jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2307243 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | WEINBERG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 4 septembre 2023, 5 janvier 2024 et 26 mars 2024, M. D B, représenté par Me Weinberg, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 juillet 2023 par laquelle le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de regroupement familial présentée au bénéfice de son épouse, Mme A C ;
2°) d'enjoindre au préfet d'autoriser le regroupement familial sollicité au bénéfice de son épouse ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans le délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 25 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée en fait ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation, ce dont témoigne notamment les erreurs de fait s'agissant de la résidence régulière en France de Mme C et du lieu de mariage, ainsi que la réception d'un courrier de l'OFII du 7 juillet 2023 qui mentionne une décision d'acceptation ;
- le préfet a pris deux décisions de refus sur une même demande à plusieurs années d'intervalle ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article R. 434-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le regroupement familial ne pouvait être refusé à un étranger titulaire d'un certificat de résidence algérien délivré sur le fondement de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 4 de l'accord franco-algérien ;
- elle méconnait les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de ces stipulations.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 mars 2024, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gibelin, rapporteur,
- et les observations de Me Weinberg, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 4 mai 1993, titulaire d'un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans en cours de validité à la date de la décision attaquée, a présenté le 11 mars 2019 une demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse, Mme C. Après une première décision de refus du 2 juin 2020, le préfet de l'Essonne a à nouveau par une décision du 6 juillet 2023 refusé l'admission au séjour de celle-ci au titre de cette procédure. M. B a présenté le 24 juillet 2023 un recours gracieux à l'encontre de cette décision, implicitement rejeté. Il demande au tribunal l'annulation de la décision du 6 juillet 2023.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles : " Les membres de la famille qui s'établissent en France sont mis en possession d'un certificat de résidence de même durée de validité que celui de la personne qu'ils rejoignent. / Sans préjudice des dispositions de l'article 9, l'admission sur le territoire français en vue de l'établissement des membres de famille d'un ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une durée de validité d'au moins un an, présent en France depuis au moins un an sauf cas de force majeure, et l'octroi du certificat de résidence sont subordonnés à la délivrance de l'autorisation de regroupement familial par l'autorité française compétente. / Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : 1 - le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Sont pris en compte toutes les ressources du demandeur et de son conjoint indépendamment des prestations familiales. L'insuffisance des ressources ne peut motiver un refus si celles-ci sont égales ou supérieures au salaire minimum interprofessionnel de croissance ; 2 - le demandeur ne dispose ou ne disposera pas à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant en France. / Peut être exclu du regroupement familial ; () 2 - un membre de la famille séjournant à un autre titre ou irrégulièrement sur le territoire français. () ".
3. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle est fondée et mentionne que l'épouse de M. B n'est pas éligible au regroupement familial dès lors qu'elle séjourne sur le territoire français. Le moyen tiré d'un défaut de motivation doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas, avant de prendre la décision contestée, procédé à un examen particulier de la situation. Si la décision mentionne à tort que Mme C séjourne en situation irrégulière sur le territoire et que le mariage de l'intéressé a eu lieu à Annaba, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision dès lors que la seule circonstance que l'épouse de M. B séjourne sur le territoire français permet au préfet de refuser le regroupement familial demandé quelle que soit la régularité de sa situation ou le lieu de son mariage. Enfin, la circonstance qu'un courrier de l'OFII fasse mention d'une décision d'acceptation de la demande de regroupement familial est également sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Les moyens tirés du défaut d'examen particulier et de l'erreur de fait doivent, dès lors, être écartés.
5. En troisième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe ne s'opposait à ce que le préfet prenne une nouvelle décision sur la demande de regroupement familial présentée par M. B après un premier refus. Le moyen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux différents titres de séjour qui peuvent être délivrés aux étrangers en général et aux conditions de leur délivrance s'appliquent, ainsi que le rappelle l'article L. 111-2 du même code, " sous réserve des conventions internationales ". En ce qui concerne les ressortissants algériens, les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles ils peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France. Il s'ensuit que M. B, en sa qualité de ressortissant algérien, ne peut utilement se prévaloir de la procédure de regroupement familial sur place prévue par les dispositions de l'article R. 434-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. En cinquième lieu, il résulte des termes mêmes des stipulations de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles que l'étranger séjournant en France à un autre titre peut être exclu du regroupement familial. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le regroupement demandé ne pouvait être refusé à son épouse séjournant en France sous couvert d'un certificat de résidence algérien délivré sur le fondement de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, ni que la décision serait entachée d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations de l'article 4 de cet accord. Les moyens seront écartés.
8. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
9. Lorsqu'il se prononce sur une demande de regroupement familial, le préfet dispose d'un pouvoir d'appréciation et n'est pas tenu de rejeter la demande même dans le cas où l'étranger demandeur du regroupement ne justifierait pas remplir l'une des conditions requises tenant aux ressources, au logement ou à la présence anticipée d'un membre de la famille sur le territoire français, notamment dans le cas où il est porté une atteinte excessive au droit de mener une vie familiale normale tel qu'il est protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
10. En l'espèce, dès lors que Mme C disposait à la date de la décision d'un titre de séjour en cours de validité et que cette décision n'a ni pour objet ni pour effet de séparer la cellule familiale, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'elle porte atteinte à son droit de mener une vie familiale normale en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Les moyens doivent être écartés.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que celles, par voie de conséquence, à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et à la préfète de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sauvageot, présidente,
Mme Rivet, première conseillère,
M. Gibelin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
F. GibelinLa présidente,
signé
J. Sauvageot
La greffière,
signé
A. Gateau
La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026