jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2306332 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | JEAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 2 août 2023 et le 8 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Jean, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er juin 2023 par lequel le préfet de l'Essonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée et n'a pas été prise au terme d'un examen particulier de sa situation ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été en mesure de faire valoir ses observations devant la commission du titre de séjour en raison de son incarcération en cours à la date de sa réunion ;
- il n'a pas été rendu destinataire de l'avis de la commission du titre de séjour en méconnaissance de l'article R. 432-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il n'est pas établi que la commission du titre était régulièrement composée ;
- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant dès lors qu'il vit en France depuis 2015 et est père d'un enfant français ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2024, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction est intervenue dans les conditions de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Maitre, premier conseiller,
- et les observations de Me Jean.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant guinéen né le 21 juin 1997 à Conakry (Guinée), a sollicité la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 423-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 1er juin 2023, le préfet de l'Essonne a refusé de lui délivrer le titre demandé. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance () " Aux termes de l'article L. 432-15 du même code : " L'étranger est convoqué par écrit au moins quinze jours avant la date de la réunion de la commission qui doit avoir lieu dans les trois mois qui suivent sa saisine ; il peut être assisté d'un conseil ou de toute personne de son choix et être entendu avec l'assistance d'un interprète. " L'article R. 432-14 du même code dispose que : " Devant la commission du titre de séjour, l'étranger fait valoir les motifs qu'il invoque à l'appui de sa demande d'octroi ou de renouvellement d'un titre de séjour. Un procès-verbal enregistrant ses explications est transmis au préfet avec l'avis motivé de la commission. L'avis de la commission est également communiqué à l'intéressé. ".
3. Il est constant que M. A a été convoqué devant la commission du titre de séjour qui s'est réunie le 15 mars 2023, par un courrier réceptionné à son domicile le 3 février 2023, soit dans le délai prévu par les dispositions précitées. S'il fait valoir, au demeurant sans l'établir, qu'il était dans l'impossibilité de se présenter devant la commission du fait de son incarcération, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'il aurait vainement sollicité un report de cette séance comme il lui était loisible de le faire, tout comme il lui était possible d'adresser ses observations par écrit ou de se faire représenter. Dans ces conditions, la commission du titre a pu valablement statuer en l'absence de l'intéressé.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 432-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La commission du titre de séjour est composée :
1° D'un maire ou de son suppléant désignés par le président de l'association des maires du département ou, lorsqu'il y a plusieurs associations de maires dans le département, par le préfet en concertation avec celles-ci et, à Paris, du maire, d'un maire d'arrondissement ou d'un conseiller d'arrondissement ou de leur suppléant désigné par le Conseil de Paris ;
2° De deux personnalités qualifiées désignées par le préfet ou, à Paris, par le préfet de police.
Le président de la commission du titre de séjour est désigné, parmi ses membres, par le préfet ou, à Paris, par le préfet de police. "
5. Si M. A soutient qu'il n'est pas établi que la commission était régulièrement composée, le préfet de l'Essonne produit à l'instance le procès-verbal de la séance du 15 mars 2023 de la commission du titre de séjour qui a donné son avis sur la situation du requérant ainsi que l'arrêté du 6 janvier 2023 fixant la composition de cette commission. Il en résulte que les signataires de l'avis émis le 15 mars 2023 ont été régulièrement désignés.
6. En troisième lieu, le préfet produit le courrier du 31 mars 2023 adressé à M. A, à son adresse personnelle, lui transmettant l'avis rendu par la commission du titre de séjour.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait été prise à la suite d'une procédure irrégulière.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. "
9. M. A est entré en France en 2015, à l'âge de 18 ans, dans le cadre d'une mesure de regroupement familial. Il fait valoir la présence sur le territoire français de ses parents, de ses frères et sœurs ainsi que de son fils né en 2019. Toutefois, en se bornant à produire un acte de naissance, il n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il entretiendrait des liens particuliers avec cet enfant et notamment qu'il participerait à son entretien et à son éducation. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. A a été mis en cause dans plus de vingt procédures judiciaires pour des faits récents commis entre 2018 et 2022, essentiellement en lien avec les infractions à la législation sur les stupéfiants mais également pour de nombreux faits de violences, outrages, et menaces. Son casier judiciaire fait état d'une condamnation en 2018 à 7 mois d'emprisonnement dont 4 mois avec sursis pour des faits de violence et outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique, de deux condamnations en 2021 à une peine de 10 mois d'emprisonnement pour vol avec violence et à une peine de 2 mois d'emprisonnement pour détention non autorisée de stupéfiants et d'une condamnation en 2022 à six mois d'emprisonnement dont 3 mois avec sursis pour appels téléphoniques malveillants et menaces de mort par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire de la victime. Eu égard à la gravité et à l'actualité de la menace pour l'ordre public que son comportement représente, le préfet de l'Essonne n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale de l'intéressé en méconnaissance de l'article 8 la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni méconnu l'intérêt supérieur de l'enfant garanti par l'article 3-1 de la convention international des droits de l'enfant, ni entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de lui délivrer un titre de séjour, au demeurant sans assortir cette décision d'une obligation de quitter le territoire français.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et au titre des frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gosselin, président,
M. Maitre, premier conseiller,
Mme Geismar, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
Le rapporteur,
signé
B. Maitre
Le président,
signé
C. Gosselin
La greffière,
signé
S. Lamarre
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026