vendredi 25 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2306501 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LECOUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 août 2023, M. B C, représenté par
Me Lecour, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article
L 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté en date du 18 juillet 2023 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice a décidé de ne pas le titulariser, et l'a radié des cadres à compter du 12 juillet 2023, ensemble la décision du 10 juillet 2023 l'informant d'une décision du 5 juillet 2023 par laquelle l'administration centrale aurait décidé de le licencier ;
2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice d'une part de le réintégrer et de le titulariser dans ses fonctions à compter du 12 juillet 2023 et d'autre part de reconstituer sa carrière, à tout le moins de réexaminer son dossier, dans un délai de 2 mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que les décisions attaquées le privent de rémunération l'empêchant de faire face aux charges du quotidien et remettent en cause sa carrière ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige ; elles sont entachées d'incompétence ; la signature de l'arrêté litigieux n'est pas régulière ; la signature électrique n'est pas conforme ; elles sont insuffisamment motivées ; la procédure devant la commission administrative paritaire est irrégulière dès lors que les décisions n'ont pas été précédées d'un examen approfondi de son dossier et que les droits de la défense n'ont pas été respectées ; elles constituent des sanctions disciplinaires déguisées ; elles sont entachées d'inexactitude matérielle des faits, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions dirigées à l'encontre du courrier du 10 juillet 2023 sont irrecevables en tant qu'elles sont dirigées à l'encontre d'un acte ne constituant pas une décision et qui évoque lui-même une mesure préparatoire ;
- la situation d'urgence n'est pas démontrée dès lors que le requérant n'apporte aucun élément de nature à démontrer qu'il ferait face, du fait des décisions en litige, à des difficultés financières graves ; par ailleurs il ne démontre pas qu'il ne perçoit aucun revenu au titre de l'allocation chômage ; enfin il n'apporte aucun élément quant à sa situation financière.
- il n'existe aucun moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige ; Mme A bénéficie d'une délégation de signature datée du 1er juillet 2023 laquelle a été régulièrement publiée, lui permettant de prendre l'arrêté du 18 juillet 2023 ; la signature électronique de la décision du
18 juillet 2023 respecte les règles du référentiel général de sécurité mentionné au I de l'article 9 de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 ; la décision en litige n'entre dans aucune des catégories de mesures qui doivent être motivées ; en tout état de cause la décision mentionne explicitement les motifs de droit et de fait sur lesquels elle est fondée ; la décision a bien été prise après avis de la commission administrative paritaire du 3 juillet 2023 laquelle était régulièrement composée ; contrairement à ce qu'il soutient, le requérant a été mis à même de présenter des observations à l'issue de chacune de ses évaluations ; la décision en litige, contrairement à ce qui est soutenu, ne constitue pas une sanction déguisée ; s'agissant de l'erreur de droit, le stage accompli par M. C du 6 avril au
6 octobre 2022 puis prolongé pour une durée de trois mois correspond à un stage complémentaire de neuf mois que l'administration n'est nullement dans l'obligation de prolonger ; s'agissant des moyens tirés de l'inexactitude matérielle des faits et de l'erreur manifeste d'appréciation, la décision du
18 juillet 2023 se fonde sur les difficultés identifiées dans le cadre des évaluations et ses problèmes de positionnement professionnel.
Vu :
- la requête au fond enregistrée sous le n° 2306500 par laquelle le requérant demande l'annulation des décisions en litige ;
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance n° 2015-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques ;
- le décret n° 2006-441 du 14 avril 2006 portant statut particulier des corps du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire ;
- le décret n° 94-874 du 7 octobre 1994 fixant les dispositions communes applicables aux stagiaires de l'Etat et de ses établissements publics ;
- le décret n° 82-451 du 28 mai 1982 relatif aux commissions administratives paritaires ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Ouardes, vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 23 août 2023 à 10h30, en présence de
M. Rossini, greffier d'audience, M. Ouardes a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Lecour, représentant M. C, qui abandonne les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte et relatif à la signature électronique suite au mémoire en défense ; pour le surplus elle maintient ses conclusions par les mêmes moyens qu'elle précise ; s'agissant de la condition tenant à l'urgence elle fait valoir que la demande auprès de pôle emploi est toujours en cours d'instruction ;
- les observations de M. C qui apporte des précisions sur sa situation ;
- le garde des sceaux, ministre de la justice n'étant ni présent, ni représenté ;
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10h56.
Considérant ce qui suit :
1. M. C demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de l'arrêté en date du 18 juillet 2023 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice a décidé de ne pas le titulariser et l'a radié des cadres à compter du 12 juillet 2023, ensemble la décision du
10 juillet 2023 l'informant d'une décision du 5 juillet 2023 par laquelle l'administration centrale aurait décidé de le licencier.
S'agissant de la décision du 10 juillet 2023 :
2. Comme le fait valoir le garde des sceaux, ministre de la justice, la " décision " du 10 juillet 2023 est en réalité un courrier qui se borne à informer l'intéressé sur la procédure de licenciement engagée à son encontre qui conduira à la transmission ultérieure d'un arrêté. Il suit de là que les conclusions dirigées à l'encontre de ce courrier sont irrecevables et doivent être rejetées.
S'agissant de la décision du 18 juillet 2023 :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision " ; aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. " ; enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige. Il suit de là que la requête de
M. C doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction ou tendant à la condamnation de l'Etat aux frais d'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Versailles, le 25 août 2023,
Le juge des référés, Le greffier,
signé signé
P. Ouardes C. Rossini
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026