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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2303068

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2303068

mardi 16 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2303068
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre - 4/11
Avocat requérantSECCI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 avril 2023, Mme A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 avril 2023 par lequel le préfet de l'Essonne a décidé son transfert aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;

Elle soutient que :

- elle veut rester en France ;

- elle y vit avec son mari ;

- elle est enceinte de cette union ;

- l'exécution de l'arrêté attaqué entrainera une séparation avec son mari.

La requête a été communiquée au préfet de l'Essonne, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a versé le 21 avril 2023, des pièces au dossier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 mai 2023 qui s'est tenue en présence de M. Ileboudo, greffier :

- le rapport de Mme C, ;

- les observations de Me Secci, avocate désignée d'office, représentant Mme B, présente, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et soutient en outre que Mme B souffre d'une pathologie qui nécessite un suivi médical ;

- le préfet de l'Essonne n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante ivoirienne née le 18 mai 1981, a sollicité son admission au séjour au titre du droit d'asile, le 6 février 2023, auprès des services de la préfecture de l'Essonne. Lors de l'instruction de cette demande, la consultation des données dactyloscopiques centrales et informatisées du système Eurodac a révélé que les empreintes digitales de Mme B avaient été relevées le 20 décembre 2022 par les autorités de contrôle compétentes en Italie alors que l'intéressée avait franchi irrégulièrement la frontière de cet État en venant d'un État tiers à l'Union européenne. Le 10 février 2023, le préfet de l'Essonne a saisi les autorités italiennes d'une demande de prise en charge, qui ont accepté le 5 avril 2023. Par un arrêté du 11 avril 2023, le préfet de l'Essonne a décidé de transférer Mme B aux autorités italiennes. Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal l'annulation de cet arrêté.

2. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ". Aux termes de l'article 17 du règlement (UE) 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ".

3. Mme B soutient, sans l'établir, être mariée religieusement avec un compatriote demandeur d'asile, aucune pièce relative à ce dernier n'étant produite. S'il ressort de l'attestation établie le 13 avril 2023 par une sage-femme qu'elle est enceinte de deux mois à la date de la décision attaquée, le père de l'enfant à naître n'est pas mentionné et il n'est pas établi ni même allégué qu'il aurait reconnu l'enfant. Elle ne démontre pas non plus que la pathologie dont elle souffre, attestée par un certificat médical trop peu circonstancié, ne pourrait faire l'objet d'un suivi en Italie. Dans ces conditions, en prenant l'arrêté attaqué, le préfet de l'Essonne n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Il n'a pas non plus entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 17 du règlement précité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 17 du règlement (UE) 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

4. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté du 11 avril 2023 du préfet de l'Essonne doit être annulé. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'annulation de cet arrêté doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.

La magistrate désignée,

Signé

C. C Le greffier,

Signé

J. Ileboudo

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2303068

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