LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2305578

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2305578

lundi 28 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2305578
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantSIDIBE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2023, M. D B demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 28 juin 2023 du préfet de l'Essonne portant refus de renouvellement de l'attestation de demande d'asile et l'obligeant à quitter le territoire français;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de l'admettre au séjour ou de réexaminer sa situation et de lui remettre une attestation de demande d'asile dans l'attente du réexamen de sa demande d'asile ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté est entaché d'un vice d'incompétence ;

- il est insuffisamment motivé et révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- il méconnaît les articles L. 313-11 7° et 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît " l'arrêté ministériel du 18 janvier 2008 et la circulaire de 2012 " ;

- il est entaché d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L.541-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnait les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 juillet 2023, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme Vincent pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 août 2023 :

- le rapport de Mme Vincent ;

- les observations de Me Sidibé, avocat désigné d'office, assisté de M. C, interprète en langue turque, représentant M. B, présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;

- les observations de M. B ;

- le préfet de l'Essonne n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D B, ressortissant turc né le 19 février 1993, est entré sur le territoire français le 9 septembre 2020, selon ses déclarations. Il a ensuite déposé une demande d'asile le 16 octobre 2020. Cette demande a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) par une décision du 15 janvier 2021, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 5 juillet 2021. Le 24 septembre 2021, il a formé une première demande de réexamen, rejetée par l'OFPRA pour irrecevabilité le 29 septembre 2021. Le 17 mars 2022, il a formé une deuxième demande de réexamen, jugée recevable par l'OFPRA mais rejetée par décision du 6 juillet 2022, décision confirmée ensuite par la CNDA le 29 septembre 2022.

2. Par un arrêté du 28 juin 2023 dont il demande l'annulation, le préfet de l'Essonne a ensuite refusé de renouveler son attestation de demande d'asile et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".

4. M. B, qui a présenté sa requête sans avoir recours à un avocat, a bénéficié lors de l'audience de l'assistance de l'avocat de permanence désigné par le bâtonnier. Le requérant n'a pas indiqué vouloir renoncer au bénéfice de cette commission d'office. Par suite, il n'y a pas lieu d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans le cadre de la présente instance.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. En premier lieu, par un arrêté n°2023-PREF-DCAPPAT-BCA-091 du 17 mai 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial n°57 de la préfecture de l'Essonne du 17 mai 2023, le préfet de l'Essonne a donné délégation à M. A F, chef du bureau de l'asile, pour signer les décisions contenues dans l'arrêté attaqué, en cas d'absence ou d'empêchement de M. G E, directeur de l'immigration et de l'intégration. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

6. En deuxième lieu, si le requérant allègue que l'arrêté attaqué n'est pas suffisamment motivé et est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation, il n'assortit ces deux moyens d'aucun élément permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, l'arrêté attaqué mentionne les circonstances de droit et de fait qui le fonde et ne révèle pas de défaut d'examen personnel de sa situation. Par suite, les deux moyens doivent être écartés.

7. En troisième lieu, le requérant soutient que l'arrêté attaqué méconnaît les articles L.313-11 7° et 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile devenus, depuis leur recodification le 1er mai 2021, les articles L.423-23 et L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ces moyens ne sont assortis d'aucun élément permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ils doivent être écartés.

8. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs, il en est de même des moyens tirés de la méconnaissance " de l'arrêté ministériel du 18 janvier 2008 et de la circulaire de 2012 ".

9. En cinquième lieu, d'une part, aux termes de l'article L.542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque le droit au maintien sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 ou L. 542-2, l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé.

Les conditions de refus, de renouvellement et de retrait de l'attestation de demande d'asile sont fixées par décret en Conseil d'Etat ".

10. D'autre part, aux termes de l'article L. 542-3 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ".

11. En l'espèce, il n'est pas contesté que la demande d'asile du requérant a été rejetée en dernier lieu par l'OFPRA dans sa décision du 6 juillet 2022, confirmée par la CNDA par décision du 29 septembre 2022, notifiée le 11 octobre 2022. Si le requérant a introduit une troisième demande de réexamen devant l'OFPRA, il ressort des pièces du dossier que cette demande a été introduite le 6 juillet 2023 soit postérieurement à la date de l'arrêté attaqué. Au surplus, elle a été rejetée par l'OFPRA par décision du 13 juillet 2023. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

12. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

13. Si le requérant allègue qu'il possède de nombreuses attaches familiales en France, il ne produit aucun élément de nature à démontrer leur existence alors qu'il n'est pas contesté qu'il est célibataire et sans charge de famille. Il ne justifie par ailleurs d'aucune insertion particulière sur le territoire français. Par ailleurs, il n'est pas contesté qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, en obligeant le requérant à quitter le territoire français, le préfet n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a pris cette décision et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

14. En dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

15. Le requérant soutient qu'il encourt des risques de persécution en cas de retour en Turquie, en raison de son militantisme pour la cause kurde. Il produit au soutien de ses allégations des éléments démontrant qu'il est accusé dans son pays d'origine d'être membre de l'organisation FETÖ/DPY considérée comme terroriste par les autorités turques, qu'un ordre d'arrestation a été émis à son encontre le 9 avril 2022 pour un crime commis le 10 décembre 2021 et qu'une perquisition a eu lieu au domicile de ses parents le 10 avril 2022. Toutefois, à supposer ces éléments avérés alors qu'il déclare par ailleurs être entré sur le territoire français le 9 septembre 2020, il ne produit aucun élément de nature à établir l'existence de risques de traitement contraire à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. De plus, il ressort du point 11 du présent jugement que sa demande d'asile a été rejetée à plusieurs reprises par l'OFPRA et la CNDA, y compris postérieurement à ces évènements, l'OFPRA ayant rejeté par ailleurs et en dernier lieu sa demande de réexamen le 13 juillet 2023 pour irrecevabilité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.

16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : M. B n'est pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D B est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet de l'Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 août 2023.

La magistrate désignée,

signé

L. Vincent La greffière,

signé

E. Amegee

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2305578

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions