mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2307448 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | TCHIAKPE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 septembre 2023, Mme A B, représentée par Me Tchiakpe, demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du préfet de l'Essonne refusant d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne d'enregistrer sans délai sa demande de titre de séjour à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, jusqu'au prononcé du jugement au fond ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie dès lors qu'il s'agit d'une décision de refus de renouvellement d'un titre de séjour ; en tout état de cause, elle s'expose au risque de perdre son emploi et la décision attaquée la place dans une situation irrégulière ;
- il existe plusieurs moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision a été signée par une personne incompétente ;
- elle méconnaît les articles R. 431-10 et R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers te du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
La requête a été communiquée au préfet de l'Essonne qui n'a pas présenté d'observations.
Vu le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. Féral, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 25 septembre 2023 à 10 heures 00.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Laforge, greffière d'audience :
- le rapport de M. Féral, juge des référés ;
- les observations orales Me Tchiakpe, représentant Mme B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'il précise ;
- les observations orales Me Faugeras, représentant le préfet de l'Essonne, qui indique qu'il produira une note en délibéré.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique à 10h48.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante ivoirienne née le 8 décembre 1986, est entrée en France le 12 décembre 2019 munie d'un visa de long séjour portant la mention " passeport talent-famille ". Une carte de séjour pluriannuelle valable du 10 juillet 2020 au 9 juillet 2023 lui a été délivrée. Mme B a souhaité procéder au renouvellement de son titre de séjour et, par courrier du 11 juillet 2023, un rendez-vous lui a été accordé pour le 28 juillet suivant. Par la présente requête, Mme B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision orale de refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour qui lui a été opposé par l'agent d'accueil, le 28 juillet 2023, lorsqu'elle s'est présentée au guichet des services de la sous-préfecture de Palaiseau.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
En ce qui concerne l'urgence :
3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. D'une part, il résulte de l'instruction que M. B était titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 10 juillet 2020 au 9 juillet 2023 et que, même si la préfecture de l'Essonne ne lui a délivré un rendez-vous que pour une date postérieure à la date d'expiration de ce titre, elle avait entamé des démarches pour en obtenir le renouvellement bien avant son expiration. La condition d'urgence est ainsi présumée. Le préfet de l'Essonne, qui n'a pas présenté d'observations, ne fait état d'aucune circonstance particulière de nature à y faire échec. D'autre part, et en tout état de cause, la décision contestée fait obstacle à l'instruction de la demande de titre de séjour présentée par la requérante et interrompt la régularité de son séjour en France. Par suite, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
5. Les moyens invoqués par Mme B, tirés de ce que la décision contestée, d'une part, a été prise par une autorité incompétente et, d'autre part, méconnait les dispositions des articles R. 431-10 et R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sont de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
6. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions prévues à l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont réunies. Par suite, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision orale, en date du 28 juillet 2023, par laquelle le sous-préfet de Palaiseau a refusé d'enregistrer la demande de titre de séjour de la requérante et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. () ".
8. En vertu de ces dispositions, il appartient au juge des référés d'assortir sa décision de suspension des seules obligations provisoires qui en découlent pour l'administration. Eu égard aux motifs de la présente ordonnance, il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Essonne de convoquer Mme B dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et, sous réserve de la production d'un dossier complet, d'enregistrer la demande de titre de séjour de l'intéressée et de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour l'autorisant à travailler, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la décision suspendue.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme de 800 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : L'exécution de la décision orale, en date du 28 juillet 2023, par laquelle le sous-préfet de Palaiseau a refusé d'enregistrer la demande de titre de séjour de Mme B et de délivrer un récépissé de demande de titre de séjour à l'intéressée, est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur les conclusions tendant à son annulation.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Essonne de convoquer Mme B dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et, sous réserve de la production d'un dossier complet, d'enregistrer la demande de titre de séjour de l'intéressée et de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour l'autorisant à travailler, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de la décision suspendue.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B une somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, au préfet de l'Essonne et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Versailles, le 3 octobre 2023.
Le juge des référés,
signé
R. Féral
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir l'exécution de la présente décision.
N°2307448
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026