jeudi 10 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2305986 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CHAUVIN-HAMEAU-MADEIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 21 et 25 juillet 2023, M. A B, représenté par Me Chauvin-Hameau-Madeira, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 19 avril 2023 par laquelle le préfet de l'Essonne a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de 7 jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2000 euros à verser à son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l'État versée au titre de l'aide juridictionnelle ou, en cas de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son profit de la même somme, sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que le refus d'enregistrer sa demande a eu pour effet de le placer en situation de séjour irrégulier, d'entrainer la suspension de son contrat de travail et donc de le priver de tout revenu ;
- sa requête aux fins d'annulation est recevable dès lors qu'il a déposé un dossier complet de demande de changement de statut en vue de la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de cette décision dès lors qu'elle a été prise par un agent dont la compétence n'est pas établie ; elle est en outre entachée d'un défaut de motivation et d'examen sérieux de sa situation ; elle est également entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'une autorisation de travail n'est pas exigée dans le cadre de l'admission exceptionnelle au séjour ; elle est enfin entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il justifie de motifs exceptionnels du fait notamment de la durée de sa présence en France et de sa bonne insertion, en particulier sur le plan professionnel.
Par un mémoire enregistré le 7 août 2023, le préfet de l'Essonne, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors, d'une part, qu'il n'existe aucune décision de refus prise à l'encontre du requérant et, d'autre part, que ce dernier n'établit pas avoir introduit une requête au fond dans les délais impartis ;
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que sa demande de renouvellement de titre de séjour n'a pas été introduite dans les délais impartis, qu'il n'a pas déposé de nouvelle demande d'autorisation de travail, comme il a été invité à le faire et que son contrat de travail est toujours en cours à la date de l'enregistrement de la requête et de l'audience.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête en annulation.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Amar-Cid, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 8 août 2023, tenue en présence de M. Rossini, greffier, ont été entendus :
- le rapport de Mme Amar-Cid, juge des référés ;
- les observations de Me Arvay, substituant Me Chauvin-Hameau-Madeira, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et ajoute, s'agissant de l'urgence, que son contrat de travail a d'ores et déjà été suspendu à la réception du courrier de son employeur et sera rompu si sa situation administrative n'est pas régularisée d'ici le 31 août 2023 ; il existe bien une décision administrative lui faisant grief dans la mesure où il a déposé un dossier complet ; sa requête au fond a été introduite dans le délai raisonnable d'un an qui lui était imparti, le courrier du 19 avril 2023 ne mentionnant pas les voies et délais de recours ; il ne saurait lui être reproché le caractère tardif de sa demande de renouvellement de titre de séjour, compte tenu des délais auxquels font face les étrangers dans le département de l'Essonne pour obtenir un rendez-vous en préfecture ;
- les observations de M. B qui indique que son employeur n'a, à sa connaissance, pas été sollicité par le service de la main d'œuvre étrangère de la préfecture de l'Essonne en vue de compléter sa demande d'autorisation de travail et n'a pas formé de nouvelle demande d'autorisation de travail dans la mesure où il n'est plus titulaire d'un titre de séjour ;
- les observations de Me Faugeras, représentant le préfet de l'Essonne qui s'en rapporte à ses écritures.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10h27.
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. D'une part, aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. / () ".
3. D'autre part, en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. En outre, le refus d'enregistrer une demande tendant à l'octroi d'un titre de séjour, à l'appui de laquelle est présenté un dossier incomplet, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir, sauf à ce que le requérant justifie du caractère complet du dossier déposé auprès des services préfectoraux.
4. Enfin, en vertu de l'article R. 431-11 du même code, l'étranger qui dépose une demande de titre de séjour doit présenter à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par l'arrêté composant l'annexe 10 à ce code. La rubrique de cette annexe relative à la carte de séjour mention " salarié " demandée au titre de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que lorsque la demande est effectuée pour un changement de statut après une carte de séjour n'autorisant pas l'activité salariée, l'étranger doit notamment fournir une autorisation de travail correspondant au poste envisagé.
5. En l'espèce, M. B, ressortissant pakistanais né en 2002, a bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " valable jusqu'au 11 novembre 2022 ne l'autorisant à travailler qu'à titre accessoire. Il est pourtant constant que M. B a été embauché, en qualité d'aide électricien à temps plein, par la société S ELECC, dès le
4 juillet 2022, dans le cadre d'un contrat à durée déterminée puis, à compter du
4 octobre 2022, dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, sans qu'il ressorte des pièces du dossier que son employeur ait sollicité à son profit une autorisation provisoire de travail l'autorisant à l'embaucher au-delà de la quotité de 60 % de la durée de travail annuelle fixée par l'article L. 422-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour les bénéficiaires de la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " ou ait déposé le concernant une demande d'autorisation travail pendant la période de validité de son titre de séjour " étudiant ". Il ressort en revanche des pièces du dossier que M. B a sollicité, le
23 novembre 2022, un rendez-vous en préfecture afin d'effectuer une demande de changement de statut en vue de l'obtention d'un titre de séjour en qualité de salarié et a été convoqué à cette fin le 5 décembre 2022. S'il n'est pas contesté que M. B a, à l'occasion de ce rendez-vous, notamment déposé au guichet de la préfecture une demande d'autorisation de travail établie par la société S ELECC, il est constant qu'il lui a été remis ce jour-là un document qu'il a contresigné lui indiquant que son dossier de demande de titre de séjour était incomplet, en l'absence de production d'une autorisation de travail définitive et qu'il lui était accordé un délai de 15 jours pour fournir la pièce manquante. Il n'est pas contesté que
M. B n'a pas produit le document attendu dans le délai imparti, pas plus qu'à la date de la décision litigieuse. Or, contrairement à ce que soutient l'intéressé, une telle pièce est au nombre de celles exigées dans sa situation par les dispositions de l'annexe 10 au code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point précédent pour la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ". Dans ces conditions et quand bien même une telle pièce ne figure pas sur la liste des documents à fournir publiée sur le site internet de la préfecture de l'Essonne, le préfet de l'Essonne était fondé à estimer, alors qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'intéressé ait entendu solliciter son admission exceptionnelle au séjour, que la demande de M. B était incomplète et, pour ce motif, à la classer sans suite, après l'avoir invité à compléter sa demande en lui impartissant pour ce faire un délai suffisant. Ainsi, en l'état de l'instruction, la décision du 19 avril 2023 par laquelle le préfet de l'Essonne a in fine refusé d'enregistrer la demande de titre de séjour du requérant, à l'appui de laquelle a été présenté un dossier incomplet, ne peut être regardée comme constituant une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir, et, partant, au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 précité. Par suite, la demande de M. B tendant à la suspension de cette décision apparaît manifestement irrecevable et mal fondée et doit être rejetée dans toutes ses conclusions, sans qu'il y ait lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie sera adressée au préfet de l'Essonne.
Fait à Versailles le 10 août 2023.
La juge des référés,
signé
J. Amar-CidLe greffier,
signé
C. Rossini
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026