vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2303456 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | DUBREUX |
Vu la procédure suivante :
Par la requête et les mémoires, enregistrés les 27 avril, 12 juin et 11 septembre 2023, M. D A, représenté par Me Dubreux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 février 2023 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui renouveler son titre de séjour en qualité d'étudiant, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a décidé qu'à l'expiration de ce délai, il pourrait être reconduit d'office à la frontière à destination du pays dont il a la nationalité, ou de tout autre pays dans lequel il établirait être légalement admissible ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " étudiant " ou une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois assortie d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ou à défaut de réexaminer sa situation et de le munir dans cette attente d'une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros qui sera versée à son conseil, Me Dubreux, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat, ou, à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, qui lui sera versée en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
- il est entaché d'incompétence ;
En ce qui concerne la décision portant refus de titre :
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnait la circulaire interministérielle du 7 octobre 2008 n° IMI/I/08/00042/C;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet ne s'est pas saisi de son pouvoir discrétionnaire d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors que le préfet n'a pas tenu compte du décès de ses deux parents ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est dépourvue de base légale.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 18 août 2023, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Rivet.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, ressortissant congolais (République Démocratique du Congo) né le 6 octobre 1999, est entré en France le 25 novembre 2021, sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour pour suivre des études, valable jusqu'au 25 novembre 2022. Le 6 octobre 2022, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour " étudiant " via la plateforme ANEF, dans le cadre des dispositions des articles L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 13 février 2023, le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A demande l'annulation de ces décisions et qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Par un arrêté n° 2022-PREF-DCPPAT-BCA-247 du 16 décembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 126 du même jour de la préfecture de l'Essonne, M. C B, directeur de l'immigration et de l'intégration, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, la décision contestée comporte l'énoncé de l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle mentionne en particulier la situation administrative et personnelle de l'intéressé et indique les raisons pour lesquelles celui-ci ne peut bénéficier d'un titre de séjour en qualité d'étudiant. Dès lors, elle comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permet au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'avant de refuser d'admettre M. A au séjour, le préfet de l'Essonne s'est livré à un examen circonstancié de la situation personnelle de celui-ci à l'aune des informations portées à sa connaissance. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.
5. En troisième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir des énonciations de la circulaire du 7 octobre 2008 n° IMI/I/08/00042/C cette circulaire étant dépourvue de valeur réglementaire.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an ". Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour présentée en qualité d'étudiant, de rechercher, à partir de l'ensemble du dossier, si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement ses études. Le renouvellement de ce titre de séjour est ainsi subordonné à la réalité des études et à la progression du bénéficiaire dans celles-ci.
7. Pour refuser de renouveler le titre de séjour en qualité d'étudiant de M. A, le préfet de l'Essonne s'est fondé sur le relevé de notes du second semestre de l'année 2021-2022, qui fait état du manque d'assiduité et de sérieux dans le travail de M. A et sur la circonstance que ce dernier n'a pas validé sa première année de BTS MMCM (Maintenance des matériels de construction et de manutention). Le préfet a également estimé que le changement d'orientation du requérant pour l'année 2022-2023 avec une inscription pour l'école Aurlom Prépa en 1ère année d'alternance BTS MCO (management commercial opérationnel), cursus finalement abandonné, témoignait de l'absence de sérieux et de suivi de ses études. M. A fait valoir au moyen d'un courriel de l'entreprise Burger King du 27 octobre 2022, qu'il a dû abandonner son BTS MCO faute de pouvoir trouver une entreprise l'acceptant en stage dès lors que la préfecture ne lui avait pas délivré de récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour pourtant effectuée le 6 octobre 2022. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A s'est vu délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour pour la période du 29 novembre 2022 au 27 février 2023 et que ce dernier ne l'a pas transmise à la société Burger King auprès de laquelle il avait postulé. Enfin, s'il ressort des pièces du dossier que le requérant a conclu un contrat d'engagement jeune avec la mission locale d'Evry-Courcouronnes le 9 novembre 2022, dans le but d'être accompagné dans sa recherche d'une formation en adéquation avec ses aspirations premières et son baccalauréat professionnel en génie civil, il n'est pas contesté qu'à la date de la décision attaquée, il ne suivait aucun cursus dans un établissement d'enseignement en France. Par suite, le préfet de l'Essonne n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et de droit d'asile précitées en estimant que M. A ne remplissait pas les conditions prévues par ces dispositions.
8. En cinquième lieu, pour regrettable que soit la disparition des deux parents de
M. A au cours de l'année 2021, cette circonstance n'est pas de nature à entacher d'une erreur d'appréciation la décision de refus de titre de séjour en qualité d'étudiant. Le moyen doit être écarté.
9. En sixième et dernier lieu, il ne ressort pas des termes de l'arrêté attaqué que le préfet a entendu examiner la situation de M. A au regard de son pouvoir discrétionnaire de régularisation. Dès lors que cette faculté discrétionnaire est laissée à l'appréciation de l'autorité préfectorale, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet de l'Essonne aurait, ce faisant, commis une erreur de droit. Le moyen doit donc être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de titre de séjour du 13 février 2023 doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
11. En premier lieu, faute de démontrer l'illégalité de la décision de refus de titre, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision datée du même jour par laquelle le préfet l'a obligé à quitter le territoire est dépourvue de base légale. Le moyen doit être écarté.
12. En deuxième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
13. Si le requérant soutient qu'il souhaite s'intégrer à la société française notamment par ses recherches en formation professionnelle, il ressort des pièces du dossier qu'il n'est arrivé en France que très récemment, à l'âge de 22 ans. En outre, sa fratrie réside toujours dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
14. En dernier lieu, la circonstance que l'arrêté mentionne à tort que ses parents résident au Congo alors qu'il est constant qu'ils sont décédés en République démocratique du Congo dans le courant de l'année 2021, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué puisque le préfet de l'Essonne aurait pris la même décision sans cette erreur de fait.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 13 février 2023 obligeant M. A à quitter le territoire doivent être rejetées.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
16. Faute de démontrer l'illégalité de la décision de refus de titre, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision datée du même jour par laquelle le préfet l'a obligé à quitter le territoire est dépourvue de base légale. Le moyen doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 13 février 2023 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiant et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours avec fixation du pays de destination. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ainsi que celles formées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A au préfet de l'Essonne et à Me Dubreux.
Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Mégret, présidente,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 29 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
S. Rivet
La présidente,
signé
S. Mégret
La greffière,
signé
A. Gateau
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026