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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2306868

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2306868

jeudi 29 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2306868
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL LANDOT ET ASSOCIES

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Versailles rejette la requête de la société SLAGSOA Consulting, qui contestait le rejet de son offre et l’attribution d’un marché public par le Syndicat de l’Orge. Le tribunal juge que le recours en excès de pouvoir formé contre la décision d’attribution est irrecevable, car un concurrent évincé doit contester la validité du contrat par un recours de pleine juridiction devant le juge du contrat, et non par un recours pour excès de pouvoir. La décision est fondée sur les articles R. 222-1 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistré le 22 août 2023, la société SLAGSOA Consulting demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 août 2023 par laquelle le Syndicat de l'Orge, de la Rémarde et de la Prédecelle a rejeté son offre et l'a informé que la société OKO a été déclarée attributaire du marché relatif à la conception, l'hébergement et la maintenance du site internet et de l'application mobile relative à la " Promenade de l'Orge " ;

2°) d'enjoindre au Syndicat de l'Orge, de la Remarde et de la Prédecelle de procéder à un nouvel examen de son offre.

Elle soutient que la décision de rejet est irrégulière dès lors qu'elle indique que la société SLAGSOA Consulting aurait soumis une offre incomplète, en l'absence de deux pièces pourtant produites dans le mémoire technique soumis.

La société HF conseils OKO, à qui la requête a été communiquée en qualité d'observateur, a versé à l'instance des pièces complémentaires le 3 octobre 2023.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 octobre 2023, le Syndicat de l'Orge, de la Rémarde et de la Prédecelle, représenté par Me Landot et Me Karamitrou, conclut, à titre principal, au rejet de la requête pour irrecevabilité, à titre subsidiaire, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société SLAGSOA Consulting au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

* à titre principal, elle est irrecevable dès lors qu'elle ne fait mention d'aucun moyen de droit ni de précisions permettant d'apprécier le bien-fondé de sa demande, et qu'elle est dirigées contre un acte insusceptible de recours ;

* à titre subsidiaire, elle n'est pas fondée.

Par un mémoire du 6 octobre 2023, la société SLAGSOA Consulting soutient qu'elle pourrait se désister de sa requête sous condition d'une " explication claire et détaillé de la cause du rejet " de son offre et au " non-versement de quelconque frais de remboursement ".

Par un courrier du 23 août 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision d'attribution et à l'évaluation de l'offre d'un concurrent évincé, présentées par ce dernier en dehors du cadre prévu par le chapitre 1er du titre V du livre V du code de justice administrative relatif au référé en matière de passation des marchés public.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courrier du 11 août 2023, le Syndicat de l'Orge a informé la société SLAGSOA Consulting du rejet de son offre, et lui a indiqué que la société OKO a été désignée attributaire du marché relatif à la conception, l'hébergement et la maintenance du site internet et de l'application mobile relative à la " Promenade de l'Orge ". La société SLAGSOA Consulting demande au tribunal d'annuler la décision d'attribution.

Sur la recevabilité de la requête :

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance :() 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

3. Indépendamment des actions dont disposent les parties à un contrat administratif et des actions ouvertes devant le juge de l'excès de pouvoir contre les clauses réglementaires d'un contrat ou devant le juge du référé contractuel sur le fondement des articles L. 551-13 et suivants du code de justice administrative, tout tiers à un contrat administratif susceptible d'être lésé dans ses intérêts de façon suffisamment directe et certaine par sa passation ou ses clauses est recevable à former devant le juge du contrat un recours de pleine juridiction contestant la validité du contrat ou de certaines de ses clauses non réglementaires qui en sont divisibles. Ce recours doit être exercé, y compris si le contrat contesté est relatif à des travaux publics, dans un délai de deux mois à compter de l'accomplissement des mesures de publicité appropriées, notamment au moyen d'un avis mentionnant à la fois la conclusion du contrat et les modalités de sa consultation dans le respect des secrets protégés par la loi. La légalité du choix du cocontractant, de la délibération autorisant la conclusion du contrat et de la décision de le signer, ne peut être contestée qu'à l'occasion du recours ainsi défini. Le tiers agissant en qualité de concurrent évincé de la conclusion d'un contrat administratif ne peut ainsi, à l'appui d'un recours contestant la validité de ce contrat, utilement invoquer, outre les vices d'ordre public, que les manquements aux règles applicables à la passation de ce contrat qui sont en rapport direct avec son éviction.

4. La société SLAGSOA Consulting a formé un recours tendant à l'annulation de la décision d'attribution du marché à la société OKO et rejetant son offre, qui doit être regardé comme un recours pour excès de pouvoir. Il résulte de ce qui a été exposé au point 3 que de telles conclusions sont irrecevables, la société SLAGSOA Consulting pouvant seulement former un recours de pleine juridiction devant le juge du contrat pour contester la validité du contrat. Il y a donc lieu de rejeter sa requête en application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

5. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée et peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société requérante le versement de la somme réclamée par le Syndicat de l'Orge, de la Rémarde et de la Prédecelle en application de ces dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société SLAGSOA Consulting est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le Syndicat de l'Orge, de la Rémarde et de la Prédecelle au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société SLAGSOA Consulting, au Syndicat de l'Orge, de la Rémarde et de la Prédecelle et à la société HF Conseils OKO.

Fait à Versailles, le 29 août 2024.

Le président de la 8ème chambre,

signé

O. Mauny

La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2300519

N°2306868

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