vendredi 2 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2303834 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | ADJALIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mai 2023, M. A E D, représenté par Me Adjalian, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2023 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé le renouvellement de sa carte de résident ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer une carte de résident dans un délai de trente jours suivant la notification du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du préfet de l'Essonne la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de saisine préalable de la commission du titre de séjour ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation s'agissant des conséquences sur sa situation personnelle.
La clôture de l'instruction a été fixée au 6 novembre 2023.
Un mémoire a été présenté pour le préfet de l'Essonne le 16 janvier 2024 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Geismar, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A E D, ressortissant béninois né le 6 octobre 1958, est entré en France le 23 février 1998. Il a obtenu une carte de résident valable du 30 mars 2010 au 29 mars 2020, et a sollicité son renouvellement. Par un arrêté du 31 mars 2023, dont il demande l'annulation, le préfet de l'Essonne a refusé de renouveler sa carte de résident et lui a octroyé un titre de séjour " vie privée et familiale " d'une durée d'un an.
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-PREF-DCPPAT-BCA-035 du 17 février 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'Etat dans le département de l'Essonne, le préfet de l'Essonne a donné à M. C B, signataire de l'arrêté attaqué délégation pour signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans l'arrondissement de Palaiseau, à l'exception d'actes limitativement énumérés au nombre desquels ne figurent pas les décisions en matière de police administrative des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, qui manque en fait, doit être écarté
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'il reproduit, et indique que le requérant a fait l'objet d'une condamnation pénale de 12 mois d'emprisonnement. Il est suffisamment motivé et permet à l'intéressé d'en contester utilement le bien-fondé. En outre, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet a procédé à un examen de sa situation.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative :1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; 2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L. 423-12, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; 3° Lorsqu'elle envisage de retirer le titre de séjour dans le cas prévu à l'article L. 423-19 ; 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1. ".
5. M. D, qui a sollicité le renouvellement de sa carte de résident, n'est pas dans les situations listées par les dispositions reproduites ci-dessus dans lesquelles la commission du titre de séjour doit préalablement être saisie. Dès lors, le moyen tiré du vice de procédure, qui est inopérant, doit être écarté.
6. En quatrième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. M. D soutient que la substitution d'un titre de séjour d'une durée d'un an à une carte de résident fragilise sa situation et le place dans une situation de précarité au regard notamment de ses perspectives professionnelles, alors qu'il réside en France depuis 25 ans et que sa fille est de nationalité française. Toutefois, il ne démontre pas que sa situation personnelle ou professionnelle serait concrètement fragilisée alors même que l'arrêté critiqué n'a ni pour effet de le placer en situation irrégulière sur le territoire, ni de l'en éloigner. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 précité doit être écarté.
8. Pour les mêmes motifs, le requérant ne démontre pas que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation s'agissant des conséquences sur sa situation personnelle.
9. Il résulte de ce qui précède que, par les moyens qu'il soulève, M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 31 mars 2023 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de renouveler sa carte de résident. Dès lors, les conclusions qu'il présente sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du même code, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E D et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 19 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Gosselin, président,
- M. Maitre, premier conseiller,
- Mme Geismar, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2024.
La rapporteure,
signé
M. Geismar
Le président,
signé
C. GosselinLa greffière,
signé
I. de Dutto
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026