jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2306873 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | BOULA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juillet 2023, et transmise au tribunal administratif de Versailles par ordonnance du président du tribunal administratif de Melun le 21 août 2023, M. B C, représenté par Me Boula demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2023 par lequel le préfet des Yvelines lui a fait obligation de quitter le territoire français, et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an;
2°) d'enjoindre l'administration de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions sont entachées d'un défaut de motivation au regard des dispositions de l'article L.511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile révélant l'absence d'examen sérieux de sa situation alors qu'il est marié avec une compatriote, qu'il est père deux enfants scolarisés en France à l'éducation et à l'entretien desquels il contribue grâce aux revenus tirés d'un contrat de travail ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- il ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- il cherchait à régulariser sa situation ;
- il justifie de liens personnels familiaux anciens.
Par un mémoire, enregistré le 13 septembre 2023, le préfet des Yvelines a communiqué des pièces du dossier, à défaut de mémoire en défense.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale sur les droits de l'enfant signée à New York le 28 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. Crandal pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 septembre 2023 tenue en présence de Mme Ben Hadj Messaoud, greffière d'audience :
* le rapport de M. Crandal ;
* les observations de Me Boula représentant M. C, qui a fait valoir que M. C travaille comme livreur et participe ainsi à la vie de sa famille en France et que son épouse, présente à l'audience, lui a pardonné et qu'ainsi les décisions du préfet des Yvelines auraient des conséquences excessives pour la famille de M. C, qui se comporte en bon père de famille ;
* les observations de M. C, assisté de Mme A, interprète de la langue malgache, qui présente ses excuses pour les faits qui lui sont reprochés ;
- le préfet des Yvelines n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant malgache, né le 1er décembre 1983 est entré en France le 17 septembre 2022 muni d'un visa de trente jours et s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire à l'expiration de ce délai. Par un arrêté du 27 juillet 2023, le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français, sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'une année. M. C demande au tribunal l'annulation de cet arrêté en tant qu'il prononce une obligation de quitter le territoire français et une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur la légalité externe des décisions contestées :
2. En premier lieu, l'arrêté en litige vise les textes dont il est fait application, notamment le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. C, dont les éléments sur lesquels le préfet des Yvelines s'est fondé pour l'obliger à quitter le territoire français, sans lui accorder de délai, fixer le pays de destination et lui interdire le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Dès lors, cet arrêté comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des décisions attaquées et permet ainsi au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté. Pour les mêmes motifs, il y a également lieu d'écarter le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de la situation personnelle de M. C, le préfet ayant examiné dans son arrêté l'atteinte au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
3. Il ne ressort pas par ailleurs des pièces du dossier et notamment de la motivation des décisions litigieuses que le préfet n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation du requérant.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
4. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; ( )"
5. Il est constant que M. C s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français au-delà de la durée de son visa expiré le 18 octobre 2022. Il n'établit pas avoir demandé un titre de séjour. Dès lors le préfet était fondé à l'obliger à quitter le territoire français en application des dispositions citées au point 4. Le 27 juillet 2023, il a été interpellé par les services de police après une plainte à son encontre déposée par son épouse pour menaces de mort, violences à l'encontre de son épouse n'ayant pas entraîné d'ITT, et violences avec arme sur son fils de 14 ans. Si le requérant soutient qu'il travaille, qu'il peut justifier de bulletins de paie, qu'il se comporte en bon père de famille, il ne rapporte pas la preuve d'être la seule source de prise en charge des frais d'éducation et d'entretien de ses deux enfants alors qu'il a exercé des violences directement à l'encontre de deux membres de sa famille. Dans ces circonstances, le préfet était fondé à prendre la décision faisant obligation de quitter le territoire français sans commettre d'erreur de fait ou d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
6. En premier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
8. Il résulte de ces dispositions que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ, il lui appartient d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle.
9. Il résulte de ce qui précède que M. C a fait, à bon droit, l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qui n'était assortie d'aucun délai de départ volontaire. Les circonstances dont l'intéressé fait état, exposées au point 4 du présent jugement, ne présentent pas de caractère humanitaire au sens des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne font ainsi pas obstacle au prononcé d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, c'est à bon droit que le préfet des Yvelines a décidé d'assortir l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. C d'une telle interdiction. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Yvelines, en fixant la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français infligée au requérant à la durée minimale d'un an, ait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article L. 612-10 du même code.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 27 juillet 2023 en tant qu'il oblige M. C à quitter le territoire français, et prononce à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
signé
J-M Crandal La greffière,
signé
L. Ben Hadj Messaoud
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026