jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2304670 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | FITZJEAN O COBHTHAIGH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 juin 2023 et 19 juillet 2023, Mme D E et M. F A, représentés par Me Fitzjean O Cobhthaigh, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 31 mai 2023 par laquelle la commission académique de Versailles a rejeté le recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 19 avril 2023 par laquelle la rectrice de l'académie de Versailles a refusé de leur délivrer une autorisation d'instruire leur enfant B au sein de leur famille au titre de l'année 2023-2024 ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Versailles de leur délivrer une autorisation d'instruire leur enfant B en famille au titre de l'année scolaire 2023-2024 à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que, d'une part, la commission a délibéré dans des conditions ne respectant pas les règles de composition, de délibération et de quorum, fixées par des articles D. 131-11-11 et D. 131-11-12 du code de l'éducation ; d'autre part, elle ne comporte ni la mention des noms des membres de la commission ayant participé à la délibération, ni les indications permettant d'établir que le quorum était atteint en méconnaissance des mêmes articles ; enfin, la rectrice de l'académie de Versailles n'a pas désigné sa représentante au sein de la commission académique de Versailles par une décision ad-hoc tandis qu'un membre suppléant a siégé en même temps que le membre titulaire au sein de la commission académique ;
- la commission académique de Versailles a ajouté une condition aux dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation en subordonnant la caractérisation d'une situation propre à l'enfant à une singularité le distinguant des autres enfants de sa classe d'âge ;
- la décision litigieuse est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, faute de reconnaître que leur demande est effectivement fondée sur une situation propre à l'enfant, ce qui inclut les éléments déterminants de son cadre de vie, y compris les circonstances relatives aux membres de la famille vivant avec lui ;
- en les contraignant à inscrire leur enfant dans un établissement scolaire, la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 2 du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'intérêt supérieur de leur enfant et l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2023, la rectrice de l'académie de Versailles conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 20 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 août 2023 à 17 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. de Miguel ;
- et les conclusions de Mme Mathé, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D E et M. F A demandent l'annulation de la décision du 31 mai 2023 par laquelle la commission académique de l'académie de Versailles a confirmé la décision du 19 avril 2023 de refus d'autorisation d'instruction en famille pour leur fils B né le 18 novembre 2020.
Sur les conclusions en annulation :
2. Aux termes de l'article D. 131-11-10 du code de l'éducation : " Toute décision de refus d'autorisation d'instruction dans la famille peut être contestée dans un délai de quinze jours à compter de sa notification écrite par les personnes responsables de l'enfant auprès d'une commission présidée par le recteur d'académie. ". L'article D. 131-11-11 du même code dispose : " La commission est présidée par le recteur d'académie ou son représentant. Elle comprend en outre quatre membres : / 1° Un inspecteur de l'éducation nationale ; / 2° Un inspecteur d'académie-inspecteur pédagogique régional ; / 3° Un médecin de l'éducation nationale ; / 4° Un conseiller technique de service social. / Ces membres sont nommés pour deux ans par le recteur d'académie. / Des membres suppléants sont nommés dans les mêmes conditions que les membres titulaires ". Aux termes de l'article D. 131-11-12 de ce code : " La commission siège valablement lorsque la majorité de ses membres sont présents. La commission rend sa décision à la majorité des membres présents. En cas de partage égal des voix, celle du président est prépondérante. La commission se réunit dans un délai d'un mois maximum à compter de la réception du recours administratif préalable obligatoire. La décision de la commission est notifiée dans un délai de cinq jours ouvrés à compter de la réunion de la commission ".
3. Les dispositions de l'article D. 131-11-10 du code de l'éducation précitées prévoient que la commission instituée pour statuer sur les recours dirigés contre les décisions de refus est présidée par le recteur d'académie es qualité. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme Catherine Fruchet, secrétaire générale adjointe de l'académie de Versailles, ait fait l'objet d'une décision spécifique de la rectrice d'académie la désignant comme sa représentante pour siéger à la commission académique et pour en assurer la présidence lors de la séance du 31 mai 2023, alors que l'arrêté du 22 mai 2023 de la rectrice d'académie fixant nominativement la composition des membres titulaires et suppléants de la commission académique, ne fait aucune mention de la possibilité pour la rectrice d'être représentée par Mme C. De plus, si la rectrice de l'académie de Versailles se prévaut en défense d'une délégation donnée à Mme C par un arrêté du 27 janvier 2023, il ressort des termes de cet arrêté que cette délégation, qui n'a été délivrée qu'en " cas d'empêchement du secrétaire général de l'académie, à effet de signer tous les actes relevant des attributions de la rectrice d'académie ", ne valait pas désignation régulière d'un fonctionnaire pour représenter la rectrice d'académie dans une commission qu'elle préside es qualité. Par suite, il y a lieu d'accueillir le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure résultant de l'incompétence de l'auteur de l'acte.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que Mme E et M. A sont fondés à demander l'annulation de la décision du 31 mai 2023 de la commission académique de l'académie de Versailles rejetant leur recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 19 avril 2023 par laquelle la rectrice de l'académie de Versailles a refusé de leur délivrer une autorisation d'instruire leur enfant B au sein de leur famille au titre de l'année 2023-2024.
Sur les conclusions en injonction et d'astreinte :
5. Compte tenu des motifs du présent jugement, il est enjoint au recteur de l'académie de Versailles de procéder au réexamen de la demande de Mme E et de M. A tendant à la délivrance d'une autorisation d'instruire leur enfant B au sein de leur famille au titre de l'année 2023-2024, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 800 euros à Mme E et M. A, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 31 mai 2023 de la commission académique de l'académie de Versailles rejetant le recours de Mme E et M. A dirigé la décision du 19 avril 2023 par laquelle la rectrice de l'académie de Versailles a refusé de leur délivrer une autorisation d'instruire leur enfant B au sein de leur famille au titre de l'année 2023-2024, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au recteur de l'académie de Versailles de procéder au réexamen de la demande de Mme E et de M. A dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 800 (mille huit cents) euros à Mme E et M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, à M. F A et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera délivrée au recteur de l'académie de Versailles.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Ouardes, président,
Mme Fejerdy, première conseillère,
M. de Miguel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
F-X de Miguel
Le président,
Signé
P. Ouardes
La greffière,
Signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026