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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2306884

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2306884

vendredi 29 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2306884
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre - 4/11
Avocat requérantTOURE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 22 août 2023, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Versailles la requête présentée par M. B.

Par cette requête, enregistrée le 16 août 2023, M. D B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 août 2023 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois.

Il soutient que :

- il est arrivé en France en 2019 et y travaille avec son frère ;

- il ne veut pas quitter la France.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 septembre 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Versailles a désigné M. C pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 22 septembre 2023 en présence de M. Rion, greffier :

- le rapport de M. C,

- les observations de Me Touré, avocat désigné d'office représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et fait valoir en outre que si la demande d'asile a été rejetée elle reste d'actualité car il est issu d'une ethnie exposée à de la maltraitance dans son pays d'origine ;

- les observations de M. B, assisté de M. A, interprète en langue soninké ;

- le préfet de police, n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D B, ressortissant malien né le 31 décembre 1986, est entré sur le territoire français en 2019, selon ses déclarations. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile par une décision du 20 avril 2021, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 27 octobre 2021. M. B a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement le 26 avril 2022 du préfet de Seine-Saint-Denis. Par un arrêté du 16 août 2023, le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de douze mois, en l'informant de son signalement à fin de non-admission dans le système d'information Schengen. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

3. M. B fait valoir qu'il est présent sur le territoire français depuis 2019 et qu'il y exerce une activité professionnelle. Toutefois, l'intéressé, qui est célibataire et sans enfant, n'apporte aucun élément établissant l'ancienneté de son séjour. S'il soutient en outre que son frère réside sur le territoire national, il n'établit pas l'intensité des relations familiales, pas davantage la nécessité de sa présence à ses côtés et le caractère régulier de son séjour. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, le préfet de police n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale en l'obligeant à quitter le territoire français et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.

Le magistrat désigné,

signé

P. CLe greffier,

signé

T. Rion

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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