jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2306797 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | PANARELLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 août 2023 au tribunal administratif de Paris puis transmise et enregistrée au greffe du tribunal administratif de Versailles le 18 août, M. B A C, représenté par Me Panarelli, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 août 2023 par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 36 mois en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte.
Il soutient que :
- les décisions attaquées :
- ont été signés par une autorité incompétente ;
- sont insuffisamment motivées et ne reposent pas sur l'examen de sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- repose sur une décision illégale ;
- est entachée d'une de droit au regard des dispositions de l'article L.612-2 du CESEDA ;
- la décision fixant le pays de destination :
- est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement qui en constitue le fondement ;
- méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale alors que sa mère et ses deux frères vivent en France;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français:
- est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement qui en constitue le fondement ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
La préfecture de l'Essonne a communiqué des pièces complémentaires qui ont été enregistrées le 6 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Crandal pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 21 septembre 2023, en présence de Mme Ben Hadj Messaoud, greffière :
- le rapport de M. Crandal;
- les observations de Me Panarelli, avocat désigné d'office, qui complète les conclusions de la requête par des conclusions à fin d'injonction de réexamen de la situation de M. A C par le préfet de l'Essonne et renonce aux conclusions de la requête tendant à mettre les frais du litige à charge de l'Etat et confirme les autres conclusions de la requête.
- les observations de M. A C ;
- le préfet de l'Essonne n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Entré sur le territoire français en 2011, avec sa mère alors qu'il était âgé de six ans selon ses déclarations, M. B A C ressortissant de la république démocratique du Congo, né le 13 mars 2005 à Enköping en Suède, demande l'annulation de l'arrêté du 8 août 2023 par lequel le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Sur les conclusions à fin d'annulation des arrêtés:
2. Aux termes du 2° de l'article L.611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; "
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B A C, âgé de 18 ans en 2023, a vécu en France avec sa mère, depuis qu'il a l'âge de six ans. Une note sociale établie le 20 septembre 2023 par la direction territoriale de la protection judiciaire de la jeunesse de l'Essonne retrace le parcours scolaire de M. A C qui a été scolarisé dans des établissements scolaires des Yvelines et de l'Essonne chaque année scolaire de 2013 à 2022. A compter de septembre 2021, il a été pris en charge par la direction territoriale de la protection judiciaire de la jeunesse de l'Essonne. En novembre 2022, M. A C a été incarcéré à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis pendant une durée effective de neuf mois. Ainsi M. A C établit avoir résidé habituellement en France depuis qu'il a atteint l'âge de six ans. Dans ces conditions, il est fondé à soutenir que le préfet de l'Essonne ne pouvait prendre à son encontre un arrêté lui faisant obligation de quitter le territoire français sans méconnaître les dispositions citées au point 2.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il ne soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. A C est fondé à demander l'annulation de la décision du 8 août 2023 du préfet de l'Essonne lui faisant obligation de quitter le territoire français. L'annulation de cette décision entraine par voie de conséquence l'annulation des décisions refusant de lui accorder un délai, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de 3 ans et ainsi que de signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. Le présent jugement implique nécessairement, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet territorialement compétent réexamine la situation de A C et lui délivre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour. Il y a lieu de l'y enjoindre dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 8 août 2023, par lesquels le préfet de l'Essonne a obligé M. A C à quitter le territoire français sans un délai, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent, de procéder au réexamen de la situation administrative de M. A C, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3: Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au préfet de l'Essonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
signé
J-M. Crandal La greffière,
signé
L. Ben Hadj Messaoud
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026