mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2305809 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SEBAN ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une demande et des mémoires enregistrés le 18 octobre 2022, le 20 juillet 2023, le 14 septembre 2023, le 27 octobre 2023 et un mémoire, non communiqué, enregistré le 22 février 2024, M. B C demande au tribunal administratif :
1°) d'enjoindre à la commune de Savigny-sur-Orge de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 2005452 du 9 juin 2022 par lequel le tribunal a annulé la décision implicite de la commune refusant de lui communiquer les documents visés au point 9 de ce jugement et de publier en ligne ceux mentionnés en son point 11, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
2°) d'ordonner une expertise aux fins de déterminer les possibilités de récupération et d'exploitation des documents informatiques corrompus détenus par la commune de Savigny-sur-Orge.
Il soutient que la commune de Savigny-sur-Orge n'a pas exécuté le jugement du tribunal administratif, celle-ci ne lui ayant pas communiqué, ni mis en ligne les documents dont le tribunal a ordonné la communication par le jugement susvisé.
Par une ordonnance du 19 juin 2023, la présidente du tribunal a décidé de l'ouverture d'une procédure juridictionnelle d'exécution.
Par deux mémoires, enregistrés le 25 août 2023 et le 27 septembre 2023, la commune de Savigny-sur-Orge, représentée par Me Aderno, oppose une fin de non-recevoir aux conclusions à fin d'expertise tirée de ce qu'elles seraient dépourvues d'utilité, conclut à ce qu'un non-lieu à statuer soit prononcé sur les conclusions à fin d'exécution du jugement et que soit mis à la charge de M. C une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bartnicki,
- les conclusions de Mme Mathé, rapporteure publique,
- et les observations de Me Chevandier, substituant Me Aderno, représentant la commune de Savigny-sur-Orge.
Une note en délibéré, présenté par M. C, a été enregistrée le 23 avril 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, a demandé le 18 octobre 2019 au maire de la commune de Savigny-sur-Orge (Essonne) de lui communiquer l'ensemble des documents achevés entre le 19 juillet 2016 et le 31 décembre 2016, élaborés par Mme D A, dans le cadre de son emploi de chargée de mission afin de conduire et d'évaluer les politiques publiques menées par la commune, et de publier sur un support internet librement accessible l'intégralité de ces documents. En l'absence de réponse, M. C a saisi, le 20 janvier 2020, la commission d'accès aux documents administratifs, qui a émis, le 4 juin 2020, un avis favorable à sa demande de communication et de publication en ligne des documents en cause. Par un jugement n° 2005452 du 9 juin 2022, le tribunal administratif de Versailles a annulé la décision de refus née du silence gardé pendant deux mois par l'administration à compter de l'enregistrement de la demande d'avis par la commission d'accès aux documents administratifs et a enjoint à la commune de Savigny-sur-Orge de communiquer à M. C les documents mentionnés au point 9 et de publier en ligne ceux mentionnés au point 11, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement. Par sa requête, M. C demande au tribunal de prescrire toute mesure nécessaire aux fins d'obtenir l'exécution du jugement rendu par le tribunal le 9 juin 2022 sous le n° 2005452.
Sur les conclusions aux fins d'exécution du jugement n°2005452 :
2. M. C soutient que le jugement du 9 juin 2022 n'a pas été entièrement exécuté dès lors que l'ensemble des documents achevés entre le 19 juillet 2016 et le 31 décembre 2016, élaborés par Mme D A, dans le cadre de son emploi de chargée de mission afin de conduire et d'évaluer les politiques publiques menées par la commune ne lui ont pas été communiqués et n'ont pas été mis en ligne.
En ce qui concerne la communication des documents à M. C :
3. Il résulte de l'instruction et des écritures mêmes du requérant que celui-ci a été destinataire d'un courrier en date du 23 décembre 2019, contenant cent trente-trois pages de documents élaborés par Mme A au cours de l'année 2016 et la commune soutient, sans que cela ne soit sérieusement contesté, alors que M. C ne précise pas quels documents soumis à l'injonction de communication en vertu du jugement n° 2005452 du 9 juin 2022 ne lui aurait pas été transmis, qu'il s'agit de l'ensemble des documents en sa possession. Ainsi, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que l'administration serait en possession d'autres documents que ceux pour lesquels ces mesures d'exécution ont été prises, la commune de Savigny-sur-Orge doit être regardée comme ayant pris les mesures permettant d'assurer l'exécution de ce jugement dès le 23 décembre 2019. Toutefois, ce n'est que par un courrier du 1er décembre 2022, soit postérieurement à l'enregistrement de la demande du requérant au tribunal, que la commune de Savigny-sur-Orge l'a informé que les documents transmis le 23 décembre 2019 constituaient l'intégralité des documents en sa possession. Ainsi, la demande de M. C tendant à ce que le tribunal prescrive les mesures nécessaires à l'exécution de sa décision et assortisse cette injonction d'une astreinte doit être regardée comme ayant perdu son objet et non comme irrecevable. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.
En ce qui concerne la mise en ligne des documents :
4. Le requérant soutient que la commune de Savigny-sur-Orge n'a pas publié l'ensemble des documents concernés sur son site internet, dès lors que seulement soixante-trois pages de pièces ont été publiées sur celui-ci en 2023, alors que centre-trois pages lui avaient été communiquées. La commune fait toutefois valoir qu'elle n'a pu mettre en ligne qu'une partie des documents communiqués à M. C. Il résulte en effet de l'instruction que certains de ces documents enregistrés informatiquement sont corrompus et ne peuvent ainsi ni être ouverts, ni publiés en ligne. L'obligation de publier ces documents ne saurait s'étendre à ces documents que la commune de Savigny-sur-Orge est dans l'impossibilité matérielle de produire et dont la perte doit être regardée comme établie dès lors qu'il n'est pas établi que la commune les aurait endommagés volontairement. Il s'ensuit que les conclusions aux fins d'exécution du jugement n° 2005452 du 9 juin 2022 présentées par M. C concernant la publication en ligne des documents achevés entre le 19 juillet 2016 et le 31 décembre 2016, élaborés par Mme D A, dans le cadre de son emploi de chargée de mission afin de conduire et d'évaluer les politiques publiques menées par la commune sont devenues sans objet. Par suite, il n'a pas lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Savigny-sur-Orge, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. C demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C la somme que demande la commune de Savigny-sur-Orge sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'exécution du jugement n° 2005452 du 9 juin 2022 en tant qu'il a enjoint à la commune de Savigny-sur-Orge de prendre les mesures qu'implique l'exécution de ce jugement en communiquant à M. C les documents mentionnés au point 9 et en publiant en ligne les documents mentionnés en son point 11.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Savigny sur Orge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Savigny sur Orge.
Copie en sera adressée à la commission d'accès aux documents administratifs et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 23 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président,
Mme Bartnicki, première conseillère,
Mme Ghiandoni, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé
A. Bartnicki
Le président,
Signé
R. FéralLa greffière,
Signé
V. Retby
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026