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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2306072

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2306072

mercredi 2 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2306072
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantMAIO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 juillet 2023, M. B E, représenté par Me Rakrouki, demande au tribunal :

1°) de lui désigner un avocat commis d'office ainsi qu'un interprète en langue kabyle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 24 juillet 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire sans délai a fixé de le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné en cas d'exécution d'office, a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de trois ans et l'a informé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de procéder à un nouvel examen de sa situation.

Il soutient que :

- la préfecture n'apporte pas la preuve de la compétence du signataire de l'arrêté ;

- les décisions ne sont pas motivées ;

- elle sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. D pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, conclue à Rome le 4 novembre 1950 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. D pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les observations de M. E, assisté de Mme A, interprète en langue kabyle,

- et les observations de Me El Haïk, représentant le préfet de Seine-Saint-Denis.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant algérien né le 30 avril 1991, déclare être entré en France au cours de l'année 2019. Interpellé le 24 juillet 2023, il a été placé en rétention par arrêté du même jour au centre de rétention administrative de Plaisir. Il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 24 juillet 2023 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé de le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné en cas d'exécution d'office, a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de trois ans et l'a informé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-0538 du 10 mars 2023 régulièrement publié, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à Mme F C, adjointe au chef du bureau de l'accueil et de l'admission au séjour, pour signer notamment les décisions portant obligation de quitter le territoire français, celles fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, l'arrêté du 24 juillet 2023 vise les dispositions en application desquelles ont été prises les décisions litigieuses et indique également, avec suffisamment de précisions, les éléments relatifs aux conditions d'entrée et de séjour en France de M. E et les circonstances sur lesquelles le préfet s'est fondé pour estimer que son comportement constituait une menace pour l'ordre public. Ces décisions lui permettent de comprendre les motifs de l'obligation de quitter le territoire français sans délai, de la décision fixant le pays de destination et de l'interdiction de retour qui lui sont imposées. Le moyen tiré du défaut de motivation doit dès lors être écarté.

4. En dernier lieu, si M. E soutient que les décisions litigieuses sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation, il ne conteste toutefois pas être célibataire et sans charge de famille en France, ne justifie d'aucune ancienneté professionnelle ni de l'intensité des liens qu'il a pu nouer, par ailleurs, sur le territoire. En outre, il ne conteste pas l'exactitude des faits sur lesquels le préfet s'est appuyer pour estimer que son comportement constituait une menace pour l'ordre public, en relevant notamment que M. E est connu au fichier automatisé des empreintes digitales pour des fait de refus d'obtempérer à une sommation par le conducteur d'un véhicule à moteur, de violence sur personne dépositaire de l'autorité publique, de conduite en état d'ivresse, de vol aggravé et d'agression sexuelle et de non-justification de son adresse par une personne enregistrée dans le fichier des auteurs d'infractions sexuelles. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que les décisions par lesquelles le préfet l'a obligé à quitter le territoire sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de deux ans seraient entacher d'une erreur manifeste d'appréciation.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. E aux fins d'annulation de l'arrêté du 24 juillet 2023 du préfet de la Seine-Saint-Denis doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Lu en audience publique le 2 août 2023

Le magistrat désigné,

Signé

G. D

Le greffier,

Signé

J. Ileboudo

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies d'exécution contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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