lundi 11 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2306392 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre - 4/11 |
| Avocat requérant | YESILBAS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 3 août 2023, le président de la 5ème chambre du tribunal administratif de Lille a transmis au tribunal administratif de Versailles le dossier de la requête de M. A E.
Par cette requête enregistrée le 3 août 2023 au tribunal administratif de Versailles, M. E représenté par Me Yesilbas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2023 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et le signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'ordonner l'effacement de son signalement dans le fichier européen de non-admission ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence, dès lors que son signataire ne justifie pas d'une délégation de signature du préfet du Nord régulièrement publiée ;
- il est insuffisamment motivé et cette insuffisance révèle un défaut d'examen complet de sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise sans un examen préalable complet de sa situation personnelle ;
- elle a été prise en méconnaissance du droit à être préalablement entendu, issu des principes généraux du droit de l'Union européenne et protégé par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale consacré par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est entachée d'une appréciation erronée de sa situation, pour l'application des dispositions des articles L. 511-1, II du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il ne présente pas de risque de fuite ;
- le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle ;
- la décision lui interdisant le retour sur le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une appréciation erronée de sa situation, pour l'application des dispositions de l'article L.511-1, III, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision relative à son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la mesure lui interdisant le retour sur le territoire français ;
La requête a été communiquée au préfet du Nord, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais a produit des pièces enregistrées le 7 aout 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Philippe Delage pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique du 4 septembre 2023, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
- en présence de Mme C, interprète en langue turque.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant turc né le 24 juillet 1995 à Agri, est entré irrégulièrement sur le territoire français en janvier 2022, selon ses déclarations et a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile le 10 février 2022. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile par une décision du 31 mai 2022 en procédure accélérée, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 18 octobre 2022. Il a été interpellé par le service de la police aux frontières (SPAF) territorial de Lille, pour usage et détention de faux documents administratifs. Par un arrêté du 27 juillet 2023, le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an, en l'informant de son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen pendant la durée de cette interdiction. M. E demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
2. En premier lieu, par un arrêté du 27 juin 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n° 158 du même jour de la préfecture du Nord, Mme F D, cheffe du bureau de la lutte contre l'immigration irrégulière, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer les décisions contenues dans l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de cet arrêté manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il est fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. E, ainsi que les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français, pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire, pour fixer le pays de renvoi et pour lui interdire le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par ailleurs, il ne ressort pas des termes de cet arrêté, ni des autres pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. E avant de l'obliger à quitter le territoire français. Si M. E se prévaut de ce qu'il aurait indiqué vouloir demander le réexamen de sa demande d'asile en France, de sorte que le préfet ne pouvait indiquer qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements inhumains et dégradants dans son pays d'origine, il ressort des termes mêmes de l'arrêté que l'OFPRA a clôturé le 30 mars 2023 sa demande de réexamen et que la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire lui ont été définitivement refusés. Au demeurant, le requérant n'apporte aucune preuve au soutien de ses allégations. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation de l'arrêté et du défaut d'examen sérieux de la situation de l'intéressé doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Il résulte des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure auxquelles sont soumises les décisions portant obligation de quitter le territoire français ainsi que les décisions accessoires. Dès lors, les dispositions générales de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ne peuvent être utilement invoquées.
5. D'autre part, il résulte également de la jurisprudence de la Cour de justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux États membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. En outre, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.
6. En l'espèce, M. E n'établit pas qu'il aurait en vain, suite à son audition du 26 juillet 2023 durant laquelle il a eu l'occasion de s'exprimer sur sa situation administrative, tenté de faire valoir des observations auprès des services préfectoraux ou qu'il n'aurait pas pu utilement exposer des circonstances susceptibles d'infirmer le sens de la décision prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article L. 121-1 du code précité doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ".
8. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué et des pièces du dossier que M. E est entré irrégulièrement en France en janvier 2022. Il a déposé une demande de protection internationale qui a été rejetée le 31 mai 2022, par l'OFPRA, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 18 octobre 2022. M. E a présenté le 30 mars 2023 une demande de réexamen de sa demande d'asile qui a fait l'objet d'une décision de clôture prise par l'OFPRA le 30 mars 2023 et lui a été notifiée dès le lendemain. Au surplus, s'il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal d'audition du 26 juillet 2023, que M. E a déclaré que sa demande de réexamen était en cours, il n'assortit cette allégation d'aucune preuve. Dans ces conditions le préfet pouvait légalement, sur le fondement des dispositions précitées, décider de l'éloigner du territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
10. Si M. E soutient qu'il a reconstruit sa cellule familiale et amicale en France depuis son arrivée, il n'établit la réalité de celle-ci par aucune pièce justificative. Dès lors, le moyen tiré de la violation de ces stipulations n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Il y a donc lieu, par suite, de l'écarter.
En ce qui concerne la décision refusant le délai de départ volontaire :
11. D'une part, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui reprend les dispositions des alinéas 1 et 2 de l'article L.511-1, II, du même code, abrogées par l'ordonnance n°2020-1733 du 16 décembre 2020 : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui reprend les dispositions de la première phrase de l'alinéa 6 de l'article L.511-1, II, du même code, abrogées par l'ordonnance n°2020-1733 du 16 décembre 2020 : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3o Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et aux termes de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui reprend les dispositions des alinéas 6 à 14 de l'article L.511-1, II, du même code, abrogées par l'ordonnance n°2020-1733 du 16 décembre 2020 : " Le risque mentionné au 3o de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 4o L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentations suffisantes, notamment parce () qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale (). ".
12. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que M. E ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et ne peut présenter de document de voyage ou d'identité valide. D'autre part, il a explicitement déclaré, ainsi qu'il ressort du procès-verbal d'audition du 26 juillet 2023, son intention de ne pas vouloir retourner en Turquie. Enfin, il ressort également du procès-verbal d'audition du 26 juillet 2023 que le requérant a présenté, lors de son interpellation, un faux document d'identité, à savoir une pièce d'identité polonaise contrefait. Dans ces conditions, le préfet du Nord pouvait, pour ces motifs, refuser de lui accorder un délai de départ volontaire et n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées du 4°), du 7°) et du 8°) de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, l'arrêté litigieux mentionne les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée et permet ainsi à l'intéressé d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, les moyens tirés, d'une part, de l'insuffisance de motivation et, d'autre part, de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.
13. D'autre part, les dispositions des articles L. 612-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile instituent un délai de départ volontaire de trente jours et prévoient, par exception, les hypothèses dans lesquelles un étranger qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français peut se voir opposer une décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire. Les trois hypothèses prévues au 1°, 2° et 3° de l'article L. 612-2 consistent en la transposition exacte des dispositions précitées du 4° de l'article 7 de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008. Les dispositions de l'article L. 612-3 définissent quant à elles les critères objectifs de détermination du risque de fuite. Par ailleurs, en prévoyant que des circonstances particulières peuvent faire obstacle à ce que le risque de fuite soit considéré comme établi dans l'hypothèse où un étranger entrerait dans un des cas ainsi définis, le législateur a imposé à l'administration un examen de la situation particulière de chaque étranger, à même d'assurer le respect du principe de proportionnalité entre les moyens et les objectifs poursuivis lorsqu'il est recouru à des mesures coercitives. Il en résulte que M. E n'est pas fondé à soutenir que les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont incompatibles avec les objectifs poursuivis par la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
14. En vertu du sixième considérant de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008, relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, intitulée " Interdiction d'entrée ", énonce que : " () Conformément aux principes généraux du droit de l'Union européenne, les décisions prises en vertu de la présente directive devraient l'être au cas par cas et tenir compte de critères objectifs, ce qui implique que l'on prenne en considération d'autres facteurs que le simple fait du séjour irrégulier ". Aux termes de l'article L.613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui reprend les dispositions des alinéas 1 et 4 de l'article L.511-1, III, du même code, abrogées par l'ordonnance n°2020-1733 du 16 décembre 2020 : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont () motivées ".
15. Eu égard aux circonstances indiquées au point 3 du présent jugement, M. E ne peut se prévaloir de l'existence de circonstances humanitaires alors que sa demande d'asile a été définitivement rejetée, qu'il a présenté un document d'identité falsifié, qu'il ne peut se prévaloir d'attaches privées ou familiales d'une intensité particulière sur le territoire national et, enfin, qu'il n'apporte pas la preuve de l'impossibilité de retourner dans son pays d'origine. Par suite, le préfet de l'Essonne a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, assortir l'arrêté attaqué d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
16. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. E tendant à l'annulation de l'arrêté du 27 juillet 2023 portant obligation de quitter le territoire sans délai et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an doivent être rejetées.
17. Les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'effacement de son signalement dans le fichier européen de non-admission présentées et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent, en tout état de cause, qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au préfet de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
signé
Ph. B
Le greffier,
signé
T. Rion
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026