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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2305276

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2305276

mardi 25 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2305276
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGALL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 juin 2023, A B, représenté par Me Gall, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui fixer un rendez-vous en vue du renouvellement de son attestation de demandeur d'asile, dans un délai de trois jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros, à verser à son conseil, en en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à défaut d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, la somme de 1 400 euros à son profit.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que, faute d'attestation de demande d'asile en cours de validité, il est privé du droit de se maintenir régulièrement sur le territoire français et est exposé à un risque d'éloignement ; en outre, l'OFII lui a notifié le

16 juin 2023, son intention de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficie, ce qui risque de le priver de ressources ; enfin, il ne peut lui être reproché de s'être placé

lui-même dans cette situation dès lors qu'il a sollicité par l'intermédiaire des travailleurs sociaux qui l'accompagnent, un rendez-vous en préfecture, qu'il n'a pas reçu les convocations, au demeurant irrégulières, émises par la préfecture, et que le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a confirmé qu'il ne pouvait être considéré comme étant en fuite ;

- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, aucun arrêté de transfert ne lui ayant été notifié ;

- la mesure sollicité est utile dès lors qu'il est dépourvu d'attestation de demande d'asile en cours de validité alors qu'ayant déposé un dossier de demande d'asile et ayant été placé en procédure Dublin, il remplit les conditions posées par l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juillet 2023, le préfet des Yvelines, représenté par Me Cano, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la mesure sollicitée fait obstacle à la décision prise par le préfet de non renouvellement de l'attestation de demande d'asile de l'intéressé.

Vu :

- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise n° 2305901 du 22 mai 2013 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-467 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Nicolas Chavet, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant afghan né le 2 avril 2003, a sollicité l'asile en France le 14 septembre 2022 et s'est vu remettre le même jour une attestation de demande d'asile en procédure Dublin valable jusqu'au 13 octobre 2022. M. B expose avoir depuis vainement sollicité un rendez-vous auprès du préfet des Yvelines en vue de renouveler cette attestation et demande, en conséquence, au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui fixer un rendez-vous en vue du renouvellement de son attestation de demandeur d'asile.

Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique :

" Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances particulières de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

4. Il ressort des pièces versées au dossier ainsi que des motifs de l'ordonnance susvisée rendue par le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise que, à la suite de la délivrance à M. B d'une attestation de demande d'asile valable jusqu'au

12 octobre 2022, le préfet des Yvelines l'a considéré en fuite au motif qu'il n'a pas déféré à des convocations en octobre 2022 et janvier 2023 et a décidé de ne pas renouveler son attestation de demande d'asile en application de l'article R. 573-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. Dès lors, les conclusions de M. B tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Yvelines de lui délivrer une telle attestation auraient pour effet de faire obstacle à l'exécution de la décision par laquelle le préfet des Yvelines l'a considéré en fuite et a décidé de ne pas renouveler son attestation de demande d'asile.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées. Il est de même des conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative qui s'opposent à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente affaire.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A B est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.

Fait à Versailles, le 25 juillet 2023.

Le juge des référés,

Signé

N. Chavet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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