lundi 31 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2305821 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | AARPI DS AVOCATS - PARIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 juillet 2023, l'Etablissement public d'aménagement (EPA) Paris-Saclay, représenté par Me Frédéric Levy, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner l'expulsion, sans délai, de tous les occupants installés sans droit ni titre sur la parcelle cadastrée section CP n° 108, située Quartier A à Gif-sur-Yvette, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) d'ordonner qu'à défaut de l'avoir libérée dans le temps imparti, les occupants sans droit ni titre de la parcelle concernée pourront être expulsés, sans délai et à leurs frais, avec le concours de la force publique ;
3°) de mettre à la charge des défendeurs la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est établie dès lors que l'occupation illégale de la parcelle, acquise par transfert de foncier dépendant du domaine public de l'Etat et incluse dans le périmètre de la zone d'aménagement concertée A, créée par arrêté du 28 janvier 2014, porte atteinte à son droit de propriété ; par ailleurs, l'installation illégale et non conforme aux règles élémentaires de sécurité des dispositifs de raccordements aux réseaux d'eau et d'électricité porte atteinte à l'ordre public et à la sécurité publique ;
- l'utilité de la mesure est établie pour les mêmes motifs que ceux justifiant l'urgence ;
- la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
La requête a été communiquée, par la voie administrative, aux occupants sans droit ni titre du terrain en cause, lesquels n'ont pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Milon, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience tenue le 27 juillet 2023 à 10h30, en présence de M. Rossini, greffier d'audience, Mme Milon a lu son rapport et entendu les observations de Me Lefebvre, représentant l'EPA Paris-Saclay, qui maintient les conclusions et moyens de la requête, les occupants sans droit ni titre du terrain n'étant ni présents, ni représentés.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir, en cas d'urgence et d'utilité, d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public.
2. Il résulte de l'instruction, notamment du procès-verbal de constat établi par huissier le 28 juin 2023, que des membres de la communauté des gens du voyage se sont installés, sans droit ni titre, sur la parcelle cadastrée section CP n° 108, qui est située dans le quartier dit A sur le territoire de la commune de Gif-sur-Yvette, et qui longe les terrains de sport. Il n'est pas contesté que ce terrain, accessible au public, appartient au domaine public de l'établissement requérant et il ne résulte pas de l'instruction que ce litige échapperait manifestement à la compétence du juge administratif.
3. Il résulte, par ailleurs, du procès-verbal de constat d'huissier que la parcelle était occupée, à cette date, par neuf caravanes et leurs propriétaires. Il en ressort également que, pour permettre l'alimentation électrique du campement, les occupants ont réalisé des branchements sauvages, au moyen de multiples câbles électriques non sécurisés, posés à même le sol et parcourant, à certains endroits, une végétation dense, ce, jusqu'au poste de distribution électrique destiné à alimenter les besoins en éclairage de l'un des terrains de sport, ce qui entraîne un risque important d'électrocution et d'incendie. Il ressort également des constatations faites par l'huissier que des lave-linges sont installés directement sur le terrain, ainsi qu'un barbecue. Les caravanes sont, en outre, raccordées à un hydrant localisé sur le côté de la voie bétonnée menant à la route départementale 128, et il ne résulte pas de l'instruction que ce raccordement au service de distribution en eau aurait fait l'objet d'une quelconque autorisation. Par suite, et compte tenu des risques que comporte pour la sécurité publique l'existence de ce campement, l'expulsion de ses occupants présente à la fois un caractère d'urgence et d'utilité.
4. L'EPA Parsi-Saclay, dont il n'est pas contesté qu'il ne dispose d'aucune autre voie de droit pour obtenir l'expulsion des occupants sans droit ni titre de son domaine public, est ainsi fondé à demander au juge des référés l'expulsion de ces derniers, assortie, le cas échéant, du concours de la force publique en cas d'inexécution de cette mesure. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à tous les occupants sans droit ni titre de la parcelle cadastrée section CP n° 108, située dans le quartier A à Gif-sur-Yvette, de l'évacuer, dans un délai de 48 heures. Passé ce délai, l'expulsion des intéressés pourra se faire avec le concours de la force publique. Il n'y a, en revanche, pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par l'EPA Paris-Saclay sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à tous les occupants sans droit ni titre de la parcelle cadastrée section CP n° 108, située quartier A à Gif-sur-Yvette, de l'évacuer, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : En cas d'inexécution de l'injonction prévue à l'article 1er ci-dessus, l'EPA Paris Saclay sera autorisé à requérir le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion des occupants sans droit ni titre.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à l'EPA Paris Saclay et aux occupants sans droit ni titre de la parcelle cadastrée section CP n° 108, située Quartier A à Gif-sur-Yvette.
Fait à Versailles, le 31 juillet 2023.
La juge des référés,
A. Milon
Le greffier,
C. Rossini
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026