vendredi 22 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2305868 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | ACHACHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 30 mai et 23 août 2023, M. C A, représenté par Me Achache, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent en fonction de son lieu de résidence de lui délivrer une carte de séjour " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 435-1 du CESEDA dans un délai d'un mois et une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail ;
4°) à titre subsidiaire d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder à l'examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer un récépissé avec autorisation de travail ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision portant obligation de quitter le territoire a été prise en violation de l'article L. 611-3 du CESEDA, selon lequel l'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans, car il est entré en France en 2005, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en l'absence de risque grave de menace à l'ordre public justifiant l'atteinte au droit au respect de sa vie privée et familiale, est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, compte tenu de ses attaches stables et intenses en France, de son insertion en France et de l'absence d'attaches dans son pays d'origine ;
- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire est illégale du fait de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, de son défaut de motivation et de l'erreur manifeste d'appréciation dont elle est entachée ;
- la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français est illégale du fait qu'elle repose sur une obligation de quitter le territoire français entachée d'illégalité et est dénuée de toute motivation satisfaisante ; elle est également illégale car portant une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale ;
Par un mémoire enregistré le 17 août 2023, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
M. A a produit de nouvelles pièces par un mémoire enregistré le 31 août 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n°91-647 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné Mme D, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendue au cours de l'audience publique du 6 septembre 2023, qui s'est tenue en présence de Mme Amegee, greffière :
- le rapport de Mme D,
- les observations de Me Achache, avocat représentant les intérêts de M. A, qui reprend ses écritures et qui ajoute qu'il a beaucoup d'attaches sur le territoire français où il est présent depuis l'âge de 8 ans et qu'ainsi le préfet a méconnu l'article L. 611-3 du CESEDA, qui fait interdiction à l'administration de prononcer une OQTF à l'encontre d'un résident habituel en France depuis l'âge de 13 ans ;
- le préfet de Seine-et-Marne n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant mauritanien, né le 11 juin 1997, demande l'annulation de l'arrêté en date du 15 mai 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; ".
5. M. A soutient qu'il est entré en France à l'âge de 8 ans où il a suivi sa scolarité et qu'il ne pouvait eu égard aux dispositions précitées faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Toutefois, si l'intéressé produit des documents établissant sa présence en France durant sa scolarité en France pour les années 2005 à 2015, il ne produit aucun document probant établissant sa résidence habituelle en France pour les années 2016-2021, se bornant à produire une attestation de l'association Têtes grêlées en date du 23 juin 2022 laquelle indique, sans aucune précision, que M. A a participé aux actions solidaires de l'association depuis 4 ans, une attestation de l'association A travers la Ville du 29 juin 2022 certifiant qu'elle procède à un accompagnement individuel de l'intéressé depuis décembre 2021 et mentionnant sa participation à des activités de l'association entre 2011 et 2016, et une attestation en date du 23 janvier 2023 du directeur de l'antenne jeunesse de Pantin qui certifie, de manière très générale, " avoir accueilli au sein de la structure M. C né le 11/06/1997 durant son adolescence " et que M. C A " a régulièrement participé aux projets et à la vie de la structure ". Par ailleurs, si en indiquant dans ses écritures que les faits pour lesquels il a été condamné datent de 2019, M. A entend soutenir qu'il résidait en France en 2019, il ne produit aucun document pour les années 2016-2019. Dans ces conditions, M. A ne justifie pas de la continuité de son séjour en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit donc être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et des libertés d'autrui ".
7. En l'espèce, M. A se prévaut de sa très longue présence sur le territoire français, de celle de sa mère, qui a obtenu le statut de réfugié, et de celle de ses frères et sœur, de nationalité française. Il fait également valoir qu'il vit en concubinage avec Mme B, titulaire d'un titre de séjour, dont il a deux enfants. Toutefois, pour établir sa vie commune avec Mme B, M. A se borne à produire, d'une part une attestation de Mme B elle-même, d'autre part, une attestation d'EDF en date du 22 août 2023 selon laquelle M. A et Mme B sont actuellement titulaires d'un contrat. Par ailleurs, il est constant que M. A n'a pas reconnu les deux enfants de Mme B, nés, respectivement, le 8 juin 2021 et le 14 mai 2022. Enfin, il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné le 14 septembre 2021 par jugements du tribunal correctionnel de Nanterre à 2 et 5 mois d'emprisonnement pour des faits de détention non autorisée de stupéfiants, de transport et d'acquisition non autorisés de stupéfiants, de conduite d'un véhicule sans permis, puis, le 28 mars 2022, à 12 mois d'emprisonnement par jugement du tribunal correctionnel de Bobigny, notamment, de récidive de transport et détention non autorisés de stupéfiants, de récidive d'offre ou cession non autorisée de stupéfiants. Dans ces conditions, compte tenu de la gravité des faits d'infraction à la législation sur les stupéfiants commis, en récidive, par M. A, le préfet de Seine-et-Marne n'a pas, en obligeant M. A, qui n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Mauritanie où réside son père, à quitter le territoire français, porté une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale et n'a ainsi pas méconnu les stipulations précitées. Pour le même motif, il n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation de l'intéressé.
8. M. A n'est donc pas fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
9. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ;". Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code, " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ;(). 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet."
10. En premier lieu, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision par laquelle le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français.
11. En deuxième lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il est fait application, notamment le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. A, ainsi que les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français, pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire, pour fixer le pays de renvoi et pour lui interdire le retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté.
12. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné le 14 septembre 2021 par jugement du tribunal correctionnel de Nanterre à deux mois d'emprisonnement pour détention non autorisée de stupéfiants, récidive et transport non autorisé de stupéfiants, récidive et conduite d'un véhicule sans permis, puis, le 14 septembre 2021, à 12 mois d'emprisonnement par jugement du tribunal correctionnel de Bobigny, pour refus de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques intégrés dans un fichier de police par personne soupçonnée de crime ou délit, récidive et infraction à une interdiction de séjour, fréquentation d'un lieu interdit, récidive et transport non autorisé de stupéfiants, récidive et détention non autorisée de stupéfiants, récidive et offre ou cession non autorisée de stupéfiants, récidive et acquisition non autorisée de stupéfiants, récidive et refus de se soumettre au prélèvement biologique destiné à l'identification de son empreinte génétique par une personne soupçonnée d'infraction entraînant l'inscription au FNAEG, récidive et refus de remettre aux autorités judiciaires ou de mettre en œuvre la convention secrète de déchiffrement d'un moyen de cryptologie, récidive. Ainsi, M. A, dont le comportement dénote une absence totale de volonté d'intégration dans la société française, en dépit des condamnations dont il a fait l'objet, constitue, notamment par la réitération des faits particulièrement graves d'infraction à la législation sur les stupéfiants qu'il a commis, une menace grave et récurrente à l'ordre public. Enfin, il existe un risque que M. A, qui ne justifie ni d'un travail ni d'un domicile certain, et qui, ainsi qu'il vient d'être dit, a refusé systématiquement de se soumettre à des opérations de relevés signalétiques intégrés dans un fichier de police par personne soupçonnée de crime ou délit, ainsi qu'au prélèvement biologique destiné à l'identification de son empreinte génétique, se soustraie à la mesure d'éloignement en cause. Dès lors, en l'absence de circonstances particulières de nature à y faire obstacle, il y a lieu de regarder comme établi le risque que M. A se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français. Dans ces conditions, en refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, le préfet de Seine-et-Marne n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré d'une erreur d'appréciation ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que, " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code, " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
14. En premier lieu, il ressort des termes mêmes de l'arrêté que le préfet a retenu l'ensemble des quatre critères qu'il devait prendre en compte pour motiver le délai de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. A, à savoir la durée de sa présence en France, la nature et l'ancienneté de ses liens sur le territoire et la menace qu'il représente pour l'ordre public. Par suite, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans prise à l'encontre du requérant est suffisamment motivée.
15. En second lieu, eu égard aux circonstances indiquées au point 12 du présent jugement, M. A, qui n'a jamais cherché à avoir des ressources légales en France et persiste dans un comportement délictueux d'infractions à la législation sur les stupéfiants en dépit des condamnations dont il a fait l'objet, représente un grave danger pour la société française. Dans ces conditions, M. A ne peut se prévaloir en l'espèce de l'existence de circonstances humanitaires. Par suite le préfet de Seine-et-Marne, en fixant à trois ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français infligée au requérant, n'a méconnu ni le droit de celui-ci au respect de sa vie privée et familiale, ni les dispositions précitées de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas davantage entaché cette décision d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions. Enfin, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision par laquelle le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français
16. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 15 mai 2023 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
17. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte présentées par le requérant ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
18. L'Etat n'étant, dans la présente instance, ni la partie perdante, ni celle tenue aux dépens, ces conclusions ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2023.
La magistrate désignée,
signé
Ch. D La greffière,
signé
E. Amegee
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026