jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2307219 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | MOROSOLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 août 2023, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er août 2023 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de renouvellement d'admission au séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
Il soutient qu'il souhaite rester vivre en France, territoire sur lequel il travaille, afin de continuer à poursuivre son activité professionnelle et contribuer à la société. De plus, il soutient ne pas avoir de lien dans son pays d'origine, la Guinée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 février 2024, la préfète de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Par une ordonnance du 7 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 8 avril 2024 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Ouardes a été entendu au cours de l'audience publique du 6 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant guinéen, né le 24 janvier 1996, déclare être entré sur le territoire français en 2004 sous couvert d'un visa selon ses déclarations. Le 30 octobre 2020, il a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 313-11 alinéa 7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile désormais repris à l'article L. 423-23 du même code. Par un arrêté du 1er août 2023, le préfet de l'Essonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français.
2. Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1 () ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
" 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui est célibataire et sans charge de famille, déclare être entré sur le territoire français en 2004 sous couvert d'un visa dont il ne produit pas la preuve au dossier et a bénéficié de documents de circulation pour enfant mineur valables du 22 février 2007 au 13 janvier 2015 ainsi que de deux cartes de séjour temporaires valables du 21 février 2018 au 20 février 2020. Si M. A a déposé une demande de renouvellement de titre de séjour le 30 octobre 2020 sur le fondement de l'article L. 313-11 alinéa 7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, repris à l'article L. 423-23 du même code en se prévalant de la présence son père et d'une partie de sa fratrie, il se borne à produire l'acte de décès de son père en date du 12 octobre 2020 soit 18 jours avant sa demande de renouvellement mais ne démontre pas l'intensité de ses liens avec sa fratrie. De plus, Si M. A fait état d'une activité professionnelle exercée par intérim à partir de 2022 en produisant trois contrats de travail ainsi que trois bulletins de salaire, l'activité professionnelle de M. A revêt un caractère récent. Il résulte ainsi de ces éléments que M. A ne justifie pas d'une situation professionnelle et d'une insertion professionnelle stable et durable. Enfin, M. A a fait l'objet de multiples signalements ainsi que d'une condamnation pénale le 18 juin 2015 par le tribunal correctionnel de Versailles qui l'a condamné à deux ans d'emprisonnement pour extorsion en récidive avec violences ayant entrainé une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours. Dans ces conditions, les décisions attaquées n'ont pas porté aux droits de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, elle n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience publique du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ouardes, président-rapporteur,
M. de Miguel, premier conseiller,
Mme Fejérdy, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024,
Le président-rapporteur
Signé
P. OuardesL'assesseur le plus ancien,
Signé
F. X de Miguel
La greffière,
Signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026