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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2307606

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2307606

lundi 9 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2307606
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantAARPI DS AVOCATS - PARIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 15 septembre 2023 et le 5 octobre 2023, Mme D A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 17 juillet 2023 par lequel le maire de la commune d'Orgeval a délivré à M. et Mme B un permis de construire modificatif n° PC 78 466 19 G 0050 M02 portant modification des fondations de leur projet de réalisation d'une annexe pour la création d'un nouveau logement sur un terrain sis 64 rue du Four à Chaux sur le territoire de cette même commune ;

2°) de " prononcer par voie de conséquence directe et incontestable au regard du lien de causalité direct et inséparable entre l'objet du permis de construire modificatif et le permis de construire initial " la suspension de l'exécution de l'arrêté du 4 août 2020 par lequel le maire de la commune d'Orgeval a délivré à Mme B le permis de construire initial n° PC 78 466 19 G 0050 et ainsi que la suspension de l'exécution de l'arrêté de transfert dudit permis délivré en date du 31 mai 2023 à M. et Mme B sous le n° PC 78 466 19 G 0050 T01 ;

3°) d'enjoindre au maire d'Orgeval d'exécuter l'ordonnance à intervenir dès sa notification, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de la commune d'Orgeval et de M. et Mme B, " in solidum " une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens dont les frais d'huissier ;

La requérante soutient que :

- elle a intérêt pour agir, étant voisine immédiate du projet, lequel va d'ailleurs la priver de la vue et de l'ensoleillement dont elle disposait jusqu'alors ;

- le permis de construire modificatif n'a pas été affiché sur le terrain d'assiette du projet ;

En ce qui concerne la condition d'urgence :

- la condition d'urgence est présumée satisfaite, ainsi que le prévoient les dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ; par ailleurs les travaux de construction ont déjà commencé ; enfin, la construction projetée porte atteinte à la sécurité des maisons environnantes en ce qu'elle s'effectue dans un sol argileux fragile ; aussi de larges fissures sont apparues sur la façade de sa maison ; elle va perdre en vue et ensoleillement ;

En ce qui concerne l'existence de moyens de nature à créer en l'état de l'instruction un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :

- l'arrêté en litige a été pris par une autorité incompétente ; en effet, M. E, adjoint au maire, ne disposait pas d'une délégation de signature régulière en l'absence de publication de l'arrêté du 8 juin 2020 portant délégation à son bénéfice ;

- le dossier de demande de permis modificatif est incomplet et insuffisant ;

- le terrain d'assiette du projet ne pouvait pas faire l'objet d'une construction ;

- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article Uda 2.2 du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté urbaine du Grand Paris Seine et Oise ; en effet, est autorisé une construction située à moins d'un mètre de la limite séparative de fond de terrain, alors que ces dispositions prévoient un retrait d'au moins six mètres à compter d'une telle limite ;

- l'arrêté est illégal car il se fonde sur un arrêté de retrait d'un précédent refus de permis de construire intervenu postérieurement au délai de quatre mois courant à compter de son édiction ; en vertu de la théorie dite des " opérations complexes ", le permis modificatif est ainsi entaché d'illégalité ;

- il méconnaît les dispositions des articles L. 111-11 et R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- les prescriptions sont insuffisamment précises ;

- l'arrêté méconnaît " les jurisprudences Sekler et Thalamy " du Conseil d'Etat ;

- le dépôt de la demande de permis modificatif est illégale en ce qu'il est intervenu avant que le transfert de permis au nom de Mme et M B ne soit devenu exécutoire ;

- le permis de construire initial, le permis de construire modificatif, le retrait du refus de permis de construire ne sont pas motivés ;

- ces mêmes actes ne comportent que la signature de son auteur, et non les noms et prénoms tels qu'exigés par les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 octobre 2023, M. et Mme B, représentés par Me Bidault, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- sa requête est irrecevable, faute d'intérêt pour agir ;

-la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors que les travaux de fondation ont déjà été achevés ;

- aucun des moyens n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté querellé.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 octobre 2023, la commune d'Orgeval, représentée par Me Guillot, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire à " limiter la portée de l'annulation du permis de construire modificatif en tant qu'il concerne M. B ", et à ce qu'une somme de 6 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie, dès lors que les travaux de fondation ont été achevés ;

- aucun des moyens n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté querellé.

Vu les autres pièces du dossier, notamment la requête au fond enregistrée sous le n°2110291.

Vu la décision du Conseil d'Etat rendue le 17 mars 2017 et portant le n°396362.

Vu la décision du Conseil d'Etat rendue le 29 décembre 2004 et portant le n°266234.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté urbaine du Grand Paris Seine et Oise ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Delage, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 5 octobre 2023 à 10 heures, en présence de Mme Paulin, greffière d'audience, M. Delage a lu son rapport et entendu :

- les observations de Mme A, présente, qui conclut aux mêmes fins que sa requête et par les mêmes moyens et soutient en outre que les travaux ont été rapidement achevés depuis qu'elle a saisi le juge des référés et qu'elle a intérêt pour agir dès lors que les fondations autorisent une construction illégale au regard du PLUi ; elle évoque en outre l'arrêté de péril du 20 juin 2023 qui concerne le mur délimitant sa parcelle de celle des époux B et le sous-sol argileux, lequel a favorisé des fissures sur sa maison, et fait valoir la fraude ainsi que le défaut d'affichage et la médiation qui expliquent qu'elle n'ait pas saisi le juge des référés contre le permis initial, que M. B est conseiller municipal et que le permis a été initialement refusé, ce refus ayant été ensuite retiré ;

- les observations de Me Puponi, substituant Me Guillot, représentant la commune d'Orgeval, qui persiste dans ses précédentes écritures et soutient en outre que la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que celle-ci n'est retenue que quand les travaux démarrent ou sont encore en cours ; or, l'arrêté ne porte que sur les fondations et les travaux sont terminés, une telle circonstance étant de nature à renverser la présomption d'urgence instituée par les dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ; il soutient encore que la loi n'interdit pas la poursuite des travaux du seul fait de l'introduction d'un référé suspension, que M. B est conseiller municipal d'opposition de la commune d'Orgeval, ce qui était de nature à écarter les soupçons émis par la requérante, qu'aucun des moyens n'est de nature à créer un doute sur le permis modificatif, la majorité des moyens étant dirigés contre le permis initial qui n'est pas l'objet du litige et fait valoir le coût de la procédure pour la commune ;

- les observations de Me Bidault, représentant M. C B et Mme F B, qui persiste également dans ses précédentes écritures et soutient en outre que Mme A a multiplié les recours contentieux contre le projet des époux B, ce qui justifie sa demande de remboursement des frais exposés par ces derniers et non compris dans les dépens, que, sur l'intérêt à agir de la requérante, le permis de construire modificatif a pour objet l'installation de banquettes, ce qui est de nature à stabiliser le terrain argileux et qu'il a ainsi été délivré dans l'intérêt des voisins immédiats, notamment Mme A, qu'aucun lien de causalité n'a pu être établi entre le projet de M. et Mme B et les fissures de la façade de la maison de Mme A, que la condition d'urgence, qui s'apprécie par rapport au permis modificatif, n'est plus remplie dès lors que les travaux ont été achevés, que le permis initial, légal et non annulé par le juge, a été délivré avant l'entrée en vigueur du PLUi, les pétitionnaires disposant au demeurant d'un certificat d'urbanisme, et que l'affichage a été constaté par huissier.

La clôture de l'instruction a été prononcée à 11 heures 24 à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D A est propriétaire d'une maison individuelle située sur un terrain cadastré section AA n°s 269 et 270 dans la commune d'Orgeval (Yvelines). Par un arrêté du 4 août 2020, le maire de la commune d'Orgeval a délivré à Mme F B un permis de construire pour l'extension d'une annexe pour la création d'un nouveau logement sur un terrain cadastré section AA n°s 268 et 271. Ce permis de construire a été transféré au bénéfice de M. C B et Mme F B par un arrêté du 31 mai 2023. En dernier lieu, par un arrêté du 17 juillet 2023, le maire de la commune d'Orgeval a délivré aux intéressés un permis de construire modificatif portant sur la modification des fondations de leur projet. Mme A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de ce dernier arrêté.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. Le présent article n'est pas applicable aux décisions contestées par le pétitionnaire ".

4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative d'une requête tendant à la suspension de l'exécution d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Lorsque le requérant, sans avoir contesté le permis initial, forme un recours contre un permis de construire modificatif, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard de la portée des modifications apportées par le permis modificatif au projet de construction initialement autorisé. Il appartient dans tous les cas au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge des référés apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

5. Il résulte de l'instruction, et notamment des références cadastrales versées à la présente instance, que Mme A est voisine immédiate du projet litigieux, ce qui lui confère en principe intérêt pour agir. Toutefois, Mme A n'a saisi le juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, que d'une requête dirigée contre le permis de construire modificatif, et non le permis de construire initialement délivré à M. et Mme B dont la suspension n'est demandée que dans le dernier état des écritures et seulement par voie de conséquence de la suspension du permis modificatif. En conséquence, son intérêt pour agir doit être apprécié au regard des seules modifications autorisées par le permis de construire modificatif. Or, il résulte de l'instruction que ce permis modificatif a pour objet la modification des fondations du projet de création d'un nouveau logement de M. et Mme B. Aussi, ce permis vient modifier la profondeur des deux vides sanitaires se situant en dessous des constructions projetées. Plus précisément, il est ainsi prévu que les vides sanitaires soient d'une profondeur respective d'1 mètre 75 et 1 mètre 50, et couvert au fond de gravillons. S'agissant des limites séparatives, il est simplement prévu la mise en place de banquettes et d'isolant, ainsi que cela ressort du dossier de demande du permis de construire modificatif. Les deux vides sanitaires n'ayant pas vocation à être visibles, mais uniquement à stabiliser la construction projetée, tout comme la pose de banquettes sur le mur de limite séparative, il en résulte que de telles modifications ne portent, par elles-mêmes, aucune atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance du bien dont est propriétaire Mme A, laquelle ne peut utilement invoquer les conséquences du permis de construire initial. Dans ces conditions, Mme A ne justifie pas d'un intérêt pour agir aux fins de solliciter la suspension de l'exécution de l'arrêté du 17 juillet 2023 par lequel le maire de la commune d'Orgeval a délivré à M. et Mme B un permis de construire modificatif n° PC 78 466 19 G 0050 M02 portant modification des fondations de leur projet de réalisation d'une annexe pour la création d'un nouveau logement sur un terrain sis 64 rue du Four à Chaux. Mise à même au cours de l'audience de produire des observations sur cette fin de non-recevoir qui lui a été opposée en défense par M. et Mme B, la requérante n'a fourni aucun élément de nature à admettre son intérêt à agir au regard du seul permis de construire modificatif. Dans ces conditions, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense par M. et Mme B et de rejeter pour ce motif les conclusions aux fin de suspension et d'injonction.

Au surplus, sur la condition d'urgence :

6. Aux termes de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable ou contre un permis de construire, d'aménager ou de démolir ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite () ".

7. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

8. Il résulte de l'instruction, tant des écritures en défense que des observations orales de Mme A recueillies par le juge des référés à l'audience, que le permis de construire modificatif prévoyait des travaux de fondation en sous-sol et que ces travaux ont été réalisés. En outre, la circonstance que le permis de construire modificatif litigieux aurait été obtenu par fraude ou manœuvre, ce qui n'est au demeurant pas établi, ne pourrait en tout état de cause suffire à elle seule à constituer l'urgence justifiant de suspendre l'exécution d'une construction qui se trouve, à la date à laquelle le juge des référés statue, achevée. Par ailleurs, Mme A ne saurait invoquer à son bénéfice l'existence de larges fissures sur la façade de sa maison depuis que les travaux ont démarré dès lors qu'il ne résulte d'aucun élément de l'instruction que de telles fissures seraient la conséquence des travaux et que les travaux autorisés par le permis de construire modificatif emporteraient, comme elle le soutient, un dommage irréversible. De même, elle ne peut utilement soutenir, eu égard à l'objet et la portée du permis de construire modificatif, que la construction autorisée par le permis de construire initial emporterait une perte de vue et d'ensoleillement. Enfin, il ne saurait être tenu compte de l'arrêté de mise en sécurité du 20 juin 2023 du maire de la commune d'Orgeval, dès lors que le permis de construire modificatif a précisément vocation à stabiliser le mur sur lequel porte cet arrêté. Il suit de là que la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Aussi, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté querellé, il y a lieu également pour ce motif de rejeter les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par Mme A.

Sur les frais d'instance :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. et Mme B et de la commune d'Orgeval, lesquelles ne sont pas parties perdantes dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens. La requérante ne justifie enfin d'aucuns dépens.

10. En revanche, il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A, d'une part, une somme de 500 euros à verser à M. et Mme B et, d'autre part, une somme de 500 euros à verser à la commune d'Orgeval, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Mme A versera à une somme de 500 euros à M. et Mme B ainsi qu'une somme de 500 euros à la commune d'Orgeval en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A, à M. C B et Mme F B, ainsi qu'à la commune d'Orgeval.

Fait à Versailles, le 9 octobre 2023.

Le juge des référés,

signé

Ph. Delage

La greffière,

signé

S. Paulin

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2307606

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