jeudi 17 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2306692 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MALIK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 août 2023, les sociétés civiles immobilières 4S et AU.CA.LE, représenté par Me Malik, demandent au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du maire de la commune de Dourdan en date du 21 juillet 2023 rejetant leur demande de permis de construire n° PC 91200 23 10012 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Dourdan une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie ; elles vont perdre le bénéfice d'un accord de prêt accordé par un établissement financier et subiront des pénalités ; l'ensemble de son projet, évalué à 1,2 million d'euros, sera mis à mal ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté dès lors que :
* Les étangs, et notamment l'étang de la Muette, ne sont pas concernés par la règle de retrait des 6 mètres édictée par l'article UAE6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune (PLU) ;
* Le chemin de desserte de la rue des Soufflets ne constitue pas une voie nouvelle et n'est pas inférieur à 5 mètres de largeur imposés par l'article UAE3 du règlement du PLU ;
* Aucun remblai n'est prévu dans le projet ; l'article UAE11 du règlement du PLU n'a pas donc pas pu être méconnu ;
* Le projet ne souffre pas d'un défaut d'harmonisation avec l'espace boisé situé en amont du terrain ; le terrain est situé dans une zone UAE accueillant uniquement des activités économiques et commerciales ; le projet est entouré de verdure, d'haies vives et d'arbres ;
* Le projet ne souffre pas d'un défaut d'harmonisation avec le caractère végétal et naturel de l'environnement ; l'arrêté mentionne la parcelle AK 241 qui ne leur appartient pas et n'est pas inclue dans le projet ; aucune clôture de 3 à 4 mètres n'est prévue ; le terrain est situé dans une zone UAE accueillant uniquement des activités économiques et commerciales ; le projet est entouré de verdure, d'haies vives et d'arbres ;
* Le remblai ayant déjà été réalisé en 2009, aucune modification d'ampleur du terrain naturel n'est prévue qui serait de nature à ne plus permettre le libre écoulement des eaux pluviales ; le terrain est parfaitement propice à l'écoulement des eaux pluviales ; elles ont proposé à maintes reprises à la commune de prendre en charge tous travaux qui pourraient améliorer l'écoulement des eaux pluviales ;
* Le projet ne méconnaît pas l'article UAE11 du règlement du PLU relatif aux marges d'isolement et aux haies vives ; une haie vive à feuillage persistant entoure l'ensemble du terrain assiette du projet et les marges d'isolement seront bien plantées d'une rangée d'arbres de haute tige ;
* Le projet ne méconnaît pas l'article UAE3 du règlement du PLU qui ne contient aucune prescription en matière de stockage ou d'assainissement ; en toute hypothèse, le projet prévoit la création d'une capacité suffisante de 160 mètres cubes pour un terrain comprenant 3555 mètres cubes de surface imperméabilisée ;
* La commune n'aura pas à prendre en charge financièrement l'extension du réseau électrique ;
* La commune n'aura pas à prendre en charge la création de quatre poteaux incendie.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2306691 par laquelle les SCI SA et AU.CA.LE demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Sauvageot, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de la décision litigieuse sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de cette décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Lorsque le juge des référés est saisi d'une demande de suspension d'une décision portant refus de permis de construire, il lui appartient d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets du refus de permis litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, en tenant compte, notamment, des conséquences qui seraient susceptibles de résulter, pour les divers intérêts en présence, de la délivrance d'un permis de construire provisoire à l'issue d'un réexamen de la demande ordonné par le juge des référés.
4. Les SCI 4S et AU.CA.LE demandent la suspension de l'exécution de l'arrêté du
21 juillet 2023 par lequel le maire de Dourdan a refusé d'accorder le permis de construire
n° PC 91200 23 10012 pour la construction d'entrepôts sur un terrain situé rue des Soufflets sur le territoire de la commune.
5. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de l'arrêté litigieux, les sociétés requérantes font valoir qu'elle ont obtenu un accord de prêt conséquent auprès d'un établissement financier conditionné à l'obtention d'un permis de construire, que l'ensemble de son projet évalué à 1,2 million d'euros sera mis à mal, que la rétractation de l'établissement bancaire entraînera l'application de pénalités ainsi que des conséquences en matière d'emploi et d'attractivité économique pour le bassin. Toutefois, s'agissant du prêt bancaire, les requérantes produisent un courrier de la caisse d'épargne du 9 février 2022 par laquelle l'établissement bancaire donne son accord pour un prêt de 600 000 euros mais sans mention aucune de la nature du projet financé à l'exception de la mention " travaux " ni de la nécessaire obtention d'un permis de construire ou d'une condition suspensive liée à l'obtention d'un permis de construire. Il en va de même pour les deux documents émanant du cabinet d'affaires " Charles conseil investissement ". En outre, aux termes du document émanant de la caisse d'épargne, les conditions financières de ce prêt demeuraient valables jusqu'au 11 mars 2022 et ne l'étaient donc déjà plus lorsque les requérantes ont déposé leur demande de délivrance du permis de construire. Par ailleurs, aucun de ces documents produits ne fait état de pénalités qui seraient appliquées en cas de rétractation. Enfin, la perte potentielle d'emplois dans le bassin, alléguée par les requérantes, n'est aucunement étayée. Dans ces conditions et en l'état de l'instruction, il ne résulte pas de l'instruction que l'arrêté portant refus de permis de construire porte une atteinte grave et immédiate à la situation financière et économique des sociétés requérantes de nature à justifier une mesure provisoire dans l'attente du jugement au fond. Dès lors, la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas satisfaite.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête, y compris les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SCI 4S et de la SCI AU.CA.LE est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société civile immobilière 4S et à la société civile immobilière AU.CA.LE.
Copie en sera adressée à la commune de Dourdan.
Fait à Versailles, le 17 août 2023
La juge des référés,
signé
J. Sauvageot
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026