vendredi 30 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2304831 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LEVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 juin 2023 M. B A, représenté par Me Marc-Antoine Levy, demande à la juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 7 avril 2023 par laquelle le Préfet de l'Essonne a refusé de faire droit à sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer une convocation afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 100 € par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est établie en raison de sa situation irrégulière au séjour, de la durée de sa présence en France et de la durée d'instruction de son dossier ayant entrepris des démarches depuis plus de 17 mois ;
la décision comporte des moyens propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision tirés de l'incompétence du signataire de la décision, l'insuffisance de motivation, de l'erreur de droit puisqu'il peut bénéficier d'un titre de séjour au titre d'une admission exceptionnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2023, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable aucune décision n'ayant été prise à son encontre puisqu'il lui a été demandé de redéposer une demande de titre de séjour et qu'il ne l'a pas fait ;
- la requête est irrecevable faute de recours au fond ;
- il ne justifie pas de l'existence d'une situation d'urgence.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le sous le numéro 2304830 par laquelle M. B A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mégret, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 28 juin 2023 à
9h30.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Gilbert, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Mégret, juge des référés,
- les observations de Me Levy, représentant M. A, présent, qui insiste sur la circonstance que lors de son rendez-vous, son dossier pour une demande d'admission exceptionnelle était complet et que le refus d'enregistrement de son dossier de demande a été pris alors qu'il a indiqué être en instance de divorce et que le jugement de divorce devait intervenir rapidement ; il ajoute que c'est à tort que le préfet considère qu'il s'agit d'une première demande, ayant entrepris des démarches auprès de la préfecture d'Amiens en 2019 après son mariage ; il fait également valoir que le préfet ne peut lui opposer qu'il ne relève pas des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que le refus de guichet est une décision faisant grief puisqu'il n'a pas pu déposer son dossier de demande de titre de séjour ; enfin, il insiste sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision, les moyens tirés de l'incompétence et de l'insuffisance de motivation étant fondés et sur l'urgence ayant entrepris depuis au moins 17 mois des démarches en vain.
- les observations de Me Briolin, la requête est irrecevable puisqu'il n'y a pas de décision de rejet mais seulement une invitation à reprendre un rendez-vous ; il n'y a pas d'urgence puisqu'il s'agit d'une 1ère demande alors qu'il est présent depuis 2017 et que cela ne l'empêche pas de travailler ayant un contrat à durée indéterminée ; enfin, il ne justifie pas de circonstance de nature à pouvoir se voir délivrer un titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle.
La clôture de l'instruction a été différée au 28 juin 2023 à 17h00.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant tunisien né le 8 septembre 1997, déclare être entré en France en 2017. Il a déposé une demande de rendez-vous afin de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour le 10 janvier 2022. Après avoir formé un référé mesures utiles le 15 février 2023, le préfet de l'Essonne lui a délivré une convocation. Lors de son passage au guichet, le 7 avril 2023, sa demande de titre de séjour n'a pas été enregistrée au motif qu'il ne relèverait pas de l'admission exceptionnelle au séjour. M. A demande à la juge des référés, sur le fondement le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
Sur les fins de non-recevoir opposée en défense :
3. Il résulte de l'instruction et ainsi qu'il a été dit au point 1, que M. A a été convoqué par les services préfectoraux le 7 avril 2023 pour déposer son dossier de demande de titre de séjour. Lors de son rendez-vous, l'agent de guichet lui a remis un refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour au motif que sa demande ne saurait relever de l'admission exceptionnelle au séjour et l'a invité à prendre un nouveau rendez-vous. Selon les dires du requérant, on lui aurait indiqué qu'il devait faire une demande de conjoint de français. Or, il n'est pas contesté que le requérant marié en 2019 était en instance de divorce et que le divorce a été prononcé le 5 avril 2023. Dès lors, le refus d'enregistrement constitue une décision faisant grief et la fin de non-recevoir du préfet ne peut être accueillie.
4. Il résulte également de l'instruction contrairement à ce que soutient le préfet que la requête au fond a été enregistrée avant la clôture de l'instruction. Cette fin de non-recevoir ne peut donc pas davantage être accueillie.
Sur la suspension de l'exécution de la décision attaquée :
En ce qui concerne l'urgence :
5. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme satisfaite lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
6. Le refus d'enregistrer la demande de titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle opposé à M. A à l'issue de son rendez-vous du 7 avril 2023, auprès des services de la préfecture de l'Essonne, fait obstacle à l'instruction du dossier de l'intéressé et à toute possibilité de régularisation de son séjour sur le territoire français alors que l'intéressé justifie avoir entrepris des démarches dès 2019 et avoir engagé auprès des services de la préfecture de l'Essonne des démarches depuis 18 mois. Dans ces circonstances, M. A qui s'efforce depuis au moins le 10 janvier 2022 d'obtenir l'enregistrement de sa demande et qui a déjà été contraint de saisir le juge des référés en application de l'article L. 521-3 du code de justice administratif pour obtenir le rendez-vous du 7 avril 2023, justifie ainsi d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
En ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux :
7. Les moyens tirés de l'incompétence du signataire de la décision de refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour et de l'insuffisance de motivation sont de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué.
Sur les conclusions en injonction :
8. En raison du motif qui la fonde, la suspension de l'exécution de la décision attaquée implique nécessairement, que le préfet de l'Essonne convoque dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance M. A afin qu'il déposer sa demande de titre de séjour. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir l'injonction d'astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Enfin, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E:
Article 1er : L'exécution de la décision de refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour de M. A du 7 avril 2023 est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Essonne de convoquer M. A afin qu'il puisse déposer sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à M. A sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au préfet de l'Essonne et au ministre de l'intérieur et des outremers.
Fait à Versailles, le 30 juin 2023
La juge des référés,
Signé
Sylvie Mégret
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2304831
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026