mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2303945 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Magistrate Caron |
| Avocat requérant | DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mai 2023, M. A C, représenté par Me Sabatakakis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision " 48 SI " du 5 avril 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son titre de conduite pour défaut de points ;
2°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur lui a retiré des points sur son permis de conduire à la suite d'infractions commises les 26 juin 2017, 3 août 2018, 14 août 2018, 24 décembre 2018, 23 août 2020, 24 octobre 2020, 27 juillet 2021, 10 août 2022, 28 novembre 2022 et 30 novembre 2022 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés de son permis de conduire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions de retrait de points attaquées faisant suite aux infractions des 26 juin 2017, 3 août 2018, 14 août 2018, 24 décembre 2018, 23 août 2020, 24 octobre 2020, 10 août 2022, 28 novembre 2022 et 30 novembre 2022 ont été prises à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui a pas été préalablement délivrée ;
- la réalité de l'infraction du 27 juillet 2021 n'est pas établie ;
- la décision 48 SI est insuffisamment motivée concernant l'infraction constatée le 27 juillet 2021 ;
- la décision 48SI du 5 avril 2023 constatant la perte de validité de son permis de conduire est illégale en conséquence de l'illégalité des décisions de retrait de points.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 22 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 mars 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative pour statuer sur les litiges relevant de cet article.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C a commis les 26 juin 2017, 3 août 2018, 14 août 2018, 24 décembre 2018, 23 août 2020, 24 octobre 2020, 27 juillet 2021, 10 août 2022, 28 novembre 2022 et 30 novembre 2022, différentes infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de l'ensemble des points du capital affecté à son permis de conduire. Par une décision " 48 SI " du 5 avril 2023, le ministre de l'intérieur a récapitulé l'ensemble de ces décisions de retrait de points, a invalidé son permis de conduire, et lui a enjoint de le restituer. M. C demande l'annulation de cette dernière décision et des décisions portant retrait de points de son permis de conduire consécutives aux infractions récapitulées ci-dessus.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points :
En ce qui concerne les infractions des 26 juin 2017, 3 août 2018, 14 août 2018, 24 décembre 2018, 23 août 2020, 24 octobre 2020, 10 août 2022, 28 novembre 2022 et 30 novembre 2022 :
2. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. () ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I.- Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / III.- Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. () ".
3. Il résulte des dispositions précitées du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a satisfait à cette obligation d'information.
4. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction relevée par radar automatique ou relevée au moyen d'un procès-verbal électronique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions précitées, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
5. Il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. C, que les infractions commises les 3 août 2018, 14 août 2018, 24 décembre 2018, 23 août 2020, 10 août 2022, 28 novembre 2022 et 30 novembre 2022 ont été relevées par radar automatique, que celles commises les 26 juin 2017 et 24 octobre 2020 ont été relevées par procès-verbal électronique, et que l'intéressé s'est acquitté des amendes forfaitaires correspondant à l'ensemble de ces infractions. M. C ne justifie, ni même n'allègue, avoir été destinataire d'avis inexacts ou incomplets. Dès lors, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré du défaut d'information préalable doit être écarté pour les infractions litigieuses.
En ce qui concerne l'infraction du 27 juillet 2021 :
6. En vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité d'une infraction est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, par l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. Aux termes de ces mêmes dispositions, l'établissement de la réalité de l'infraction entraîne la réduction de plein droit du nombre de points dont est affecté le permis de conduire de l'intéressé.
7. Il résulte des mentions figurant sur le relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. C, que celui-ci a fait l'objet, à la suite de l'infraction commise le 27 juillet 2021, d'une condamnation pénale prononcée le 19 janvier 2023, par le tribunal de police d'Evry, qui a acquis un caractère définitif le 1er février 2023. Par suite, en application de l'article L. 223-1 susvisé, la réalité de l'infraction du 27 juillet 2021 est établie.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 26 juin 2017, 3 août 2018, 14 août 2018, 24 décembre 2018, 23 août 2020, 24 octobre 2020, 27 juillet 2021, 10 août 2022, 28 novembre 2022 et 30 novembre 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI :
9. En premier lieu, M. C ne peut utilement se prévaloir du défaut de motivation de la décision " 48SI " du 5 avril 2023, dès lors que le ministre de l'intérieur se trouvait en situation de compétence liée lorsqu'il a procédé à la fois au retrait des points de son titre de conduite et en a prononcé l'invalidité. En tout état de cause, la décision litigieuse vise notamment les articles L. 223-1, L.223-3, L. 223-5-1 et R. 223-3 dont elle fait application, récapitule l'ensemble des infractions ayant conduit aux retraits successifs de l'ensemble des points affectés au capital du titre de conduite du requérant et fait état du caractère définitif de l'infraction commise le 27 juillet 2021, établi par le jugement du tribunal d'instance ou de police d'Evry du 19 janvier 2023. Par suite, la décision précitée comportant l'ensemble des considérations de fait et de droit qui justifient son édiction, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'elle est entachée d'un défaut de motivation.
10. En second lieu, M. C n'ayant pas démontré l'illégalité des décisions de retrait de points visées au point 8 ci-dessus, il n'est pas fondé à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision du 5 avril 2023 constatant la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul.
11. Il résulte tout de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.
La magistrate désignée
signé
V. BLa greffière
signé
N. Mélia
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026