mardi 25 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2305966 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LACOURTE RAQUIN TATAR |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré et un mémoire, enregistrés les 21 juillet et 4 décembre 2023, le préfet de l'Essonne demande au tribunal d'annuler la décision du 23 janvier 2023 par laquelle le maire de la commune de Janvry a opposé un sursis à statuer à la déclaration préalable déposée le 2 janvier 2023 par M. C.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, en ce que le sursis à statuer n'est pas justifié ;
- le projet, qui consiste en une simple division parcellaire, sans projet d'aménagement porté par la commune, n'empêche en rien l'exécution du futur plan local d'urbanisme (PLU) ;
- le maire ne pouvait refuser un projet qui serait incompatible avec un PLU qui n'a pas encore été approuvé ;
- la largeur de l'accès au terrain d'assiette du projet répond aux exigences du PLU en vigueur, et le projet est par ailleurs conforme aux objectifs du plan d'aménagement et de développement durable (PADD).
Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 octobre 2023 et 13 mai 2024, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, la commune de Janvry, représentée par Me Guinot et Me Gauthier, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'Etat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les moyens soulevés par le préfet de l'Essonne ne sont pas fondés ;
- le projet est de nature à compromettre l'exécution du futur PLU, dès lors qu'il méconnaît l'article UB 4 du projet de règlement relatif à l'implantation des constructions, ainsi que l'article UB 8.1 relatif à la largeur de la voie d'accès ;
- il méconnaît l'article UB 11 du futur PLU et entre en contradiction avec l'orientation 2.1 du PADD.
Par un mémoire, enregistré le 17 octobre 2023, M. et Mme C ont présenté des observations.
Par une ordonnance du 26 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 mai 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Caron, première conseillère,
- les conclusions de Mme B, rapporteure-publique,
- et les observations de Me Petitjean, pour la commune de Janvry.
Considérant ce qui suit :
1. Le 2 janvier 2023, M. C a déposé une déclaration préalable en vue de la division d'un terrain en deux lots dont un à bâtir, sur les parcelles cadastrées D375, 380, 386 et 393 situées au 1 route de la Baronnerie à Janvry. Par une décision du 23 janvier 2023, dont le préfet de l'Essonne demande l'annulation, le maire de Janvry a sursis à statuer sur cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les motifs de la décision attaquée :
2. Aux termes de l'article L. 424-1 du code l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. / Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 121-22-3, L. 121-22-7, L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. () ". Aux termes de l'article L. 153-11 du même code : " () L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durables ". Un sursis à statuer ne peut être opposé à une déclaration préalable, sur le fondement de ces dispositions, postérieurement au débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable (PADD), qu'en vertu d'orientations ou de règles que le futur plan local d'urbanisme pourrait légalement prévoir et à la condition que la construction, l'installation ou l'opération envisagée soit de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse son exécution.
3. En se bornant à retenir, pour décider de sursoir à statuer sur la déclaration préalable déposée par M. C, que son projet " sera impacté par les nouvelles règles du plan local d'urbanisme (PLU) ", et que sa réalisation dans le temps " sera modifiée du fait de l'approbation du nouveau PLU ", sans faire état de ce que l'opération envisagée par le pétitionnaire serait de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur PLU, le maire de Janvry a entaché sa décision d'une erreur de droit au regard de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme.
4. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état du dossier, aucun autre moyen n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision attaquée.
En ce qui concerne la demande de substitution de motifs :
5. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
6. Aux termes de son mémoire en défense, la commune de Janvry soutient que le projet en litige est de nature à compromettre l'exécution du futur PLU, dès lors qu'il méconnaît les articles UB 4, UB 8.1 et UB 11 du futur règlement, et qu'il entre en contradiction avec l'orientation 2.1 du PADD.
7. Le certificat d'urbanisme délivré sur le fondement du a) de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme a pour effet de garantir à son titulaire un droit à voir toute demande d'autorisation ou de déclaration préalable déposée dans le délai indiqué examinée au regard des règles d'urbanisme applicables à la date de la délivrance du certificat. Parmi ces règles figure la possibilité, lorsqu'est remplie, à la date de délivrance du certificat, la condition mentionnée à l'article L. 153-11 du même code, d'opposer un sursis à statuer à une déclaration préalable ou à une demande de permis concernant un projet qui serait de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan. L'omission de la mention d'une telle possibilité dans le certificat d'urbanisme ne fait pas obstacle à ce que l'autorité compétente oppose un sursis à statuer à une déclaration préalable ou à une demande de permis ultérieure concernant le terrain objet du certificat d'urbanisme.
8. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un projet de règlement était déjà formalisé à la date de la décision de sursis à statuer attaquée, ni d'ailleurs à la date du 24 juin 2022 à laquelle M. C s'est vu délivrer un certificat d'urbanisme, le projet de règlement versé aux débats par la commune étant daté du 13 avril 2023. La décision de sursis à statuer ne pouvait ainsi pas être fondée sur des règles qui n'étaient pas connues à la date de délivrance du certificat d'urbanisme à M. C. Par suite, les motifs tirés de la méconnaissance des dispositions des articles UB 4, UB 8.1 et UB 11 du futur règlement du PLU ainsi que du caractère du sous-secteur UBb ne sont, en tout état de cause, pas de nature à fonder légalement la décision litigieuse.
9. En second lieu, l'orientation 2.1 du PADD vise à " autoriser une intensification au sein des zones urbanisées, pour permettre des évolutions du tissu existant, et des constructions nouvelles au sein des quartiers avec des " dents creuses " (parcelles non bâties, possibilités de division et de construction, sites de requalification, délaissés) ", tout en maitrisant et organisant cette densification " afin de préserver une cohérence urbaine avec l'existant ". Ainsi que le fait valoir le préfet, le projet de division en litige, qui va dans le sens de la densification du tissu urbain existant, n'entre pas en contradiction avec les orientations du futur PLU telles que définies dans le PADD, qui vise précisément les divisions de terrain comme modalité pour atteindre cet objectif. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que la division du terrain en deux lots dont un à bâtir, d'une superficie respective de 697 m2 et de 650 m2, soit de nature à porter atteinte à la cohérence de la trame bâtie existante que le PADD vise à préserver. Le projet n'est donc pas de nature à compromettre l'exécution du futur PLU. Par suite, ce motif n'est pas davantage de nature à fonder légalement la décision litigieuse.
10. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y pas lieu d'accueillir la demande de substitution de motifs présentée par la commune de Janvry.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la décision du 23 janvier 2023 doit être annulée.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Janvry demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 23 janvier 2023 par laquelle le maire de la commune de Janvry a sursis à statuer sur la déclaration préalable déposée par M. C est annulée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Janvry au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la préfète de l'Essonne, à la commune de Janvry et à M. et Mme A C.
Délibéré après l'audience du 11 juin 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Boukheloua, présidente,
Mme Caron, première conseillère,
M. Maljevic, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.
La rapporteure,
signé
V. Caron
La présidente,
signé
N. Boukheloua
La greffière,
signé
B. Bartyzel
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026