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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2303674

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2303674

lundi 3 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2303674
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantHARIR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 mai 2023, M. B A C, représenté par Me Harir, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2023 en tant que le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné à l'expiration de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " entrepreneur / profession libérale " ou subsidiairement, " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation en lui délivrant dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision de refus de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'erreur de fait, dès lors qu'il n'a jamais vécu en situation de bigamie ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 433-6 et L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il est fondé à solliciter un changement de statut pour l'obtention d'un titre de séjour portant la mention " entrepreneur / profession libérale ", dès lors qu'il démontre la viabilité et la rentabilité de sa micro-entreprise, qu'il justifie de l'adéquation entre ses études et son domaine d'activité, et qu'il ne représente aucune menace pour l'ordre public ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il réside en France depuis plus de cinq ans, qu'il vit avec sa compagne et ses deux enfants mineurs, et qu'il justifie de son intégration sociale et professionnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- il ne présente aucune menace pour l'ordre public ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2023, le préfet des Yvelines, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Des pièces complémentaires, enregistrées les 20 et 21 juin 2023, ont été produites par M. A C et n'ont pas été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Caron,

- et les observations de Me Harir, représentant M. A C.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A C, ressortissant marocain né le 14 février 1983, est entré en France le 6 février 2018. Il s'est marié le 7 septembre 2018 avec une ressortissante française et s'est vu délivrer, le 8 octobre 2018, un titre de séjour en qualité de conjoint de français, renouvelé jusqu'au 3 octobre 2021. Le 22 septembre 2021, il a sollicité un changement de statut et la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " entrepreneur / profession libérale ", sur le fondement des articles L. 421-5, L. 422-12 et L. 433-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 22 mars 2023, le préfet des Yvelines a ordonné le retrait des titres de séjour qui lui ont été délivrés du 8 octobre 2018 au 3 octobre 2021 en qualité de conjoint de français, a rejeté sa demande de carte de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné à l'issue de ce délai. M. A C demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'il refuse de lui délivrer un titre de séjour, l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays de destination.

Sur la décision portant refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application et comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle précise les motifs de droit et de fait pour lesquels M. A C ne peut être regardé comme satisfaisant aux conditions des articles L. 421-5 et L. 433-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle relève également qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Enfin, le préfet des Yvelines n'avait pas l'obligation de rappeler tous les éléments de fait se rattachant à la situation du requérant, mais seulement ceux sur lesquels il s'est fondé pour rejeter sa demande de délivrance d'un titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni des termes de l'arrêté attaqué, que le préfet des Yvelines n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A C au regard des éléments dont il avait connaissance, notamment quant à sa situation familiale et professionnelle, alors que le préfet soutient, sans que cela ne soit contesté, que M. A C n'a pas fait état de la présence en France de ses deux enfants mineurs et n'a pas communiqué d'éléments relatifs à sa nouvelle compagne

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 421-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité non salariée, économiquement viable et dont il tire des moyens d'existence suffisants, dans le respect de la législation en vigueur, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "entrepreneur/ profession libérale" d'une durée maximale d'un an. ". Aux termes de l'article L. 433-6 du même code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle sur un autre fondement que celui au titre duquel lui a été délivré la carte de séjour ou le visa de long séjour mentionné au 2° de l'article L. 411-1, se voit délivrer le titre demandé lorsque les conditions de délivrance, correspondant au motif de séjour invoqué, sont remplies, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'une première carte de séjour pluriannuelle dans les conditions prévues au présent article, il doit en outre justifier du respect des conditions prévues au 1° de l'article L. 433-4. / Le présent article ne s'applique pas aux titres de séjour prévus aux articles L. 421-2 et L. 421-6. ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A C exerce en qualité d'auto-entrepreneur, depuis le mois de septembre 2020, une activité d'achat-vente de véhicules d'occasion, lavage et entretien des véhicules chez les particuliers sans réparation. Pour rejeter sa demande de titre de séjour "entrepreneur/ profession libérale", le préfet des Yvelines a retenu que le requérant ne démontrait pas que son activité lui permettait de se procurer un niveau de ressources au moins équivalentes au salaire minimum de croissance correspondant à un emploi à temps plein, dès lors qu'il ne produisait aucun contrat de prestation de services, aucune attestation de prestations de services ni aucune facture. Au soutien de sa requête, El C justifie avoir déclaré un chiffre d'affaires de 5 190 euros pour l'année 2020, de 16 070 euros pour l'année 2021, de 9 030 euros pour l'année 2022 et de 5 835 euros pour le premier trimestre 2023. Il produit également plusieurs factures pour des prestations réalisées par son entreprise entre octobre 2022 et avril 2023, et précise ne pas avoir pu exercer d'activité professionnelle entre avril et septembre 2022, en raison de graves problèmes de santé. Il ressort enfin de ses avis d'imposition, produits par le préfet des Yvelines, que M. A C n'a déclaré aucun revenu pour l'année 2020 et 8 636 euros pour l'année 2021. Au regard de ces éléments, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A C exerce une activité économiquement viable dont il tire des moyens d'existence suffisants. Par suite, et alors même que son activité est en adéquation avec ses études, et qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public, M. A C n'est pas fondé à soutenir qu'en rejetant sa demande de changement de statut et de délivrance d'un titre de séjour portant la mention "entrepreneur/ profession libérale", le préfet des Yvelines aurait méconnu les dispositions des articles L. 421-5 et L. 433-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale / 2. I1 ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

7. Il ressort des pièces du dossier que M. A C, qui est entré en France en février 2018, s'est marié en septembre 2018 avec une ressortissante française dont il est aujourd'hui séparé. Il justifie vivre depuis 2020 avec Mme D, ressortissante marocaine titulaire d'une carte de séjour valable jusqu'en 2025. Le couple a un enfant, né en juillet 2022. M. A C est également père de deux enfants de nationalité marocaine issus d'une précédente union, l'un né en 2008 qui réside avec lui et qui est scolarisé, et le second, né en 2017, qui réside au Maroc avec sa mère. Il ressort en outre des pièces du dossier que M. A C n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où résident ses parents, et où il a vécu jusqu'à l'âge de 34 ans. Par suite, eu égard au caractère récent de la communauté de vie avec sa compagne, la décision attaquée ne porte pas au droit de M. A C au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise, et ne méconnaît ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. En cinquième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. Or, si les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettent à l'administration de délivrer une carte de séjour " salarié " ou " vie privée et familiale " à un étranger pour des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels, il ressort des termes mêmes de cet article, et notamment de ce qu'il appartient à l'étranger de faire valoir les motifs exceptionnels justifiant que lui soit octroyé un titre de séjour, que le législateur n'a pas entendu déroger à cette règle ni imposer à l'administration, saisie d'une demande d'une carte de séjour, quel qu'en soit le fondement, d'examiner d'office si l'étranger remplit les conditions prévues par cet article. Il en résulte qu'un étranger ne peut pas utilement invoquer le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'encontre d'un refus opposé à une demande de titre de séjour qui n'a pas été présentée sur le fondement de cet article. Par suite, M. A C, qui n'a pas présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne saurait utilement soutenir que le préfet des Yvelines, qui n'était pas tenu d'examiner s'il pouvait être admis exceptionnellement au séjour dans le cadre du pouvoir discrétionnaire de régularisation dont il dispose s'agissant des ressortissants marocains dont la situation est régie par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, a méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 de ce code.

9. En sixième lieu, l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant stipule que : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

10. La décision portant refus de titre de séjour attaquée n'a ni pour objet, ni pour effet de séparer M. A C de ses enfants mineurs. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point précédent doit être écarté.

11. En septième lieu, si le préfet des Yvelines a relevé que M. A C était en état de bigamie, dès lors qu'il n'a divorcé de sa première épouse que le 13 mai 2019, soit postérieurement à son mariage avec une ressortissante française le 7 septembre 2018, le requérant produit son jugement de divorce avec sa première épouse, prononcé le 16 février 2018, ainsi que son acte de naissance qui mentionne que le divorce a bien été prononcé le 16 février 2018. Il justifie également que la procédure pénale diligentée à son encontre concernant ces faits a été classée sans suite. Toutefois, à supposer même que l'intéressé n'était pas en état de bigamie, il résulte de l'instruction que le préfet des Yvelines, pour refuser sa demande de titre de séjour, ne s'est pas fondé sur ce motif, qui justifie le retrait des titres de séjour qui lui ont été précédemment délivrés que le requérant ne conteste pas et non le refus de lui délivrer un nouveau titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

12. En dernier lieu, M. A C ne saurait utilement soutenir qu'il ne présente aucune menace pour l'ordre public, dès lors que la décision portant refus de titre de séjour ne se fonde pas sur un tel motif.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, M. A C qui, comme il a été dit ci-dessus, n'établit pas que le refus de délivrance de titre de séjour qui lui est opposé serait entaché d'illégalité, n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français devrait être annulée par voie de conséquence d'une telle illégalité.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour () ". L'article L. 613-1 du même code énonce que : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".

15. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que la motivation de l'obligation de quitter le territoire français édictée en application des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, par conséquent, dès lors que ce refus est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir le refus de séjour d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, de motivation spécifique.

16. Il résulte de ce qui est dit au point 2 que la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation dont serait entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

17. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 7 du présent jugement.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au préfet des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Grenier, présidente,

Mme Caron, première conseillère,

M. Connin, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2023.

La rapporteure,

signé

V. Caron

La présidente,

signé

C. GrenierLa greffière,

signé

G. Le Pré

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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