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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2302354

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2302354

mardi 28 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2302354
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème chambre
Avocat requérantSELARL DRAI ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 22 mars, 30 mai, 23 juin et 19 octobre 2023, Mme C A, représentée par Me Achour, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 octobre 2022 par lequel le maire de la commune d'Etampes a délivré à la SARL Loge 91 un permis de construire portant sur la réalisation de travaux sur une construction existante consistant en la rénovation et la surélévation d'un immeuble emportant la création de 14 logements supplémentaires ;

2°) de mettre solidairement à la charge de la commune d'Etampes et de la SARL Loge 91 la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable dès lors qu'elle justifie d'un intérêt à agir et qu'elle a été introduite dans le délai de recours contentieux de deux mois ;

- le maire de la commune d'Etampes ne justifie pas avoir été habilité pour représenter la commune dans le cadre de la présente instance ;

- le permis de construire contesté a été délivré sur la base d'un dossier incomplet et insuffisant dès lors qu'il ne comporte pas les documents exigés par les dispositions de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme ;

- il ne comporte aucune notice architecturale ayant permis au service instructeur de vérifier les informations relatives à la construction existante et son organisation par rapport aux constructions avoisinantes ;

- il ne comporte pas d'information quant aux matériaux utilisés, notamment le vitrage des baies crées ;

- il ne comporte pas l'attestation prévue par les dispositions du n) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme alors que le projet porte sur une construction qui accueillait une ancienne imprimerie ;

- il ne comporte pas les documents graphies permettant de situer le terrain dans le paysage lointain, les photographies " vue proche " et " vue lointaine " étant situées à même distance ;

- il ne comporte pas de demande de permis de démolir alors que le projet autorisé emporte la démolition d'une partie de la construction existante ;

- il ne comporte aucune indication quant aux trois places de stationnement, qui seront réalisées en dehors du terrain d'assiette du projet, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-26 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA I-3 du règlement du PLU dès lors que le projet ne prévoit pas que 50 % minimum des logements auront une surface de plancher de plus de 50 mètres carrés ;

- la construction existante méconnaît les dispositions de l'article UA II-1-2 du règlement du PLU dès lors que ses façades, qui comportent des baies, sont implantées à une distance inférieur à 4 mètre des limites séparatives ; le projet autorisé n'a pas pour objet de rendre plus conforme cette construction aux dispositions méconnues du PLU et, au contraire, tend à aggraver cette non-conformité ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA II-3-1 du règlement du PLU dès lors que les plantations existantes ne sont pas maintenues ou remplacées par des plantations nouvelles permettant de retrouver une composition végétale équivalente ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA II-4-2 du règlement du PLU dès lors que le projet ne prévoit pas un nombre de place de stationnement suffisant ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UA II-4-3 du règlement du PLU dès lors que les surfaces destinées à la réalisation d'un espace couvert et éclairé pour le stationnement des deux roues non motorisés et poussettes est insuffisant ;

- le permis de construire est entaché de fraude dès lors que la société pétitionnaire produit dans le cadre de la présente instance des plans de permis de construire qui ont été réalisés postérieurement à la date de sa délivrance.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 24 mai 2023, la SARL Loge 91, représentée par Me Caggianese, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par trois mémoires en défense, enregistrés les 27 septembre, 20 octobre et 31 octobre 2023, la commune d'Etampes, représentée par Me Drai, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 20 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 novembre 2023 à 12 heures.

Par une lettre du 7 novembre 2023, le tribunal a invité les parties à présenter leurs observations sur la mise en œuvre éventuelle de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, dans le cas où le tribunal accueillerait le moyen tiré de ce que le dossier de demande de permis de construire est insuffisant en ce qui concerne les trois places de stationnement situées en dehors du terrain d'assiette du projet, le moyen tiré de ce que les travaux n'ont pas pour objet de rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions méconnues de l'article UA II.1-2 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA II.3-1 du règlement du plan local d'urbanisme, en ce que les plantations existantes ne sont pas maintenues ou remplacées par des plantations nouvelles permettant de retrouver une composition végétale équivalente, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA II.4-2 du règlement du plan local d'urbanisme, en ce que le projet autorisé ne comporte pas un nombre de places de stationnement suffisant et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA II.4-3 du règlement du plan local d'urbanisme, en ce que le projet ne comporte pas un espace couvert et éclairé suffisant destiné au stationnement des deux roues non motorisées.

Des observations, enregistrées les 8 et 13 novembre 2023, ont été présentées pour Mme A en réponse à cette lettre.

Des observations, enregistrées le 10 novembre 2023, ont été présentées pour la commune d'Etampes en réponse à cette lettre.

Des observations, enregistrées le 13 novembre 2023, ont été présentées pour la SARL Loge 91 en réponse à cette lettre.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Maljevic, conseiller,

- les conclusions de Mme Amar-Cid, rapporteure publique,

- les observations de Me Achour représentant Mme A,

- les observations de Me Margaroli représentant la commune d'Etampes,

- et les observations de Me Belcolore représentant la SARL Loge 91.

Considérant ce qui suit :

1. La SARL Loge 91 a déposé, le 30 juin 2022, une demande de permis de construire portant sur la rénovation et la surélévation d'un bâtiment existant abritant une habitation et une ancienne imprimerie, en vue de la création de 14 logements supplémentaires, pour une surface de plancher totale de 580 mètres carrés, sur la parcelle cadastrée section AN n° 214, située 5 rue Léon Marquis. Par un arrêté du 4 octobre 2022, le maire de la commune d'Etampes a délivré le permis de construire sollicité. Par la présente requête, Mme A, demande au tribunal l'annulation de ce permis de construire.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-2 du code de l'urbanisme, " Le délai de recours contentieux à l'encontre d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir court à l'égard des tiers à compter du premier jour d'une période continue de deux mois d'affichage sur le terrain des pièces mentionnées à l'article R. 424-15 ". Aux termes de l'article A. 424-16 du code de l'urbanisme : " Le panneau prévu à l'article A. 424-15 indique le nom, la raison sociale ou la dénomination sociale du bénéficiaire, le nom de l'architecte auteur du projet architectural, la date de délivrance, le numéro du permis, la nature du projet et la superficie du terrain ainsi que l'adresse de la mairie où le dossier peut être consulté. / Il indique également, en fonction de la nature du projet : / a) Si le projet prévoit des constructions, la surface de plancher autorisée ainsi que la hauteur de la ou des constructions, exprimée en mètres par rapport au sol naturel ; / () ".

3. En imposant que figurent sur le panneau d'affichage du permis de construire diverses informations sur les caractéristiques de la construction projetée, les dispositions citées au point 2 ont pour objet de permettre aux tiers, à la seule lecture de ce panneau, d'apprécier l'importance et la consistance du projet, le délai de recours contentieux ne commençant à courir qu'à la date d'un affichage complet et régulier. Il s'ensuit que si les mentions prévues par l'article A. 424-16 doivent, en principe, obligatoirement figurer sur le panneau d'affichage, une erreur affectant l'une d'entre elles ne conduit à faire obstacle au déclenchement du délai de recours que dans le cas où cette erreur est de nature à empêcher les tiers d'apprécier l'importance et la consistance du projet.

4. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des procès-verbaux de constat d'huissier versés par la société pétitionnaire, que le panneau d'affichage du permis de construire ne comportait aucune mention relative à la hauteur de la construction projetée permettant aux tiers d'en apprécier l'importance et la consistance. Si ce panneau d'affichage mentionnait la " superficie hors œuvre nette " autorisée et précisait que les travaux portaient uniquement sur la rénovation et la surélévation partielle d'un bâtiment existant, ces informations ne peuvent être regardées, dans les circonstances particulières de l'espèce, comme ayant fourni une indication permettant aux tiers de savoir si la hauteur actuelle du bâtiment existant serait ou non maintenue. Ce panneau étant donc affecté d'une omission substantielle, l'affichage du permis de construire contesté ne peut être regardé comme complet et régulier au sens des dispositions citées au point 2 du présent jugement. Dans ces conditions, l'affichage du permis de construire litigieux n'a pas eu pour effet de faire courir à l'égard des tiers le délai de recours contentieux. Les fins de non-recevoir tirées de la tardiveté de la requête ainsi opposées doivent, par suite, être écartées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la visibilité de l'affichage depuis la voie publique.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ()".

6. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

7. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est voisine immédiate du terrain d'assiette du projet consistant en la rénovation et la surélévation d'une construction existante emportant création de 14 nouveaux logements en plus du logement préexistant. Elle précise que ce projet est de nature à affecter directement les conditions d'occupation et de jouissance de son bien dès lors que, d'une part, la surélévation envisagée d'une partie du bâtiment a pour effet de créer des vues importantes sur son jardin et que, d'autre part, la création de 14 nouveaux logements entrainera des nuisances sonores importantes ainsi qu'une densification de la circulation sur la voie qui dessert à la fois le projet et son domicile. Dans ces conditions, et en dépit de la présence d'arbres faisant partiellement écran à ces vues, Mme A justifie d'un intérêt lui donnant qualité pour agir contre le permis de construire en cause. Les fins de non-recevoir tirées de l'absence d'intérêt pour agir doivent donc être écartées.

Sur l'habilitation du maire à représenter la commune :

8. Par une délibération du conseil municipal n° VI-DEL-2020-018 du 15 juillet 2020, le maire de la commune d'Etampes a été habilité à intenter au nom de la commune les actions en justice, tant en demande qu'en défense, devant toutes les juridictions de l'ordre administratif et judiciaire. Dès lors, le moyen tiré de l'absence d'habilitation du maire aux fins de défendre la commune dans la présente instance doit être écarté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la composition du dossier de permis de construire :

9. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou inexacts, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé, que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

10. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".

11. Il ressort des pièces du dossier que la demande de permis de construire en litige comporte une notice descriptive précisant notamment que la construction existante constitue un immeuble occupé par un commerce fermé en rez-de-chaussée et d'un logement situé à l'étage. Si la requérante soutient que la notice descriptive serait insuffisante quant à l'implantation et l'organisation de la construction projetée par rapport aux constructions avoisinantes et des matériaux utilisés, les différents plans et documents complétant la notice sur ce point ont néanmoins mis à même le service instructeur d'apprécier ces éléments. Si la requérante soutient qu'une contradiction existe entre la mention des cinq places de stationnement prévues en rez-de-chaussée apparaissant sur les plans et la mention de quatre places dans la notice, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'outre la création de ces quatre nouvelles places, la notice fait état d'une place déjà existante, d'où un total de cinq places, informations cohérentes avec les plans et le formulaire Cerfa.

12. Par ailleurs, si la notice ne précise pas l'ensemble des éléments exigés relatifs au traitement des espaces libres tant dans l'état existant que dans l'état projeté, alors que les plans font apparaître une diminution de la surface d'espaces libres, cette omission est compensée par les plans de l'état existant et du projet, en particulier les plans de masse et de niveaux, qui font apparaître la surface d'espaces verts et le nombre d'arbres présents avant et après la réalisation du projet. Dès lors, compte tenu de ces éléments, cette omission n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

13. Enfin, les dispositions précitées de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme n'exigent pas que les informations relatives à la nature du vitrage figurent au dossier de demande de permis de construire.

14. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance du dossier de permis de construire en méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme doit être écarté dans l'ensemble de ses branches.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

16. Il ressort des pièces du dossier joint à la demande de permis de construire que les photographies de l'environnement proche et lointain du projet, couplées aux documents graphiques d'insertion qui représentent les constructions avoisinantes apparaissent suffisantes et permettaient à la commune d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement et de le situer dans son environnement proche et lointain. Dès lors, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.

17. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable au litige : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () n) Dans le cas prévu par l'article L. 556-1 du code de l'environnement, un document établi par un bureau d'études certifié dans le domaine des sites et sols pollués, ou équivalent, attestant que les mesures de gestion de la pollution au regard du nouvel usage du terrain projeté ont été prises en compte dans la conception du projet ; () ". Aux termes de l'article L. 556-1 du code de l'environnement : " Sans préjudice des articles L. 512-6-1, L. 512-7-6 et L. 512-12-1, sur les terrains ayant accueilli une installation classée mise à l'arrêt définitif et régulièrement réhabilitée pour permettre l'usage défini dans les conditions prévues par ces mêmes articles, lorsqu'un usage différent est ultérieurement envisagé, le maître d'ouvrage à l'initiative du changement d'usage doit définir des mesures de gestion de la pollution des sols et les mettre en œuvre afin d'assurer la compatibilité entre l'état des sols et la protection de la sécurité, de la santé ou de la salubrité publiques, l'agriculture et l'environnement au regard du nouvel usage projeté () ". Aux termes de l'article R. 511-9 du code de l'environnement : " La colonne " A " de l'annexe au présent article constitue la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement ".

18. Il est constant que le terrain d'assiette a accueilli jusqu'au 1er janvier 2021 une activité d'imprimerie. Néanmoins, il résulte des mentions figurant à l'annexe de l'article R. 511-9 du code de l'environnement que ne sont soumises à la législation relative aux installations classées pour la protection de l'environnement, sous la rubrique n° 2450, que les activités d'imprimeries ou de reproduction graphique recourant à certains types de procédés d'impression offset si la quantité totale de produits consommée pour revêtir le support est supérieure à 50 kg par jour ou à d'autres procédés si la quantité d'encres consommée est supérieure à 100 kg par jour. Or, il ne ressort d'aucune pièce du dossier, et n'est au demeurant pas alléguée par la requérante, que cette ancienne imprimerie relevait de cette rubrique des installations classées pour la protection de l'environnement. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier au regard des dispositions du n) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.

19. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés nécessitent la démolition de bâtiments soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire ou d'aménager doit : a) Soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir ; / b) Soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement ".

20. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que lorsqu'un permis de construire autorise un projet qui implique la démolition totale ou partielle d'un bâtiment soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire doit, soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir, soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction. D'autre part, si le permis de construire et le permis de démolir peuvent être accordés par une même décision, au terme d'une instruction commune, ils constituent des actes distincts ayant des effets propres. Eu égard à l'objet et à la portée du permis de démolir, la décision statuant sur la demande de permis de construire ne peut valoir autorisation de démolir que si le dossier de demande mentionne explicitement que le pétitionnaire entend solliciter cette autorisation. Est par elle-même sans incidence, la circonstance que les plans joints à la demande de permis de construire montrent que la réalisation de la construction implique la démolition de bâtiments existants.

21. Il ressort des pièces du dossier que si le projet autorisé implique le réaménagement, après démolition des planchers intérieurs et la surélévation, après démolition, d'une partie de la toiture arrière de la construction existante, de telles travaux ne sauraient être regardés comme emportant la démolition d'une partie substantielle du gros œuvre de la construction de sorte qu'ils ne nécessitaient pas, contrairement à ce que soutient la requérante, l'obtention d'un permis de démolir en application de l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'absence de permis de démolir doit être écarté.

22. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme : " Lorsque le règlement impose la réalisation d'aires de stationnement pour les véhicules motorisés, celles-ci peuvent être réalisées sur le terrain d'assiette ou dans son environnement immédiat () ". Aux termes de l'article R. 431-26 du même code : " Lorsque le constructeur demande à réaliser tout ou partie des aires de stationnement imposées par le plan local d'urbanisme sur un autre terrain que le terrain d'assiette du projet ou demande à être tenu quitte de tout ou partie de ces obligations en justifiant de l'obtention d'une concession à long terme dans un parc public de stationnement ou de l'acquisition de places dans un parc privé de stationnement, la demande comprend en outre : a) Le plan de situation du terrain sur lequel seront réalisées les aires de stationnement et le plan des constructions ou aménagements correspondants ; / b) Ou la promesse synallagmatique de concession ou d'acquisition, éventuellement assortie de la condition suspensive de l'octroi du permis ".

23. Il ressort des mentions figurant au point 5.7 du formulaire Cerfa de la demande de permis de construire litigieuse que le pétitionnaire a indiqué la réalisation de huit places de stationnement dont cinq seront réalisées sur le terrain d'assiette du projet et trois " situées 90 rue Saint Jacques à Etampes. Les lots 43, 49, 47 de la copropriété sont affectés à ce projet ". Toutefois, ces mentions ne sont accompagnées ni du plan de situation prévu par les dispositions précitées du a) de l'article R. 431-26 ni du titre prévu par les dispositions du b) de ce même article. Dès lors, la requérante est fondée à soutenir que le dossier de permis de construire est entaché d'incomplétude sur ce point.

En ce qui concerne la mixité fonctionnelle et sociale :

24. Aux termes de l'article L. 151-14 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter, dans les zones urbaines ou à urbaniser, des secteurs dans lesquels les programmes de logements comportent une proportion de logements d'une taille minimale qu'il fixe ". Aux termes de l'article UA I-3 du règlement du PLU relatif à la mixité fonctionnelle et sociale : " () Conditions relatives à l'application d'une servitude de taille minimale au titre de l'article L.151-14 du Code de l'urbanisme pour la division de logements existants : / Dans toute la zone UA, quel que soit le secteur ou le sous-secteur, en cas de division d'un logement existant en plusieurs logements, les logements ainsi créés doivent respecter les conditions suivantes : / - Un logement doit avoir une superficie minimum de 16 m² dont la pièce principale doit faire minimum 9 m² ; / - À partir de 10 logements, 50 % minimum des logements doivent disposer de 50 m² de surface de plancher ou plus ; / - au-delà de 20 logements, 70 % minimum des logements doivent disposer de 65 m² de surface de plancher ou plus ".

25. Il ressort des pièces du dossier que le projet autorisé prévoit un total de 15 logements, dont 9 sont prévus dans le volume correspondant à l'ancienne maison d'habitation existante et dont les 6 autres seront créés en rez-de-chaussée par changement de destination des locaux de l'imprimerie. A cet égard, les obligations résultant des dispositions précitées de l'article UA I-3 du règlement du PLU portent uniquement sur la division d'un logement existant en 10 logements ou plus. Par suite, la requérante ne peut utilement soutenir que le projet méconnaît l'article UA I-3 du règlement du PLU.

En ce qui concerne l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives :

26. La circonstance qu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un document d'urbanisme régulièrement approuvé ne s'oppose pas, en l'absence de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, à la délivrance ultérieure d'un permis de construire s'il s'agit de travaux qui, ou bien doivent rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues, ou bien sont étrangers à ces dispositions.

27. Aux termes de l'article 6 des dispositions générales du règlement du PLU relatif aux adaptations mineures : " 1. B immeuble bâti existant n'est pas conforme aux règles édictées par le règlement applicable à la zone, le permis de construire ne peut être accordé au titre de l'adaptation mineure que pour des travaux qui ont pour objet d'améliorer la conformité de ces immeubles avec lesdites règles ou qui sont sans effet à leur égard () ".

28. Aux termes de l'article UA II-1-2 du règlement du PLU relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives : " Dans le secteur UA1 uniquement : / Dans une bande d'une profondeur de 20 mètres calculée à partir de l'alignement des voies ou emprises publiques ou privées existantes, à modifier ou à créer, les constructions doivent être édifiées : / - sur les deux limites séparatives latérales ; / - en retrait de la limite de fond de parcelle. / Au-delà de la bande d'une profondeur de 20 mètres, les constructions doivent être édifiées en retrait des limites séparatives latérales et de fond de parcelle. / Le retrait est la distance (L) comptée perpendiculairement de tout point de la construction, non compris les éléments de modénature, les oriels et les débords de toiture, ni les parties enterrées des constructions, mais y compris les balcons, au point le plus proche de la limite séparative. / Pour les parties de façades comportant des baies, le retrait doit être au moins égal à la hauteur de la construction mesurée du sol naturel avant travaux au sommet de la façade ou à l'égout du toit (L=H), avec un minimum de 4 mètres () Dans l'ensemble de la zone UA : / Les constructions annexes et les piscines doivent s'implanter en retrait de 1m minimum par rapport aux limites séparatives latérales et de fond de parcelle. / Sous réserve d'une justification d'intégration au site urbain ou de contraintes fonctionnelles ou de sécurité, des implantations autres que celles définies précédemment peuvent être requises dans les cas suivants : - dans le cas de configuration particulière de la parcelle, notamment les terrains d'angle ; / - dans le cas d'une surélévation ou d'une extension d'un immeuble existant ; / - pour les équipements d'intérêt collectif et services publics autorisés dans la zone () ".

29. Il est constant que le permis de construire délivré porte sur la réalisation de travaux relatifs à une construction existante qui méconnaissait les règles d'implantation prévues par l'article UA II-1-2 du règlement du PLU dès lors que les parties de façades nord et sud, situées au-delà d'une bande de 20 mètres à partir de l'alignement, comportaient des baies et étaient implantées à une distance inférieure à 4 mètres des limites séparatives.

30. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le permis de construire délivré ait été assorti d'une adaptation mineure, prévue par les dispositions de l'article 6 du règlement du PLU, dont ni la demande, ni l'arrêté de délivrance ne font mention. Dès lors, les dispositions de l'article 6 des dispositions générales du règlement du PLU ne sauraient être appliquées au projet. D'autre part, les travaux autorisés tendant à la surélévation de la partie arrière du bâtiment, lequel est implanté en méconnaissance des dispositions du règlement du PLU citées au point 28 du présent jugement, ne sont pas étrangers à ces dispositions et n'ont pas pour effet de rendre le bâtiment plus conforme à celles-ci. A cet égard, il n'est justifié par aucune des pièces jointes au dossier de demande de permis de construire d'une intégration au site urbain ou de contraintes fonctionnelles ou de sécurité permettant de déroger aux règles d'implantation et de retrait prévues par les dispositions de l'article UA II-1-2 du règlement du PLU. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que les parties de façades nord et sud, situées au-delà d'une bande de 20 mètres à partir de l'alignement du projet en litige, méconnaissent l'article UA II-1-2 du règlement du PLU.

En ce qui concerne le traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis :

31. Aux termes de l'article UA.II-3 du règlement du PLU relatif au traitement environnemental et paysager des espaces non bâtis et des abords des constructions : " UA.II-3-1. Dispositions générales / Le projet de construction doit présenter un volet paysager présentant la nature des plantations et des aménagements futurs. / Les plantations existantes doivent être maintenues ou remplacées par des plantations nouvelles permettant de retrouver, à terme, une composition végétale équivalente. / Les toitures terrasses non accessibles doivent être recouvertes d'une épaisseur minimale de 0,4 mètre de terre végétale sur au moins 50 % de leur surface () ".

32. Si la notice jointe au dossier de demande de permis de construire fait état d'une surface d'espaces verts inchangée de 41 mètres carrés, il ressort des plans de niveaux et de la comparaison des plans de masse de l'état existant et projeté que le permis de construire délivré autorise la réduction des espaces verts et la suppression de trois arbres en limite sud du terrain. Cette suppression ne saurait être regardée comme compensée par la légère augmentation de ces mêmes espaces verts en limite nord et par la plantation d'un seul nouvel arbre. Par suite, la requérante est fondée à soutenir que le projet autorisé méconnaît les dispositions de l'article UA II-3 du règlement du PLU.

En ce qui concerne le stationnement des véhicules individuels motorisés :

33. Aux termes de l'article UA.II-4-2 du règlement du PLU relatif au stationnement des véhicules individuels motorisés : " Pour le calcul des places de stationnement nécessaires à une opération, le nombre obtenu par l'application des normes définies ci-dessous doit être arrondi au nombre entier le plus proche. Si le nombre obtenu se termine par 0,5, il sera arrondi au nombre entier supérieur (exemple : 30,4 = 30 ; 30,5 = 31) ".

34. Si le formulaire Cerfa joint à la demande de permis de construire mentionne la réalisation de huit places de stationnement, il résulte de ce qui a été dit au point 23 du présent jugement que l'existence des trois places de stationnement dédiées au projet en dehors du terrain d'assiette n'est pas établie faute pour la société pétitionnaire de justifier de l'obtention d'une concession à long terme dans un parc public de stationnement existant ou en cours de réalisation et situé à proximité de l'opération ou de l'acquisition ou de la concession de places dans un parc privé de stationnement répondant aux mêmes conditions, ainsi que le prévoit l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme auquel renvoient implicitement les dispositions, citées au point précédent, du règlement du PLU. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance du nombre de places de stationnement doit être accueilli.

En ce qui concerne le stationnement des deux roues non motorisés :

35. Aux termes de l'article UA II-4-3 du règlement du PLU relatif au stationnement des deux roues non motorisées : " L'espace destiné au stationnement sécurisé des deux roues non motorisés et poussettes doit être couvert et éclairé. Il doit être constitué d'un ou plusieurs locaux fermés, situés en rez-de-chaussée ou au 1er sous-sol. 50 % minimum de la surface totale des locaux doivent être situés en rez-dechaussée ".

36. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la réalisation d'un local de 11,75 mètres carrés destiné aux vélos mais également aux motos qui ne sauraient être assimilés à des deux-roues non motorisés. En outre, si plusieurs emplacements pour vélos sont représentés le long de la façade de la construction, il ressort des pièces du dossier qu'ils ne sont ni couverts ni éclairés, contrairement aux exigences des dispositions précitées de l'article UA II-4-3. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être accueilli.

En ce qui concerne la fraude :

37. La circonstance que la société pétitionnaire a produit dans le cadre de la présente instance des plans modifiés après la délivrance du permis de construire n'est pas de nature à établir une fraude entachant l'acte attaqué. Dès lors, le moyen tiré de la fraude doit être écarté.

Sur les conséquences des illégalités relevées :

38. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ". Aux termes de l'article L. 600-5-1 du même code : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

39. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

40. Il résulte de tout ce qui précède que les vices mentionnés aux points 23, 30, 32, 34 et 36 du présent jugement et dont est affecté le permis de construire attaqué sont susceptibles d'être régularisés sans que leur régularisation n'implique d'apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

41. Les parties ayant été invitées à présenter leurs observations et l'ensemble des moyens ayant été examinés, il y a lieu de surseoir à statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées Mme A afin de permettre une éventuelle régularisation par la délivrance d'un permis de construire modificatif qui devra être communiqué au tribunal dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.

D E C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la requête de Mme A pour permettre la production au tribunal d'un permis de construire modificatif régularisant les vices mentionnés aux points 23, 30, 32, 34 et 36 du présent jugement.

Article 2 : Le délai dans lequel la régularisation du permis de construire doit être notifiée au tribunal est fixé à six mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'à la fin de l'instance.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la SARL Loge 91 et à la commune d'Etampes.

Délibéré après l'audience du 14 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Boukheloua, présidente,

Mme Caron, première conseillère,

M. Maljevic, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2023.

Le rapporteur,

signé

S. Maljevic

La présidente,

signé

N. Boukheloua

La greffière,

signé

B. Bartyzel

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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