LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2304537

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2304537

jeudi 13 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2304537
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantHARMAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 juin 2023, M. B C demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle ou de lui désigner un avocat ;

2°) d'annuler l'arrêté du 17 mai 2023 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de renouveler son attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné en cas d'exécution d'office ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de le munir d'un dossier de réexamen de sa demande d'asile ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il n'a pas été précédé d'un examen sérieux de sa situation ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît les " dispositions des 7° et 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile " ;

- il méconnaît les dispositions de l'arrêté du 18 janvier 2008 ;

- il méconnaît les dispositions des articles " L. 313-10 et L. 313-14 " du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 juin 2023, et une pièce complémentaire enregistrée le 30 juin 2023, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Marc pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 juillet 2023 qui s'est tenue en présence de M. Ileboudo, greffier :

- le rapport de Mme Marc ;

- les observations de Me Harmand, avocat désigné d'office, représentant M. C, présent, assisté par Mme D, interprète en langue turque, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens et soutient en outre que la décision portant irrecevabilité de sa demande de réexamen de sa demande d'asile n'est pas motivée et ne lui a pas été notifiée ;

- le préfet de l'Essonne n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant turc d'origine kurde né le 10 novembre 1987, a sollicité le 17 février 2020 la reconnaissance du statut de réfugié. Cette demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) par une décision du 17 mai 2021, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 17 novembre 2022. Par un arrêté du 17 mai 2023, le préfet de l'Essonne a refusé de renouveler son attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné en cas d'exécution d'office. M. C doit être regardé comme demandant l'annulation de l'ensemble de cet arrêté.

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-PREF-DCPPAT-BCA-084 du 2 mai 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n° 052 du même jour de la préfecture de l'Essonne, M. A E, chef du bureau de l'asile, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer les décisions contenues dans l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de son signataire doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et notamment ses articles 3 et 8. Il suit de là qu'il est suffisamment motivé en droit. Par ailleurs, l'arrêté mentionne les circonstances de fait propres à la situation du requérant, notamment son identité, les conditions de son entrée sur le territoire français ainsi que le rejet de sa demande d'asile par l'OFPRA et la CNDA, et précise, en outre, sa situation privée et familiale et le fait qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans son pays d'origine. Par conséquent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la motivation de l'arrêté attaqué serait insuffisante ni même que le préfet de l'Essonne n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation. Ces moyens doivent, dès lors, être écartés.

4. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ayant repris les dispositions de l'ancien 7° de l'article L. 313-11 du même code : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. C déclare être entré sur le territoire français le 25 janvier 2020. Il a formé sa demande d'asile le 17 février 2020, laquelle, ainsi que cela a été dit précédemment au point 1, a été rejetée tant par l'OFPRA que par la CNDA. S'il se prévaut de nombreuses attaches familiales en France, en particulier la présence de cousins titulaires de cartes de résident, il ne produit aucune pièce de nature à justifier de leur intensité, ancienneté ou stabilité. Il ressort au contraire des termes non contestés de l'arrêté attaqué qu'il est sans charge de famille en France et que son épouse est restée en Turquie. Il en ressort également qu'il ne dispose d'aucune insertion professionnelle en France ni d'aucune ressource. Dans ces conditions, le préfet de l'Essonne, en prenant l'arrêté attaqué, n'a pas porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale au regard de l'article 8 précité, ni méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 précité ni commis d'erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

6. En quatrième lieu, si M. C soutient que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ayant repris les dispositions du 11° de l'ancien article L. 313-11 du même code, il n'assortit pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, les seules pièces médicales versées au dossier ne justifiant pas, en particulier, qu'il ne pourrait être soigné dans son pays d'origine. Par suite, ce moyen doit être écarté.

7. En cinquième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

8. En l'espèce, si M. C fait état de craintes pour sa vie en cas de retour en Turquie, du fait de son appartenance à une famille kurde patriote et de la politique discriminatoire des autorités de cet Etat à l'égard des populations d'origine kurde, la seule pièce versée au dossier, postérieure à la décision de l'OFPRA du 17 mai 2021 et à celle de la CNDA du 17 novembre 2022, ne permet toutefois pas de regarder le risque allégué comme justifié. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.

9. En sixième lieu, si M. C soutient que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'arrêté ministériel du 18 janvier 2008 relatif à la délivrance, sans opposition de la situation de l'emploi, des autorisations de travail aux étrangers non ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse, il n'établit ni même n'allègue qu'il relève du champ d'application de cet arrêté, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il aurait sollicité un titre de séjour à raison de sa situation professionnelle ni déposé une demande d'autorisation de travail. Par suite, le moyen est inopérant et ne peut qu'être écarté.

10. En septième lieu, si M. C soutient que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions des anciens articles L. 313-10 et L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, repris aujourd'hui, pour le premier, aux articles L. 421-1 à L. 421-5 du même code, et pour le second à l'article L. 435-1 de ce code, l'arrêté attaqué ne rejette pas de demande de titre de séjour fondée sur ces dispositions et il n'en ressort pas que le préfet aurait entendu procéder de sa propre initiative à l'examen de la situation de M. C sur ces fondements, alors qu'il n'en remplit, au regard des pièces du dossier, manifestement pas les conditions. Par suite, les moyens doivent être écartés.

11. Enfin, en dernier lieu, si M. C soutient que la décision portant irrecevabilité de sa demande de réexamen de sa demande d'asile n'est pas motivée et ne lui a pas été notifiée, il ressort des pièces du dossier et, en particulier, du relevé Telemofpra versé en défense par le préfet, que cette demande a été enregistrée postérieurement à l'édiction et à la notification de l'arrêté en litige et que la décision portant irrecevabilité lui est également postérieure. Ainsi, ces moyens sont sans incidence sur la légalité de ce dernier et doivent être écartés.

12. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 17 mai 2023 du préfet de l'Essonne doit être annulé. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'annulation de cet arrêté doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, le requérant ayant bénéficié de l'assistance à l'audience de l'avocat commis d'office, ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.

La magistrate désignée,

signé

E. Marc Le greffier,

signé

J. Ileboudo

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2304537

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions