jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2307641 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7éme chambre |
| Avocat requérant | GARAVEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 septembre 2023, Mme B A, représentée par Me Garavel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision née le 16 juin 2023 par laquelle le préfet de l'Essonne a rejeté, du fait de son silence, sa demande de titre de séjour déposée le 16 janvier 2023 ;
2°) d'enjoindre à titre principal au préfet de l'Essonne, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou un titre de séjour portant la mention " salarié " ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa demande et lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai d'un mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le silence gardé sur sa demande de titre de séjour a fait naître une décision implicite de rejet ; en l'absence de réponse à la demande de communication des motifs, la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit car elle est mère d'un enfant français dont elle contribue à l'éducation et à l'entretien ;
- pour les mêmes raisons, elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la commission du titre de séjour aurait dû être saisie et qu'elle est intégrée en France ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 décembre 2023, le préfet de l'Essonne conclut au non-lieu à statuer.
Il soutient que la requête a perdu son objet dès lors qu'un récépissé de demande de titre de séjour a été délivré à Mme A et que sa demande est toujours en cours d'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique le rapport de M. de Miguel,
Considérant ce qui suit :
Bh Adjoke A, ressortissante béninoise née le 12 décembre 1980, a obtenu une carte de séjour " vie privée et familiale " en qualité de parent d'enfant français depuis le 9 septembre 2015 et a été mise en possession d'un titre de séjour pluriannuel " vie privée et familiale " valable du 9 septembre 2017 au 8 septembre 2019. Mme A a sollicité le 16 février 2023 auprès de la préfecture de l'Essonne le renouvellement de son droit au séjour, sans réponse à ce jour. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le préfet de l'Essonne a rejeté implicitement sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ". Il résulte de ces dispositions que le silence gardé pendant quatre mois sur une demande de délivrance de titre de séjour fait naître une décision implicite de rejet.
3. En l'espèce, Mme A a présenté une demande de renouvellement de son titre de séjour " vie privée et familiale " en qualité de parent d'un enfant français le 16 février 2023. En l'absence de réponse des services préfectoraux sur cette demande, en application des dispositions précitées de l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette demande de titre de séjour a fait l'objet d'une décision implicite de rejet au terme d'un délai de quatre mois, soit le 16 juin 2023. Il n'est pas justifié au dossier qu'à cette date, la requérante ait été mise en possession d'un récépissé de demande de titre de séjour, ni que cette décision implicite de rejet ait été retirée par une décision expresse du préfet. Par suite, contrairement à ce que conclut le préfet de l'Essonne, il y a toujours lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A. Il s'ensuit que l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense doit être rejetée.
Sur les conclusions en annulation :
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". L'article L. 232-4 de ce code précise : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. () " La décision refusant la délivrance d'un titre de séjour à un étranger constitue une mesure de police qui est au nombre de celles qui doivent être motivées en application des dispositions précitées de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. En application des dispositions de l'article L. 232-4 du même code, l'étranger auquel est opposé tacitement, après quatre mois, un rejet de sa demande de titre de séjour, peut demander, dans le délai du recours contentieux, les motifs de cette décision implicite de rejet. En l'absence de communication de ces motifs dans le délai d'un mois, la décision implicite se trouve entachée d'illégalité.
5. Par un courrier du 19 juillet 2023, dont le préfet a accusé réception le 21 juillet suivant, Mme A a demandé la communication des motifs de la décision rejetant implicitement sa demande de renouvellement de titre de séjour, née le 16 juin 2023. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de l'Essonne aurait communiqué à l'intéressée les motifs de sa décision dans le mois suivant la réception de cette demande.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet de l'Essonne a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Eu égard au motif d'annulation de la décision attaquée ci-dessus retenu, il y a lieu, en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de l'Essonne de réexaminer la demande de titre de séjour présentée par Mme A dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle le préfet de l'Essonne a implicitement rejeté la demande de titre de séjour présentée par Mme A le 16 juin 2023 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Essonne, ou à tout autre préfet compétent territorialement, de procéder au réexamen de la demande de Mme A dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement seB Faosalath Adjoke A et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ouardes, président,
M. de Miguel, premier conseiller,
M. Lutz, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.
Le rapporteur,
Signé
F-X de Miguel
Le président,
Signé
P. Ouardes
La greffière,
Signé
C. Benoit-Lamaitrie
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026