lundi 19 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2304394 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | FOURET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 juin 2023, M. A D et Mme F E, représentés par Me Fouret, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 29 mars 2023 par laquelle la rectrice de l'académie de Versailles a refusé de les autoriser à instruire dans la famille leur fille C et du rejet de leur recours administratif préalable obligatoire en date du 22 mai 2023 ;
2°) d'enjoindre au rectorat de l'académie de Versailles de délivrer l'autorisation d'instruire en famille C ou, à titre subsidiaire, de reconsidérer la situation C en tirant toutes les conséquences de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du rectorat de l'académie de Versailles, une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'urgence découle de ce qu'ils doivent inscrire leur enfant C dans un établissement public ou privé sous contrat d'association d'ici la rentrée scolaire, une inscription en établissement privé, qui est l'option privilégiée, suscitant des frais ; compte tenu de la date de la décision attaquée, C est privée de la pré-rentrée en petite section de maternelle qui a habituellement lieu au printemps précédant la rentrée scolaire, ce qui est d'autant plus préjudiciable qu'elle débute son parcours scolaire ; en outre, C souffre de pathologies qui la conduisent, notamment, à craindre les contacts physiques avec autrui ; ainsi la décision litigieuse produirait des conséquences graves et immédiates sur les intérêts des requérants et de leur fille, notamment quant à l'état de santé de cette dernière ;
- le doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée découle de ce qu'elle est insuffisamment motivée, entachée d'erreurs de droit au regard des dispositions de l'article L. 131-5 du code de l'éducation, et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2023, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation nationale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Boukheloua, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 15 juin 2023 tenue en présence de M. Rossini, greffier d'audience :
- Mme Boukheloua a lu son rapport ;
- entendu Me Fouret, pour M. A D et Mme F E qui reprend ses écritures et ajoute que les deux frère et sœur C suivent déjà leur instruction en famille.
- et entendu Mme B G, mandatée par la rectrice de l'académie de Versailles qui reprend ses écritures en insistant sur la possibilité d'obtenir des aménagements sur l'obligation d'assiduité.
La clôture de l'instruction a été prononcée à la fin de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 29 mars 2023, le rectorat de l'académie de Versailles a refusé d'autoriser M. A D et Mme F E à instruire dans la famille leur fille C, puis, par une décision en date du 22 mai 2023, la rectrice de cette académie a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire en date du 22 mai 2023. M. A D et Mme F E demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre cette dernière décision qui se substitue à la précédente.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L.521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Lorsque la suspension est prononcée, il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision dans les meilleurs délais. La suspension prend fin au plus tard lorsqu'il est statué sur la requête en annulation ou en réformation de la décision ".
En ce qui concerne l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier de l'urgence de la suspension sollicitée, les requérants soutiennent que le délai qui leur reste pour inscrire dans de bonnes conditions leur fille, C, dans un établissement public ou privé sous contrat d'association d'ici la rentrée scolaire est faible, alors qu'elle débute son parcours scolaire, que son frère et sa sœur bénéficient déjà de l'instruction en famille depuis respectivement 3 et 5 ans, qu'elle souffre de pathologies qui ne lui permettent pas d'être propre, qui nécessitent une toilette complète à chaque fois qu'elle urine et qui la rendent hypersensible au toucher de sorte à lui faire craindre les contacts physiques avec autrui. Compte tenu de ces circonstances particulières qui peuvent faire craindre des conséquences notamment psychologiques sur C d'une scolarisation collective non préparée en amont, et ce en dépit des aménagements à l'obligation d'assiduité qui peuvent être demandés par la famille, il y a lieu de considérer que la requête de M. D et Mme E présente l'urgence prescrite par les dispositions précitées.
En ce qui concerne le doute sérieux :
5. Aux termes des dispositions de l'article L. 131-1 du code de l'Education : " L'instruction est obligatoire pour chaque enfant dès l'âge de trois ans et jusqu'à l'âge de seize ans () ". Aux termes de l'article L. 131-5 de ce code : " Les personnes responsables d'un enfant soumis à l'obligation scolaire définie à l'article L. 131-1 doivent le faire inscrire dans un établissement d'enseignement public ou privé ou bien, à condition d'y avoir été autorisées par l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation, lui donner l'instruction en famille. () / L'autorisation mentionnée au premier alinéa est accordée pour les motifs suivants, sans que puissent être invoquées d'autres raisons que l'intérêt supérieur de l'enfant : () / 4° L'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif, sous réserve que les personnes qui en sont responsables justifient de la capacité de la ou des personnes chargées d'instruire l'enfant à assurer l'instruction en famille dans le respect de l'intérêt supérieur de l'enfant. Dans ce cas, la demande d'autorisation comporte une présentation écrite du projet éducatif, l'engagement d'assurer cette instruction majoritairement en langue française ainsi que les pièces justifiant de la capacité à assurer l'instruction en famille ".
6. L'article L. 131-5 du code de l'éducation, tel qu'interprété par le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2021-823 DC du 13 août 2021, en prévoyant la délivrance par l'administration, à titre dérogatoire, d'une autorisation pour dispenser l'instruction dans la famille en raison de " l'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif " implique que l'autorité administrative, saisie d'une telle demande, contrôle que cette demande expose de manière étayée la situation propre à cet enfant, motivant, dans son intérêt, le projet d'instruction dans la famille et qu'il est justifié, d'une part, que le projet éducatif comporte les éléments essentiels de l'enseignement et de la pédagogie adaptés aux capacités et au rythme d'apprentissage de cet enfant, d'autre part, de la capacité des personnes chargées de l'instruction de l'enfant à lui permettre d'acquérir le socle commun de connaissances, de compétences et de culture défini à l'article L. 122-1-1 du code de l'éducation au regard des objectifs de connaissances et de compétences attendues à la fin de chaque cycle d'enseignement de la scolarité obligatoire. Ainsi que l'a jugé le Conseil constitutionnel dans sa décision précitée, en prévoyant que l'autorisation d'instruction dans la famille est accordée en raison de " l'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif ", le législateur a entendu que l'autorité administrative s'assure que le projet d'instruction dans la famille comporte les éléments essentiels de l'enseignement et de la pédagogie adaptés aux capacités et au rythme d'apprentissage de l'enfant.
7. Compte tenu des éléments produits par M. D et Mme E dans leur demande et dans leur recours préalable obligatoire, éléments dont fait partie le dossier éducatif qu'ils ont établi pour leur fille C, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation sont de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision de refus d'instruction en famille de la rectrice de l'académie de Versailles.
8. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de prononcer la suspension de la décision du 22 mai 2023 de la rectrice de l'académie de Versailles.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Compte tenu de ce qui précède, il est enjoint à la rectrice de l'académie de Versailles de délivrer, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire à M. D et Mme E d'instruire leur fille C en famille, jusqu'à ce que le tribunal ait statué au fond sur leur demande d'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1.500 euros au titre des frais exposés par M. D et Mme E et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : la décision du 22 mai 2023 de la rectrice de l'académie de Versailles est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint à la rectrice de l'académie de Versailles de délivrer, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire à M. D et Mme E d'instruire leur fille C en famille, jusqu'à ce que le tribunal ait statué au fond sur leur demande d'annulation de la décision attaquée.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1.500 euros à M. D et Mme E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D et Mme F E, et au rectorat de l'académie de Versailles.
Fait à Versailles, le 19 juin 2023.
La juge des référés,
signé
N. Boukheloua
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026