vendredi 31 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2302502 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ROUSSEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mars 2023, Mme D C, agissant en qualité de représentante légale de son fils A B, et représentée par Me Rousseau, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 3 février 2023 par laquelle le CFA de l'AFORPA du Campus de Guyancourt a prononcé à l'égard de M. A B son exclusion définitive à compter du 3 février 2023 et annulé son inscription aux épreuves du CAP Maintenance des véhicules ;
2°) d'ordonner sa réintégration provisoire au CFA ;
3°) d'enjoindre au CFA de procéder à la réinscription de Iyad B aux épreuves du CAP MV de juin 2023 et de l'accompagner activement dans sa recherche de contrat d'apprentissage ;
4°) de mettre à la charge du CFA de l'AFORPA du Campus de Guyancourt la somme de 2 000 euros, dans l'hypothèse où il serait fait droit à la demande, au profit de Me Rousseau, conseil de l'exposant - qui renoncerait alors au bénéfice de la partie contributive de l'État de l'aide juridictionnelle de sorte qu'il soit fait application à son profit des articles 37 et 75 de la loi du 10 juillet 1991 - ou, à défaut d'attribution de l'aide juridictionnelle, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors que l'exclusion définitive de M. A B au mois de février interrompt brutalement sa scolarité et affecte très négativement son avenir professionnel ; si le juge des référés n'a pas été saisi immédiatement, c'est qu'au vu de la disproportion de la sanction par rapport aux faits reprochés à son fils, un recours amiable pouvait aboutir ainsi que pour des raisons financières ; Iyad B a été diligent puisqu'il a procédé à des recherches auprès de nombreux employeurs pour respecter son contrat d'engagement et qu'il s'est engagé à ne plus perturber la classe avec ses bavardages ; en tout état de cause, aucune circonstance particulière ne fait apparaître l'intérêt public qui s'attacherait à ce que cette décision conserve tous ses effets jusqu'à ce qu'il soit statué sur la demande d'annulation, au vu des faits reprochés, et ce d'autant moins que le CFA n'a, en ce qui le concerne, pas respecté son engagement d'accompagner cet apprenti dans ses recherches d'un nouveau contrat d'apprentissage ;
- il existe plusieurs moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée qui est entachée d'un vice substantiel de procédure ; en effet, les droits de la défense n'ont pas été respectés ; en outre la décision est entachée d'un défaut de motivation ; elle méconnaît le principe " non bis in idem " ; elle méconnaît l'échelle de sanctions du CFA ; elle est disproportionnée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 29 mars 2023 sous le numéro 2302501 par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delage, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 dudit code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. Pour l'application des dispositions citées au point 1, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient ainsi au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Dans ce cadre, l'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre la décision litigieuse, la requérante fait valoir que celle-ci interrompt brutalement la scolarité de son fils et affecte très négativement son avenir professionnel. Elle fait également valoir qu'aucun intérêt public ne s'attache à ce que cette décision conserve tous ses effets jusqu'à ce qu'il soit statué sur la demande d'annulation, au vu des faits reprochés, et ce d'autant moins que le CFA n'a, en ce qui le concerne, pas respecté son engagement d'accompagner son fils dans ses recherches d'un nouveau contrat d'apprentissage. Toutefois, d'une part, alors que le jeune A B ne justifie pas des motifs pour lesquels son contrat d'apprentissage a été résilié par l'entreprise en novembre 2022, il résulte des productions de la requérante qu'il n'a pas davantage justifié de recherches actives ni, malgré des sollicitations en ce sens, n'est venu rendre compte de ses démarches au CFA. D'autre part, il ressort des éléments produits au dossier, et il n'est pas sérieusement contesté, que l'intéressé a régulièrement perturbé les cours auxquels il assistait, le bulletin de note du premier semestre mentionnant à cet égard de nombreuses remarques des enseignants et relevant qu'Iyad n'avait pas l'attitude attendue d'un apprenti. Dans ces circonstances, et eu égard à l'intérêt public qui s'attache à ce que le CFA puisse assurer la formation de ses élèves sans que cette formation ne soit perturbée de manière répétée, au détriment des élèves comme des enseignants, cette condition d'urgence, qui doit s'apprécier objectivement et globalement, n'est pas remplie. Par suite et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le sérieux des moyens, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toute ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D C.
Fait à Versailles, le 31 mars 2023.
Le juge des référés,
signé
Ph. Delage
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026