lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2304601 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL GOUTAL & ALIBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une décision n°465255 du 2 juin 2023, le Conseil d'Etat a renvoyé au tribunal administratif de Versailles le jugement de la requête présentée par M. F E et Mme D C, épouse E, enregistrée au greffe du tribunal le 6 septembre 2021 sous le numéro 2107624.
Par cette requête, un mémoire et des pièces enregistrés les 24 juin 2022, 23 juin 2023, 30 juin 2023 et 3 juillet 2023, M. F E et Mme D C, épouse E, représentés par Me Mandicas, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 16 avril 2021 par lequel le maire de Maisons-Laffitte a délivré à la société civile de construction vente (SCCV) 37, avenue du Général de Gaulle un permis de construire en vue de la démolition de 5 bâtiments et de la construction de 34 logements ainsi que d'un local commercial sur des parcelles cadastrées section AM n°307 et n°451, situées 37, avenue du Général de Gaulle et 1 rue du Maréchal Foch ainsi que la décision du 8 juillet 2021 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Maisons-Laffitte le versement de la somme de 3 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-leur requête est recevable dès lors que le projet faisant l'objet du permis litigieux va enclaver leur pavillon et créer des vues directes sur leur fonds, générant des nuisances irrémédiables et diminuant la valeur de leur bien de 15 à 20 % ;
-l'arrêté attaqué a été signé par un auteur incompétent ;
-le projet méconnait les dispositions de l'article UA 5.2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) dès lors qu'il prévoit l'abattage d'arbres anciens et leur remplacement par des sujets jeunes qui ne sauraient être regardés comme des plantations équivalentes au sens de ces dispositions ;
-le projet méconnait les dispositions de l'article UA 7.2 du règlement du PLU dès lors que l'accessibilité du local où seront stockées les ordures ménagères n'est pas satisfaisante et que l'accès des véhicules au parking souterrain présente un caractère dangereux ;
-le pétitionnaire ne justifie pas de la sécurisation des abords de la construction pendant l'exécution des travaux.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 décembre 2022 et le 19 juillet 2023, la commune de Maisons-Laffitte, représentée par Me Peynet, conclut à l'irrecevabilité de la requête et au surplus des conclusions et demande que soit mis à la charge des requérants le versement de la somme de 2 000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la requête est irrecevable, les requérants ne justifiant pas de leur intérêt à agir conformément aux dispositions de l'article R. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
-aucun des moyens invoqués dans la requête n'est fondé.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 décembre 2022 et le 14 août 2023, la SCCV 37 avenue du général de Gaulle, représentée par Me Simard, conclut à l'irrecevabilité de la requête et rejet du surplus des conclusions et demande que soit mis à la charge des requérants une somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la requête est irrecevable, les requérants ne justifiant pas de leur intérêt à agir conformément aux dispositions de l'article R. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;
-les moyens invoqués par M. et Mme E ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 19 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 1er septembre 2023 à 10h00.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thivolle,
- les conclusions de Mme Mathé, rapporteure publique,
- et les observations de Me Simard, représentant la SCCV 37 avenue du général de Gaulle.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 16 avril 2021, le maire de la commune de Maisons-Laffitte a délivré à la SCCV 37 avenue du général de Gaulle un permis de construire en vue de la démolition de 5 bâtiments et de la construction de 34 logements ainsi que d'un local commercial sur des parcelles cadastrées section AM n°307 et n°451, situées 37 avenue du Général de Gaulle et 1 rue du Maréchal Foch sur le territoire de cette commune. M. et Mme E demandent l'annulation de cet arrêté ainsi que de la décision du 8 juillet 2021 par laquelle le maire de Maisons-Laffitte a rejeté leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fins d'annulation
2. En premier lieu, par arrêté n°237/2020 du 8 juillet 2020, produit en défense par la commune de Maisons-Laffitte, le maire de cette commune a donné délégation à M. A B, maire-adjoint en charge des quartiers, pour délivrer en son nom les " permis de construire et tout document pris en application du code de l'urbanisme ". Il n'est, par ailleurs, ni soutenu ni établi que le maire n'aurait pas été empêché de signer l'arrêté litigieux daté du 16 avril 2021. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué manque en fait et ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de la section UA 5 du règlement de plan local d'urbanisme de la commune Maisons-Laffitte : " UA.5.1. Traitement des espaces libres / Les plantations existantes devront être maintenues ou remplacées par des plantations équivalentes. () / UA.5.2. Espaces verts / Dans la zone UA : / 30% de la surface totale du terrain devra être traitée en espaces verts. Dans les secteurs UAa, UAb, UAc : / 15% de la surface totale du terrain devra être traitée en espaces verts ".
4. En l'espèce, d'une part, il ressort de la demande de permis de construire déposée par la SCCV 37 avenue du général de Gaulle prévoit, concernant les espaces libres et les plantations, que " des arbres de hautes tiges seront plantés ainsi que divers arbustes ", qu' " il existe sur le terrain actuellement 6 arbres à haute tiges, un hêtre et 5 tilleuls dont 3, situés en dehors de l'entreprise de la construction projetée, seront conservés " et que " les arbres supprimés seront remplacés par 3 arbres à haute tige de type Erable Sycomore ". Dès lors, elle répond aux exigences de la U.A.5.1 du plan local d'urbanisme quant au caractère équivalent des arbres remplacés. Si les requérants font valoir que les arbres ainsi implantés seront des sujets jeunes et, par conséquent, de dimensions moindre que les arbres abattus, il ne ressort toutefois pas du plan local d'urbanisme, ainsi que l'a d'ailleurs précisé le maire dans les motifs de la décision par laquelle il a rejeté le recours gracieux formé par les requérants, qu'il devrait être tenu compte de la vitesse de croissance des arbres pour apprécier le caractère équivalent des plantations amenées à remplacer les plantations existantes. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de la section UA 5 du plan local d'urbanisme de la commune de Maisons-Laffitte doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de la section UA 7.2 du règlement de plan local d'urbanisme de la commune de Maisons-Laffitte : " UA.7.2. Conditions de bonne desserte des terrains par les services publics de collecte des déchets / Les occupations et utilisations du sol doivent prévoir les aménagements nécessaires à la collecte des déchets ménagers. / Les constructions doivent être pourvues de locaux suffisamment dimensionnés pour accueillir les conteneurs pour déchets ménagers et assimilables et pour le tri sélectif. / Ces locaux doivent être situés de manière à faciliter la gestion des déchets par les personnes concernées et la sortie des conteneurs pour la collecte. Ils devront s'intégrer au paysage dans les meilleures conditions. / Pour les nouvelles constructions de plus de 3 logements, une aire de stockage d'ordures ménagères devra figurer au plan masse. Celle-ci devra s'intégrer au paysage dans les meilleures conditions ".
6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire, qui a tenu compte du nombre moyen de 3,5 occupants par logements, soit soixante-dix-sept (77) pour l'immeuble A, comprenant vingt-deux (22) logements, et trente-six (36) pour l'immeuble B, comprenant douze (12) logements, a prévu deux locaux poubelles au rez-de-chaussée d'une surface de, respectivement, 19 m² et 9 m². De telles superficies sont conformes aux préconisations figurant dans l'avis émis par la communauté d'agglomération Saint-Germain Boucle de Seine, qui exerce la compétence déchets ménagers conformément aux dispositions de l'article L. 2224-13 du Code général des collectivités territoriales, dans le cadre de l'examen du projet. Ainsi, alors que les requérants n'apportent aucun élément de nature à démontrer que les superficies retenues ne seraient pas suffisantes pour assurer la collecte des déchets ménagers générés par les occupants des futurs bâtiments et que des aménagements plus importants seraient requis, les locaux destinés au stockage des ordures ménagères doivent être regardés comme " suffisamment dimensionnés pour accueillir les conteneurs pour déchets ménagers et assimilables et pour le tri sélectif ". En outre, les locaux poubelles ainsi prévus ménagent un espace de circulation d'un mètre entre les rangées de bac, et disposeront d'un accès sur la chaussée extérieure par une porte d'une largeur d'un mètre et permettent donc, conformément aux exigences du plan local d'urbanisme, " la gestion des déchets par les personnes concernées et la sortie des conteneurs pour la collecte ". Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions de la section UA 7 du plan local d'urbanisme de la commune de Maisons-Laffitte.
7. En troisième lieu, aux termes de la section UA 7.1 du règlement de plan local d'urbanisme de la commune de Maisons-Laffitte : " UA. 7.1. Accès et voierie / Disposition générale / Pour être constructible, un terrain doit avoir accès à une voie publique ou privée ouverte à la circulation, soit directement, soit par l'intermédiaire d'une servitude de passage aménagée sur fonds voisin. / Les caractéristiques et la configuration de ces voies doivent : / Répondre à l'importance et à la destination des constructions projetées, / Permettre la circulation et l'utilisation des moyens de secours et des engins de lutte contre l'incendie, / Permettre d'assurer la sécurité des usagers au regard de la nature et de l'intensité du trafic ".
8. En se bornant à soutenir que " le maire de la commune de Maisons Laffitte a fait valoir que la direction des mobilités du département des Yvelines a émis un avis favorable mais l'examen du dossier permet de constater que par rapport au précédent projet, la sécurité n'est plus assurée dans le nouveau projet ", les requérants n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier la portée et le bien-fondé. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que, par un avis rendu le 20 avril 2021, la Direction des Mobilités du Département des Yvelines, qui avait rendu un premier avis défavorable le 18 septembre 2020, a estimé que : " le projet présenté intègre désormais les remarques émises précédemment et prévoit : - un accès au parking et une rampe située au milieu de la façade Nord du bâtiment éloigné de 30,00 mètres du rond-point et en dehors du passage piéton afin de ne pas gêner la circulation sur la RD 308, - l'élargissement du bateau à 6,00 mètres afin de permettre le croisement des véhicules dans les deux sens en entrée et en sortie du projet, - l'implantation de la porte d'accès au parking à 5,00 mètres en retrait de l'alignement afin de permettre le stationnement d'un véhicule en attente. () Au vu de ces éléments et sous réserve d'une exigence de visibilité ce projet appelle de ma part un avis favorable ". Au regard de ces éléments mis en avant dans l'avis rendu le 21 avril 2021, il apparait que les mesures prises permettent désormais un accès sécurisé au parking pour ses usagers. Dans ces conditions, alors que les requérants, qui ne remettent pas en cause les observations ainsi recueillies et qui n'apportent aucun élément permettant d'établir que les immeubles à construire présenteraient, au regard des modalités d'accès à la voierie, un danger pour la sécurité des usagers, ne sont donc pas fondés à soutenir que l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions précitées de la section UA 7.1 du plan local d'urbanisme (PLU).
9. En dernier lieu, la sécurité du chantier ne figure pas au nombre des règles sanctionnées par la délivrance d'un permis de construire, mais relève de l'exercice, par l'autorité compétente, du pouvoir de police générale qu'elle détient. Il s'ensuit que le moyen soulevé, à cet égard, par les requérants, qui soutiennent que le pétitionnaire ne justifierait pas de la sécurisation des abords de la construction pendant l'exécution des travaux, doit être écarté comme inopérant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. et Mme E aux fins d'annulation de l'arrêté du 16 avril 2021 et de la décision du 8 juillet 2021 par laquelle le maire de Maisons-Laffitte a rejeté leur recours gracieux doivent être rejetées sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense.
11. Les conclusions présentées par M. et Mme E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées dès lors que la commune de Maisons-Laffitte n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. et Mme E le versement, à la commune de Maisons-Laffitte et à la SCCV 37 avenue du général De Gaulle, d'une somme quelconque sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Maisons-Laffitte tendant à ce que soit mise à la charge de M. et Mme E une somme de de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions de la SCCV 37 avenue du général De Gaulle tendant à ce que soit mise à la charge de M. et Mme E une somme de de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F E et Mme D C, épouse E, à la commune de Maisons-Laffitte et à la SCCV 37 avenue du général de Gaulle.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président,
Mme Bartnicki, première conseillère,
M. Thivolle, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2023.
Le rapporteur,
Signé
G. Thivolle
Le président,
Signé
R. Féral Le greffier,
Signé
C. Gueldry
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026