vendredi 28 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2305229 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL DIDIER LECOMTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 juin 2023 et le 24 juillet 2023,
Mme B, représentée par Me A Simard, demande à la juge des référés :
1°) d'enjoindre la commune de Limay de lui communiquer sans délai le rapport intégral de l'enquête administrative rédigé par le centre interdépartemental de gestion (CIG) de Versailles ainsi que tous les témoignages écrits ou oraux, sous astreinte de 100 € par jour de retard ;
2°) d'enjoindre à la commune de Limay de réexaminer la demande de protection fonctionnelle de Mme B dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir en prenant en considération la motivation de l'ordonnance n° 2304363 rendue le 13 juin 2023, sous astreinte de 100 € par jour de retard ;
3°) d'enjoindre à la commune de Limay de lui verser la somme de 800 € au titre de la condamnation aux frais irrépétibles, assortie des intérêts de droit, conformément à l'ordonnance n° 2304363 rendue le 13 juin 2023, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 100 € par jour de retard ;
4°) de rejeter l'ensemble des demandes de la commune de Limay, avec toutes conséquences de droit
5°) de mettre à la charge de la commune une somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le document dont la communication est demandée est un document administratif qui lui est communicable de plein droit ;
- les conditions d'urgence et d'utilité sont remplies puisque la communication du document demandé lui permettra de vérifier les dires de l'administration, et de demander en urgence au juge administratif des mesures de sauvegarde afin d'assurer sa protection sur son lieu de travail et d'engager, le cas échéant, la responsabilité de la commune pour obtenir réparation de son préjudice ;
- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2023, la commune de Limay, représentée par la SELARL Didier Lecomte, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme B de lui verser la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas établie dès lors que la requérante ne démontre pas l'urgence à obtenir le rapport intégral, qu'elle a été informée du résultat de l'enquête et qu'elle a refusé tout entretien et soutien psychologique ;
- la mesure est dépourvue d'utilité dès lors que la version synthétique du rapport a la même teneur que le rapport principal, et que la requérante ne démontre pas l'existence d'un préjudice ni les droits ou intérêts que le refus de communication du rapport intégral aurait méconnu ;
- le rapport de synthèse constitue, à lui seul, une contestation sérieuse et expose des mesures préconisées pour mettre un terme à la situation litigieuse de sorte que la mesure demandée fait obstacle à l'exécution d'une décision.
Vu :
- l'ordonnance n° 2304363 du juge des référés du 13 juin 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Sylvie Mégret, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande de communication :
1. Mme B, agent titulaire de la fonction publique territoriale, en poste au sein du conservatoire à rayonnement communal (CRC) de Limay exerce les fonctions d'assistant d'enseignement artistique de Limay depuis 1998. S'estimant victime de harcèlement moral de la part du directeur du conservatoire en poste depuis 2000, elle a le 27 janvier 2023, sollicité la protection fonctionnelle. Sa demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet dont l'exécution a été suspendue par le juge des référés du tribunal de céans le 13 juin 2023. Le même jour, la commune de Limay a refusé expressément de lui délivrer la protection fonctionnelle. Le 2 février 2023, la requérante a été informée de l'intervention d'une enquête administrative par le centre interdépartemental de gestion (CIG) grande couronne de Versailles au cours de laquelle la requérante a été entendue. Le rapport final du CIG a été transmis le 19 mai 2023 à la commune de Limay. Mme B a, le 6 juin 2023, demandé la communication intégrale du rapport de l'enquête administrative et non la version synthétique proposée par l'administration. Le rapport final complet ne lui sera pas communiqué. La requérante demande, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre la commune de Limay de lui communiquer sans délai le rapport intégral de l'enquête administrative.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale () ". Aux termes, cependant, de l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 dispose : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
3. D'une part, si le juge des référés, saisi sur le fondement de cette disposition, peut prescrire en cas d'urgence, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, c'est à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, et sous réserve qu'elles ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative. S'il peut en particulier ordonner, lorsque les conditions posées par l'article L. 521-3 sont réunies, la communication de documents administratifs, sans qu'il soit besoin que le requérant ait au préalable saisi la commission d'accès aux documents administratifs, les pouvoirs qu'il tient de ces dispositions ne peuvent le conduire à faire obstacle à l'exécution de la décision, explicite ou implicite, par laquelle l'autorité administrative a rejeté la demande de communication de documents qui lui a été présentée. Il en résulte qu'il appartient au juge des référés de rejeter la demande dont il est saisie sur le fondement de l'article
L. 521-3 dès lors qu'une telle décision est intervenue, que ce soit antérieurement à l'enregistrement de la demande ou en cours d'instance.
4. D'autre part, en vertu des articles R. 311-12 et R. 311-13 du code des relations entre le public et l'administration, le silence gardé par l'administration pendant un mois à compter de la réception d'une demande de communication de documents administratifs vaut décision implicite de rejet. En vertu de l'article L. 114-3 du code des relations entre le public et l'administration, le délai de formation d'une décision implicite de rejet part de la réception de la demande " par l'administration initialement saisie ".
5. D'une part, la requérante soutient que la communication de la version intégrale du rapport d'enquête administrative, notamment le rapport d'enquête et l'ensemble des témoignages écrits, est utile pour la procédure en cours relative au refus d'attribution de la protection fonctionnelle qui a fait l'objet d'une suspension par le juge des référés. Or, une demande présentée au juge des référés portant sur la communication de pièces utiles à la solution du litige est dépourvue d'utilité jusqu'à ce qu'il soit statué définitivement sur le litige, dès lors qu'un recours au fond a déjà été formé, comme c'est le cas en l'espèce. En outre, à supposer que le rapport d'enquête et sa communication ne soit pas invoquée dans la procédure relative au refus d'attribution de la protection fonctionnelle, et à supposer que la requérante entende introduire une action en responsabilité à l'encontre de la commune de Limay, il n'est pas établi que la communication immédiate de ces documents soit nécessaire à l'introduction d'un tel recours contentieux, eu égard à la faculté dont elle dispose, à l'appui d'un tel recours, de demander au juge d'user de ses pouvoirs généraux d'instruction pour exiger la production des pièces en cause. D'autre part, il résulte de l'instruction que, par courriel du 9 juin 2023, Mme B a demandé à la commune de Limay de lui communiquer la version intégrale du rapport d'enquête administrative, notamment le rapport d'enquête et l'ensemble des témoignages écrits. Or, à la date où le juge des référés statue, le silence conservé par la commune a fait naître une décision implicite de refus à l'exécution de laquelle l'injonction sollicitée ferait nécessairement obstacle.
6. Il résulte de ce qui précède que la mesure sollicitée ne présente pas les caractères d'utilité et d'urgence exigés par l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Dès lors, les conclusions de la requête de Mme B tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Limay de lui communiquer sans délai le rapport intégral de l'enquête administrative doivent être rejetées.
Sur les conclusions en injonction de réexamen de sa demande de protection fonctionnelle et de paiement des frais liés à la précédente instance en référé :
7. Les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Limay de réexaminer sa demande de protection fonctionnelle et de lui verser les frais liés ordonnées par l'ordonnance n° 2304363 du juge des référés du 13 juin 2023 sont irrecevables dans la présente affaire, ces conclusions relevant du juge de l'exécution ou du juge des référés en application de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions des parties sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la commune de Limay.
Fait à Versailles, le 28 juillet 2023.
La juge des référés,
Signé
S. Mégret
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026