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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2303461

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2303461

lundi 15 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2303461
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMEGHERBI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 avril 2023, M. A B, représenté par Me Megherbi, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui fixer un rendez-vous afin de déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il est entré en France le 29 août 2016 et justifie d'une activité professionnelle depuis le mois de juin de cette même année ;

- il bénéficie depuis le 15 mars 2021 d'un contrat à durée indéterminée en tant qu'agent de sécurité ;

- il a sollicité le 28 novembre 2022 les services du préfet des Yvelines en vue d'obtenir son admission exceptionnelle au séjour ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'impossibilité de faire enregistrer, dans un délai raisonnable sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, impacte son avenir professionnel ; il est ainsi porté atteinte à son droit au séjour, à sa liberté d'entreprendre et à sa liberté de circulation ;

- la mesure sollicitée est utile ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

La requête a été communiquée au préfet des Yvelines, qui n'a pas produit d'observations, mais qui a produit le 1er mai 2023 plusieurs pièces complémentaires, dans lesquelles il soutient que la demande de M. B ne présente pas un caractère urgent.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Julien Le Gars, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant algérien, né le 26 juin 1994, expose avoir sollicité le 28 novembre 2022 auprès du préfet des Yvelines, un rendez-vous afin de déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour. Toutefois, aucun rendez-vous ne lui a été proposé. Il demande, en conséquence, au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui fixer un rendez-vous, afin qu'il puisse déposer son dossier de demande de titre de séjour.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.

5. Il résulte de l'instruction, qu'eu égard aux difficultés rencontrées par les ressortissants étrangers pour déposer leur demande de titre de séjour, en l'absence sur le site internet de la préfecture de plages horaires libres pour la prise de rendez-vous, le préfet des Yvelines a mis en place, pour les premières demandes de titre, une procédure de présentation des demandes par courriel. Il résulte également de l'instruction que M. B n'a pas pu, à la date de cette ordonnance, obtenir un rendez-vous pour déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour.

6. Si M. B, qui ne bénéficie pas de la présomption d'urgence rappelée au point 4 de la présente ordonnance, fait valoir qu'il est entré en France en 2016 et qu'il bénéficie depuis 2018 de divers contrats de travail, de tels éléments ne constituent pas des circonstances particulières justifiant à elles seules que sa demande d'admission exceptionnelle au séjour soit examinée prioritairement par rapport à celle d'autres ressortissants étrangers se trouvant dans la même situation. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que le requérant a sollicité les services du préfet des Yvelines les 25 août et 28 novembre 2022 aux fins d'obtenir un rendez-vous, ce qui constituent des dates relativement récentes, et sans qu'il justifie avoir accompli de démarches pour régulariser sa situation avant ces dates. Dans ces conditions, la condition d'urgence exigée par l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

7. Il s'ensuit, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres conditions posées par cet article, qu'il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par M. B et tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Yvelines de lui délivrer un rendez-vous pour déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour.

Sur les frais d'instance :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, une quelconque somme au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.

O R D O N N E:

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 15 mai 2023.

Le juge des référés,

Signé

J. Le Gars

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2303461

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