vendredi 3 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2302983 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Président Mégret |
| Avocat requérant | GUILHAUME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 avril et 25 juin 2023, M. A B, représenté par Me Guilhaume, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision " 48 SI " avisée le 6 septembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté l'invalidité de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul et lui a enjoint de restituer son permis de conduire ainsi que la décision implicite de rejet née du silence gardé par le ministre de l'intérieur et des outre-mer sur son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer son permis de conduire et de rétablir quatre points sur le solde de son permis de conduire dans un délai de 10 jours à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il n'a pas pu recevoir la décision " 48 SI " celle-ci ayant été adressée à une mauvaise adresse et qu'il peut donc bénéficier de la reconstitution de quatre points prévue par les dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route suite à la réalisation d'un stage de sensibilisation et que la décision " 48SI " est intervenue en méconnaissance de ces dispositions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut, à titre principal, au rejet de la requête, et, à titre subsidiaire, à ce qu'il lui soit enjoint de réexaminer la situation de M. B.
Il soutient que :
- la requête est tardive, la décision " 48SI " ayant été retournée avec la mention non réclamée et devant ainsi être regardée comme ayant été régulièrement notifiée ;
- les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mégret, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Mégret.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a commis une série d'infractions au code de la route ayant entraîné des retraits de points au capital de son permis de conduire. Par une décision " 48 SI " avisée le 6 septembre 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a récapitulé l'ensemble de ces décisions de retrait de points, invalidé son permis de conduire et lui a enjoint de le restituer. M. B a formé un recours administratif contre cette décision, reçu le 15 décembre 2022, qui a été, en l'absence de réponse, implicitement rejeté. M. B demande l'annulation de cette décision ainsi que de la décision " 48SI " et à ce qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de créditer le solde de points de son permis de conduire de quatre points et de le lui restituer.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aucun principe général, ni aucune disposition législative ou réglementaire, ne fait obligation au titulaire d'un permis de conduire de déclarer à l'autorité administrative sa nouvelle adresse en cas de changement de domicile. Il en résulte qu'alors même qu'il n'aurait pas signalé ce changement aux services compétents, la présentation à une adresse où il ne réside plus du pli notifiant une décision relative à son permis de conduire et prise à l'initiative de l'administration n'est pas de nature à faire courir à son encontre le délai de recours contentieux.
3. Il résulte de l'instruction, notamment du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. B et de l'accusé de réception produit en défense qu'un pli recommandé avec accusé de réception n° 2C 155 417 1618 1 contenant la décision " 48 SI " d'invalidation du permis de conduire du requérant a été présenté au 93 rue de plaisance, à Clamart (92 140) le 6 septembre 2021 et a été retourné avec la mention " pli avisé et non réclamé ". M. B soutient qu'il ne résidait pas à cette adresse à cette date, ce qu'il établit par la production d'un contrat de bail en date du 21 juillet 2021, confirmé par les factures diverses et notamment ses factures d'eau pour la période du 21 juillet 2021 et 31 décembre 2021 indiquant qu'il réside au 14 chemin de la messe, à Villejust (91 140). Dans ces conditions, la décision " 48 SI " ne peut être regardée comme lui ayant été régulièrement notifiée. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions à fin d'annulation de la décision
" 48 SI " opposée par le ministre de l'intérieur et des outre-mer ne peut être accueillie.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 du code de la route : " Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an. () ". Aux termes de l'article R. 223-8 du même code : " I. - Le titulaire de l'agrément prévu au II de l'article R. 213-2 délivre une attestation de stage à toute personne qui a suivi un stage de sensibilisation à la sécurité routière dans le respect de conditions d'assiduité et de participation fixées par arrêté du ministre chargé de la sécurité routière. Il transmet un exemplaire de cette attestation au préfet du département du lieu du stage, dans un délai de quinze jours à compter de la fin de celui-ci. / II. - L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. / III. - Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. / (). ".
5. Les décisions portant retrait de points d'un permis de conduire, de même que celles qui constatent la perte de validité du permis pour solde de points nuls, ne sont opposables à son titulaire qu'à compter de la date à laquelle elles lui sont notifiées. Tant que le retrait de l'ensemble des points du permis ne lui a pas été rendu opposable, l'intéressé peut prétendre au bénéfice des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant des reconstitutions de points lorsque le titulaire du permis a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière ou qu'il n'a commis aucune infraction ayant donné lieu à retrait de points pendant une certaine période.
6. Il appartient au juge administratif, saisi d'une contestation portant sur un retrait de points du permis de conduire, lequel constitue une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer sur cette contestation comme juge de plein contentieux. Il en va de même lorsque le juge est saisi d'un recours contre une décision constatant la perte de validité d'un permis de conduire pour solde de points nul. Dans le cas où il apparaît que le solde des points était nul à la date à laquelle une telle décision est intervenue mais que, faute pour l'administration de l'avoir rendue opposable en la notifiant à l'intéressé, celui-ci a pu ultérieurement remplir les conditions pour bénéficier d'une reconstitution totale ou partielle de son capital de points, il appartient au juge de prononcer l'annulation de la décision.
7. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que la décision " 48SI " doit être regardée comme n'ayant pas été régulièrement notifiée le 6 septembre 2021 et donc comme étant devenue opposable à M. B. Dans ces conditions, ce dernier pouvait bénéficier de la reconstitution de points prévue par les dispositions L. 223-6 du code de la route, suite au stage de sensibilisation à la sécurité routière qu'il a suivi les 12 et 13 septembre 2022. M. B est donc fondé à soutenir que l'article L. 223-6 du code de la route a été méconnu.
8. Il résulte de ce qui précède que la décision " 48SI " et la décision implicite de rejet du recours gracieux de M. B doivent être annulées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
9. Il y a lieu, en l'espèce, d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de créditer le permis de conduire de M. B de quatre points dans la limite du capital maximum de points affectés à ce permis et de restituer à celui-ci son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sous réserve que le solde de points afférent ne soit pas de nouveau nul à la suite d'infractions non prises en compte à la date de la décision d'invalidation dudit permis.
Sur les frais du litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du ministre de l'intérieur une somme de 800 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision " 48 SI " et la décision implicite de rejet du recours gracieux de
M. B sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de créditer le permis de conduire de M. B de quatre points dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, dans les conditions fixées au point 9.
Article 3 : Le ministre de l'intérieur et des outre-mer versera à M. B une somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2023.
La magistrate désignée,
signé
S. Mégret
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°23029831
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026