jeudi 1 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2303934 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL BAZIN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 mai 2023, Mme C B, représentée par Me Vrioni, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 14 mars 2023 par lequel le maire de la commune d'Achères l'a suspendue de ses fonctions jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le tribunal est compétent ;
- sa requête et recevable ;
- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors que la décision litigieuse préjudicie gravement à son honneur, à sa réputation, à sa situation financière en ce qu'elle ne perçoit plus les indemnités et les heures supplémentaires, sa rémunération étant réduite d'environ 36 %, ce qui va également avoir une incidence sur le financement du protocole de santé qu'elle suit dans le cadre d'une FIV;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté litigieux, premièrement en ce qu'il n'est pas suffisamment motivé ;
- deuxièmement, il est entaché d'une erreur de fait en ce qu'il retient une présomption de harcèlement moral envers six personnes pendant une durée de quatre mois de septembre à décembre 2022, alors que les faits ne présentent pas un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité ;
- enfin, la mesure de suspension est disproportionnée par rapport à l'intérêt du service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 mai 2023, la commune d'Achères, représentée par Me Bazin, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requérante ne justifie pas de l'urgence à suspendre la décision litigieuse, dès lors qu'elle a attendu deux mois pour saisir le juge des référés, qu'elle a continué à percevoir son traitement et que, placée en congé de maladie depuis le 7 avril 2023, ce sont les règles relatives aux congés pour maladie ordinaire qui s'appliquent à sa rémunération ;
- l'atteinte à sa réputation et à son honneur n'est pas établie ;
- la réintégration de Mme B serait contraire à l'intérêt du service ;
- la mesure de suspension prendra fin le 15 juillet 2023 ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas susceptibles de créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse, eu égard notamment au caractère suffisamment vraisemblable et grave des faits reprochés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée le 5 mai 2023, sous le n° 2303667 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code général de la fonction publique d'Etat ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 31 mai 2023 tenue en présence de M. Rossini, greffier d'audience, Mme A a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Vrioni, représentant Mme B, qui relève qu'elle n'a pas été informée des faits reprochés lors de la remise de la décision du 14 mars 2023. Elle a été entendue le 7 avril 2023 dans le cadre de l'enquête administrative. Il n'y a pas eu de suite à l'enquête administrative depuis cette audition, ce qui explique la saisine du tribunal deux mois après. L'urgence est justifiée par sa santé morale et les répercussions financières de cette décision, sa rémunération ayant diminué de plus de 30 %. Il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse. L'auteure du signalement est arrivée le 26 septembre 2022 et a fait un premier signalement dès le 4 octobre 2022, six jours après sa prise de fonctions. La requérante n'a été suspendue que six mois après ce signalement, ce qui ne corrobore pas le caractère grave des faits. Les faits décrits par cette fiche de signalement ne peuvent pas faire présumer l'existence d'une situation de harcèlement moral. L'auteure du signalement est habituée à accuser ses responsables de harcèlement moral. Il n'y a pas de harcèlement moral, mais désorganisation du service et mauvaise ambiance interne. Les personnes auditionnées sont toutes arrivées récemment en 2022. Mme B n'a pas outrepassé l'exercice de son pouvoir hiérarchique. Cette sanction est disproportionnée par rapport aux faits en raison de l'absence de toute suite à l'enquête administrative diligentée. Elle ajoute des conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune d'Achères de réintégrer Mme B sur son poste ;
- et les observations de Me Marginan, représentant la commune d'Achères, qui relève qu'il y a eu plusieurs signalements à l'encontre de Mme B. Les deux premières altercations n'avaient fait l'objet d'aucun signalement, celui-ci ayant été effectué en mars 2023, au bout de six mois et non six jours après la prise de fonctions de Mme B. Plusieurs agents ont confirmé que Mme B perdait souvent le contrôle d'elle-même et avait un management très directif générant un sentiment de peur chez les agents. Il y a un important turn-over chez les agents. Le juge des référés n'a été saisi qu'au bout de deux mois. L'urgence n'est pas caractérisée. La mesure est limitée dans ses effets et sa durée. La réalité de l'atteinte potée à la situation financière de
Mme B n'est pas établie, dès lors qu'elle n'est pas privée de sa rémunération. Elle est placée en arrêt maladie. Sa réintégration serait contraire à l'intérêt du service étant donnée l'obligation de protection des agents qui travaillent avec Mme B. Il n'y a aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse. La mesure conservatoire ne constitue pas une sanction. Les faits présentaient un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité à la date de la décision litigieuse.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 14h36.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, agent de la fonction publique territoriale de catégorie C au grade d'adjoint administratif territorial de 1ère classe, exerce les fonctions de responsable de la gestion administrative au sein de la direction des ressources humaines de la commune d'Achères depuis le 17 janvier 2022. Par un arrêté du 14 mars 2023, qui lui a été remis en mains propres le
15 mars 2023, le maire de la commune d'Achères l'a suspendue de l'exercice de ses fonctions pour une durée de quatre mois. Mme B demande la suspension, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de l'exécution de cet arrêté.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
3. Aux termes de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire, auteur d'une faute grave, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois. ". Ces dispositions trouvent à s'appliquer dès lors que les faits imputés à l'intéressé présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité.
4. Aux termes de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. ".
5. Les moyens tirés de ce que l'arrêté du 14 mars 2023 n'est pas suffisamment motivé, de ce qu'il est entaché d'une erreur de fait en ce qu'il retient une présomption de harcèlement moral exercé par Mme B envers six personnes pendant une durée de quatre mois de septembre à décembre 2022, alors que les faits ne présentent pas un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité et enfin, de ce que la mesure de suspension est disproportionnée par rapport à l'intérêt du service ne sont pas propres, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 14 mars 2023.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence, les conclusions à fin de suspension de l'arrêté du 14 mars 2023 doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction présentées à l'audience et de celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B et à la commune d'Achères.
Fait à Versailles, le 1er juin 2023.
La juge des référés,
Signé
C. A
Le greffier,
Signé
C. Rossini
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026