mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2303437 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | JACQUEZ DUBOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 avril 2023, la SCI 55 Corringer, M. B A et Mme C A, et la société Crèche Le P'tit Fort, représentés par Me Jacquez Dubois, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 18 novembre 2022 par lequel le maire de la commune de Vigneux-sur-Seine a retiré la décision de non-opposition à déclaration préalable du 3 mars 2022 autorisant la SCI 55 Corringer à réaliser des travaux de modification de façades et de couverture en vue de la création d'une micro-crèche dans un local commercial, ensemble la décision rejetant leur recours gracieux.
2°) de mettre à la charge de la commune de Vigneux-sur-Seine la somme de
2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable ;
S'agissant de l'urgence
- la condition d'urgence est remplie dès lors que le vendeur a accepté de proroger une dernière fois la promesse de vente, en fixant une échéance jusqu'au 30 juin 2023, que le retrait de l'autorisation d'urbanisme est intervenu près de neuf mois après son édiction, alors que toutes les conditions suspensives avaient été levées, que des frais ont été engagés.
S'agissant de l'existence de moyens sérieux
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme dès lors que le retrait est tardif ;
- il est entaché d'un vice de procédure, la procédure contradictoire préalable au retrait n'ayant pas été respectée et les requérants ayant été privés d'une garantie ;
- le maire n'était pas en situation de compétence liée pour prendre l'arrêté litigieux ;
- la demande de retrait adressée au maire par le préfet de l'Essonne était irrecevable, car tardive, et présentait un caractère irrégulier ; en tout état de cause, les griefs du contrôle de légalité n'étaient pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 mai 2023, la commune de
Vigneux-sur-Seine, représentée par Me Thirion, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient que l'urgence n'est pas établie ; que, sur le fond, elle était liée par la décision du préfet dans le cadre du contrôle de légalité et ne pouvait se soustraire à prendre l'arrêté litigieux.
Vu les autres pièces du dossier, notamment la requête au fond des requérants.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mathou, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 15 mai 2023 à 15h30, en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Mathou, juge des référés,
- les observations de Me Jacquez Dubois représentant les requérants, qui persiste dans ses écritures et précise que les requérants ne sont pas propriétaires des locaux, que la commune est de leur côté mais s'est sentie en position de compétence liée ;
- les observations de Me Thirion, qui persiste dans ses écritures et soutient que l'urgence n'est pas établie dès lors que les frais engagés sont modestes et que la promesse de vente comprend une condition suspensive qui protège les acheteurs ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. La SCI 55 Corringer et autres ont pour projet de créer une micro-crèche.
M. et Mme A ont conclu, dans ce cadre, le 29 mai 2021, une promesse de vente portant sur un local commercial situé 55 rue Corringer à Vigneux-sur-Seine. Par décision du
3 mars 2022, le maire de la commune de Vigneux-sur-Seine ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la SCI 55 Corringer pour la réalisation de travaux de modification de façades et de couverture en vue de la création d'une micro-crèche, assortissant sa décision de prescriptions relatives, notamment, au respect du règlement du PPRI, le projet étant situé dans un secteur de prévention du risque inondation. Le
7 mars 2022, l'autorisation de travaux a été accordée à Mme A et à la SCI Le P'tit Fort. Par lettre du 2 mai 2022, le préfet de l'Essonne a adressé au maire de la commune une demande de pièces complémentaires dans le cadre de son contrôle de légalité. Par lettre du
9 août 2022, le préfet de l'Essonne a demandé au maire de bien vouloir procéder au retrait de la décision de non-opposition à déclaration préalable, estimant que cette décision était illégale, le projet ne respectant pas le PPRI. Par un arrêté du 18 novembre 2022, le maire de la commune de Vigneux-sur-Seine a procédé au retrait de la décision de non-opposition à déclaration préalable prise le 3 mars précédent.
En ce qui concerne l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre le retrait qui leur a été opposé, plus de huit mois après la délivrance de l'autorisation d'urbanisme, les requérants font état de l'avancement du projet, pour lequel toutes les conditions suspensives avaient été levées avant le retrait litigieux, des frais qu'ils ont engagés (9 463 euros en 2022), de la circonstance que le vendeur du local commercial a accepté, à titre exceptionnel, par avenant du
30 décembre 2022, une dernière prorogation de la promesse de vente jusqu'au 30 juin 2022, délai qui ne permettra pas de régler l'affaire au fond. Ces éléments sont de nature à caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions précitées. Par suite, la condition tenant à l'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne le doute sérieux :
5. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire ". Compte tenu de l'objectif de sécurité juridique poursuivi par le législateur, qui ressort des travaux préparatoires de la loi du 13 juillet 2006 dont ces dispositions sont issues, l'autorité compétente ne peut rapporter un permis de construire, d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, que si la décision de retrait est notifiée au bénéficiaire du permis avant l'expiration du délai de trois mois suivant la date à laquelle ce permis a été accordé. Par ailleurs, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". En vertu de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; () ".
6. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de ce que la décision de retrait est intervenue au-delà du délai de trois mois prévu à l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme, et sans que la procédure contradictoire prévue par les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration soit mise en œuvre, sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse.
7. Les deux conditions fixées par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu de suspendre l'exécution de l'arrêté du
18 novembre 2022 par lequel le maire de la commune de Vigneux-sur-Seine a retiré la décision de non-opposition à déclaration préalable du 3 mars 2022.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions des parties présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 18 novembre 2022 par lequel le maire de la commune de Vigneux-sur-Seine a retiré la décision de non-opposition à déclaration préalable du
3 mars 2022 est suspendue.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCI 55 Corringer, à
M. B A et Mme C A, à la société Crèche Le P'tit Fort, et à la commune de Vigneux-sur-Seine.
Fait à Versailles, le 17 mai 2023.
Le juge des référés,
signé
C. Mathou
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026