mardi 26 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2306618 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | TORDO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 juillet 2023 au tribunal administratif de Melun puis transmise et enregistrée au greffe du tribunal administratif de Versailles le 9 août 2023, ainsi qu'un mémoire en réplique enregistré le 24 août 2023, Mme C, représentée par Me Alexis Tordo, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre en date du 22 juillet 2023 par le préfet de l'Essonne ;
2°) d'annuler la disposition la privant d'un délai de départ volontaire ;
3°) d'annuler l'interdiction de retour ;
4°) de condamner le préfet de l'Essonne à lui verser la somme de 2.000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) d'enjoindre le préfet de l'Essonne de lui restituer son passeport algérien ainsi que sa carte d'identité algérienne, de réexaminer sa situation, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir.
Elle soutient que :
- l'auteur de l'arrêté n'est pas compétent ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de motivation suffisante et d'une erreur de droit résultant du défaut d'examen de sa situation personnelle, de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant refus de délai de départ volontaire méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale pour être entachée d'une erreur de fait et en raison de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français en raison de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 août 2023, faisant suite à un dépôt de pièces en date du 10 août 2023, le préfet de l'Essonne, non représenté, conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Michel Brumeaux, magistrat honoraire, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 14 septembre 2023 en présence de M. Ileboudo, greffier :
- le rapport de M. E ;
- les observations de Me Ribet substituant Me Tordo, avocat, représentant Mme C, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens ;
- les observations de Mme C ;
- le préfet de l'Essonne n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante algérienne née le 14 février 1978 en Algérie, déclare être entrée sur le territoire français en mai 2023. Elle a été libérée du centre de rétention administrative n°2 du Mesnil Amelot au sein duquel elle était retenue, à la suite d'un arrêté de placement pris concomitamment à l'arrêté en litige portant obligation de quitter le territoire français par le préfet de l'Essonne en date du 22 juillet 2023. Elle demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à toutes les décisions :
2. M. B D, directeur de cabinet du préfet de l'Essonne, a reçu par un arrêté n° 2021-PREF-DCPPAT-BCA-28 du 26 novembre 2021, régulièrement publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs n° 181 de cette préfecture, délégation du préfet de l'Essonne pour signer les décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté comme manquant en fait.
3. En premier lieu, l'arrêté litigieux vise les textes dont il est fait application, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de Mme C, dont les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français, pour refuser de lui accorder un délai de départ volontaire et pour fixer le pays de renvoi, ainsi que pour arrêter, dans son principe et dans sa durée, une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des décisions attaquées et permet ainsi à la requérante d'en contester utilement le bien-fondé. En outre, le préfet n'avait pas à faire état de l'ensemble des éléments de fait à raison desquels il a estimé que ces décisions ne méconnaissaient pas les textes qu'il a visés. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisante motivation ne peuvent qu'être écartés.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des mentions de l'arrêté attaqué, que le préfet de l'Essonne a procédé à un examen particulier de la situation personnelle de Mme C avant de l'obliger à quitter le territoire français. Par suite le moyen tiré du défaut d'un tel examen ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Mme C, qui n'exerce pas d'activité professionnelle, est arrivée en France très récemment en mai 2023, sans avoir effectué de démarches aux fins d'obtenir un titre de séjour, afin de rejoindre son mari, dont le titre de séjour est expiré, dans l'optique d'assister à un rendez-vous prévu en Espagne ayant pour objet la programmation d'une fécondation in vitro. Elle déclare que ses parents ainsi que ses frères et sœurs résident dans son pays d'origine, mais qu'elle ne pourrait y entreprendre son projet parental. Mme C a fait l'objet d'une garde à vue en date du 21 juillet 2023, pour violences conjugales en état d'ivresse, sans qu'une plainte n'ait été déposée. Son mari a également fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Dans les circonstances de l'espèce, le préfet de l'Essonne n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale en l'obligeant à quitter le territoire français et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
7. Il ressort des termes de l'arrêté contesté que, pour refuser d'accorder à Mme C un délai de départ volontaire, le préfet de l'Essonne s'est fondé sur les dispositions 1° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison d'une menace à l'ordre public développée au point 6. En outre, le préfet a relevé que Mme C ne peut justifier être entrée régulièrement sur le territoire français, munie d'un visa pour l'Espagne expiré, et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour, et a ainsi retenu qu'il existait un risque que l'intéressé se soustraie à la mesure d'éloignement. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
9. Il ressort des termes de l'arrêté contesté que, pour fixer le pays à destination duquel Mme C serait renvoyée en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement, le préfet de l'Essonne a fait état de la nationalité de l'intéressé et a examiné sa situation au regard des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dès lors, l'arrêté litigieux mentionne les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée et permet ainsi à l'intéressé d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français :
10. Il résulte de ce qui a été dit précédemment sut la légalité de l'obligation de quitter le territoire français que le moyen soulevé à l'encontre des décisions fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français et tiré de l'exception d'illégalité de cette mesure d'éloignement, doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 22 juillet 2023 par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligée à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel elle sera renvoyée en cas d'exécution d'office.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
12. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte présentées par la requérante ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et au préfet de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
M. E Le greffier,
Signé
J. Ileboudo
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026