, dans ses avis favorables émis les 20 septembre et 15 novembre 2022, la direction des mobilités du département des Yvelines a émis des réserves portant notamment sur la mutualisation de l'accès aux lots, l'agrandissement des " zones hors clôture " en bordure de la voie publique et la création d'une servitude de passage sur l'un de ces lots au profit du lot bâti permettant aux véhicules entrant et sortant des trois lots de moins gêner la circulation sur la voie publique.
5. Le permis d'aménager litigieux a été délivré sur le fondement d'un projet remanié par le pétitionnaire en ce qui concerne les accès. Il prévoit notamment de mutualiser les accès aux lots A et B, de créer une servitude de passage au profit du lot A sur le lot B ainsi que de procéder au retrait par rapport à l'alignement des portails, si bien que ce projet ne crée plus que deux accès sur la voie publique, au lieu des trois initialement prévus, et agrandit les " zones hors clôture ". Ces modifications apportées au projet, dans un sens favorable aux recommandations émises dans l'avis du 19 août 2022, et aux réserves des avis émis les 20 septembre et 15 novembre 2022, ne nécessitaient pas, eu égard à leur teneur et leur portée, une nouvelle consultation de l'architecte des bâtiments de France ou de la direction des mobilités du département des Yvelines. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure ne peut qu'être écarté en ses deux branches.
6. En deuxième lieu, les avis émis par l'architecte des bâtiments de France, sur le fondement de l'article R. 425-30 du code de l'urbanisme, et de la direction des mobilités du département des Yvelines, sur le fondement de l'article R. 423-53 du même code, constituent des avis consultatifs qui ne lient pas l'autorité compétente pour délivrer ou refuser de délivrer le permis d'aménager. Dès lors, les moyens tirés de ce que le permis d'aménager et le règlement du lotissement méconnaissent les prescriptions de ces avis sont inopérants et doivent être écartés.
En ce qui concerne la composition du dossier de permis d'aménager :
7. En premier lieu, aux termes de l'article R. 442-5 du code de l'urbanisme : " Un projet architectural, paysager et environnemental est joint à la demande. Il tient lieu du projet d'aménagement mentionné au b de l'article R*441-2. / Il comporte, outre les pièces mentionnées aux articles R*441-2 à R*441-8 : () / b) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ; / c) Le programme et les plans des travaux d'aménagement indiquant les caractéristiques des ouvrages à réaliser, le tracé des voies, l'emplacement des réseaux et les modalités de raccordement aux bâtiments qui seront édifiés par les acquéreurs de lots ainsi que les dispositions prises pour la collecte des déchets ; / d) Un document graphique faisant apparaître une ou plusieurs hypothèses d'implantation des bâtiments ".
8. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis d'aménager comporte une notice de présentation qui précise l'organisation et l'aménagement des accès au projet en relevant que l'accès des lots B et C reprendra le profil de l'accès existant desservant le lot A et que les futurs portails seront implantés à 5 mètres minimum de l'emprise de l'avenue du Général Leclerc. Elle est complétée, sur ce point, par un plan de masse qui illustre les modalités d'organisation des accès au projet. Cette notice précise également que le lotissement est desservi par l'ensemble des réseaux publics et que seul un branchement des futures constructions à ces réseaux sera nécessaire et sera à la charge des futurs acquéreurs des lots de sorte qu'elle comporte les informations suffisantes s'agissant de l'emplacement des réseaux et les modalités de raccordement aux bâtiments. En outre, cette notice précise qu'aucun équipement commun ne sera réalisé de sorte que le dossier de demande de permis ne saurait être regardé comme insuffisant sur ce point en ce qui concerne la collecte des déchets. Enfin, le plan PA9 présente une hypothèse d'implantation des futures constructions et le dossier comporte six prises de vues de différents angles permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et dans le paysage lointain. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le dossier joint à la demande de permis d'aménager ne comporte pas de projet architectural qui tient lieu de " projet d'aménagement ", lequel est constitué en l'espèce par la notice descriptive et l'ensemble des plans et document joints qui sont suffisants.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 441-3 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords et indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) La composition et l'organisation du projet, la prise en compte des constructions ou paysages avoisinants, le traitement minéral et végétal des voies et espaces publics et collectifs et les solutions retenues pour le stationnement des véhicules ; / c) L'organisation et l'aménagement des accès au projet ; / d) Le traitement des parties du terrain situées en limite du projet ; / e) Les équipements à usage collectif et notamment ceux liés à la collecte des déchets ". Aux termes de l'article R. 441-4 du code de l'urbanisme : " Le projet d'aménagement comprend également : / 1° Un plan de l'état actuel du terrain à aménager et de ses abords faisant apparaître les constructions et les plantations existantes, les équipements publics qui desservent le terrain, ainsi que, dans le cas où la demande ne concerne pas la totalité de l'unité foncière, la partie de celle-ci qui n'est pas incluse dans le projet d'aménagement ; / 2° Un plan coté dans les trois dimensions faisant apparaître la composition d'ensemble du projet et les plantations à conserver ou à créer ".
10. Contrairement à ce que soutient M. E, la notice et les plans du dossier font état des constructions et des plantations existantes, notamment la haie en limite séparative. La notice prévoit que les parties végétalisées des lots B et C seront préservées au maximum. Elle est complétée, sur ce point, par un plan de masse qui fait ressortir les arbres et espaces végétaux.
11. En troisième lieu, il ressort du plan de masse joint à la demande de permis d'aménager que les chemins d'accès situés sur les lots B et C seront de 3,10 et 3,04 mètres de largeur. Pour soutenir que ces mesures seraient inexactes, le requérant se prévaut de ce qu'il n'a pas signé le plan joint au compte-rendu du bornage amiable organisé par le pétitionnaire. Toutefois, et en l'absence d'élément circonstancié, cette allégation n'est pas de nature à remettre en cause l'exactitude de ces tracés alors que, du reste, le requérant ne précise en quoi ces erreurs conditionnent le respect par le projet d'une règle d'urbanisme applicable. Par suite, le moyen tiré de l'inexactitude des pièces composant le dossier de permis d'aménager ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne l'absence de sursis à statuer :
12. Aux termes de l'article L. 424-1 de ce code : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. / Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations () ". Aux termes de l'article L. 153-11 du même code : " l'autorité compétente () peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
13. Il est constant qu'à la date de délivrance du permis d'aménager litigieux, le PLU de la commune de Saint-Rémy-lès-Chevreuse était en cours de révision et que le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable avaient déjà eu lieu. Toutefois, les quatre objectifs dont se prévaut M. E, à savoir notamment celui de préserver et valoriser le patrimoine bâti et paysager, ainsi que l'environnement ou encore celui de définir puis mettre en œuvre un projet de développement urbain respectueux du cadre de vie, qui semblent issus de la délibération prescrivant la révision du PLU, sont trop généraux pour que le projet litigieux, qui porte sur une division parcellaire de faible ampleur destinée à accueillir de l'habitat individuel, puisse en compromettre ou rendre plus onéreuse l'exécution. En outre, le requérant ne peut utilement se prévaloir du caractère plus restrictif des règles envisagées par les articles UE 5 et UE 7 du projet de PLU arrêté et présenté le 6 avril 2023, celles-ci étant postérieures de plus de quatre mois à la délivrance du permis d'aménager en litige. Dans ces conditions, M. E n'est pas fondé à soutenir que le projet autorisé était de nature à compromettre ou rendre plus onéreuse l'exécution du plan en cours de révision. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
En ce qui concerne les accès et la voierie :
14. Aux termes de l'article UE 3 du règlement du PLU relatif aux accès et voirie : " Pour être constructible, tout terrain doit présenter un accès sur une voie publique ou privée d'une largeur de 3 m minimum. / Tout terrain enclavé, ne disposant pas d'accès sur une voie publique ou privée, est inconstructible sauf si le propriétaire produit une servitude de passage d'une largeur de 3 m minimum pour un accès véhicule, instituée par acte authentique ou par voie judiciaire en application de l'article 682 du Code Civil. / Les caractéristiques des accès doivent permettre la circulation et l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / Les voies nouvelles devront avoir des caractéristiques répondant à leur destination et à l'importance de leur trafic et comporter un trottoir sécurisé aux normes PMR (personnes à mobilité réduite). / Les voies nouvelles en impasse doivent être aménagées dans la partie finale afin de permettre aux véhicules privés et à ceux des services publics de faire aisément demi-tour. / Elles ne devront pas excéder 50 m. B de 50 m, la pose d'une borne incendie pourra être exigée ".
15. Les dispositions citées au point précédent de l'article UE 3 du règlement du PLU ont pour objet de régir la largeur et les caractéristiques des accès aux terrains d'assiette du projet et non celles des voies situées dans le terrain d'assiette du projet. Dès lors, le requérant ne saurait utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions à l'égard des chemins situés sur les deux lots à bâtir. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions, qui est inopérant, doit être écarté.
En ce qui concerne l'insertion :
16. Aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ". Aux termes de l'article L. 442-1-2 du même code : " Le périmètre du lotissement comprend le ou les lots destinés à l'implantation de bâtiments ainsi que, s'ils sont prévus, les voies de desserte, les équipements et les espaces communs à ces lots. Le lotisseur peut toutefois choisir d'inclure dans le périmètre du lotissement des parties déjà bâties de l'unité foncière ou des unités foncières concernées ".
17. Une opération d'aménagement ayant pour effet la division d'une propriété foncière en plusieurs lots constitue un lotissement, au sens de ces dispositions, s'il est prévu d'implanter des bâtiments sur l'un au moins de ces lots. Une telle opération doit respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme et les documents locaux d'urbanisme. Il appartient par suite à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, le projet de lotissement prévoit l'implantation de constructions dont la conformité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
18. Aux termes de l'article UE 11 du règlement du PLU relatif à l'aspect extérieur : " Le permis de construire pourra être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales () ".
19. Il résulte de ces dispositions que si la construction projetée porte atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente doit refuser de délivrer l'autorisation d'urbanisme sollicitée ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder le refus d'une autorisation d'urbanisme ou les prescriptions spéciales accompagnant sa délivrance, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
20. Il ressort des pièces du dossier que le projet de division autorisé se situe en zone UE de la commune caractérisée par de l'habitat pavillonnaire individuelle sans harmonie architecturale particulière, comprenant parfois, des portails en retrait de la voie publique. Par ailleurs, le permis d'aménager en litige se borne à prévoir les modalités d'accès possibles aux futures constructions, et des hypothèses de localisation des portails et clôtures, sans en définir les caractéristiques précises. Dans ces conditions, M. E n'est pas fondé à soutenir que le permis d'aménager litigieux permettrait l'implantation d'un portail dont la localisation et les caractéristiques architecturales seraient de nature à porter atteinte au caractère des lieux environnants, et dont la conformité ne pourrait être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme.
21. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation du permis d'aménager délivré le 19 janvier 2023.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A D, la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant, le versement d'une somme de 1 800 euros à M. A D au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : M. E versera une somme de 1 800 euros à M. A D au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C E, à M. A D et à la commune de Saint-Rémy-lès-Chevreuse.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Caron, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2023.
Le rapporteur,
signé
S. Maljevic
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026