lundi 16 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2307914 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | WAK-HANNA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Wak-Hanna, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du préfet de l'Essonne du 22 août 2023 par lequel il a rejeté la demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours à destination du pays dans lequel il établit être légalement admissible ;
2°) d'enjoindre au préfet compétent, dans l'attente du jugement au fond, à titre principal, de lui délivrer un récépissé de renouvellement de sa carte de séjour ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite ; en effet, il est en situation régulière sur le territoire français depuis plus de 5 ans et 11 mois et, depuis qu'il réside en France, il a toujours exercé une activité professionnelle ; la décision en litige le prive de tout séjour régulier sur le territoire alors qu'il remplit l'ensemble des conditions requises par les textes pour se voir renouveler sa carte de séjour ; cette décision le prive de son droit d'exercer une activité professionnelle sur le territoire français, alors même qu'il y a toujours travaillé et donc cotisé ; elle le prive de son droit de vivre dignement puisque, outre les frais de la vie courante, il est locataire d'un logement et règle donc mensuellement son loyer ;
- il existe des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; en effet, en premier lieu, le prétendu arrêté n°2023-002 du 10 janvier 2023 portant retrait de l'autorisation de travail du 5 décembre 2022 n'est pas joint à l'arrêté préfectoral en litige du 22 août 2023, de sorte qu'il est impossible de vérifier l'exactitude de l'arrêté en litige ; de plus, ce prétendu arrêté portant retrait de l'autorisation de travail n'a jamais été notifié aux principaux intéressés, soit à la société " H MEAT " et à M. B ; en deuxième lieu, l'arrêté en litige méconnaît les dispositions des articles L. 433-1, L. 421-1 et L. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le retrait de son autorisation de travail constitue en l'espèce une situation de privation involontaire d'emploi, au sens de ces dispositions ; en dernier lieu, l'arrêté en litige méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2023, le préfet de l'Essonne, représenté par Me Termeau, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête à défaut de preuve de dépôt d'une requête au fond, et à titre subsidiaire au rejet au fond de la requête, ni la condition d'urgence ni celle tenant au doute sérieux n'étant satisfaites.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête par laquelle les requérants demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Marc, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Ont été entendus au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 10 octobre 2023 à 14 heures 30, en présence de Mme Laforge, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Marc ;
- les observations de Me Wak-Hanna, pour M. B, qui persiste en ses conclusions et moyens, produit la preuve du dépôt de la requête en annulation formée contre l'arrêté en litige, et fait valoir que le courrier du 2 juillet 2023 adressé à M. B, à supposer qu'il l'ait reçu, n'est pas suffisamment explicite ;
- les observations de Me Rahmouni, substituant Me Termeau, qui persiste en ses conclusions et moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 15 heures 05.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. M. B, né le 19 mars 1983, est de nationalité marocaine. Il résulte de l'instruction qu'il a obtenu une carte de séjour temporaire valable du 6 octobre 2017 au 2 janvier 2018, puis s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle mention " salarié " valable du 6 octobre 2018 au 5 octobre 2022. Il en a demandé le renouvellement auprès des services la préfecture de l'Essonne. Le 16 août 2022, les services préfectoraux lui ont demandé de produire une autorisation de travail, dans un délai de 15 jours. Le 5 décembre 2022, il a obtenu une autorisation de travail pour un contrat à durée indéterminée à temps plein en qualité de boucher au sein de la société " H MEAT ", identifiée par le numéro SIRET N°83484814500019. Or, il n'est pas contesté que cette entreprise, alors située à Pontault-Combaut, était fermée depuis le 22 juillet 2022 et transférée à Aulnay-sous-Bois. Par un arrêté du 10 janvier 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis a alors retiré pour ce motif l'autorisation de travail du 5 décembre 2022. Cet arrêté a été notifié le 18 janvier 2023 à la société " H MEAT ". A défaut de nouvelle démarche tendant à l'obtention d'une nouvelle autorisation de travail au bénéfice de M. B, les services préfectoraux de l'Essonne ont alors adressé, le 2 juillet 2023, un courrier à ce dernier, lui demandant de fournir, dans un délai de vingt jours, son contrat de travail et une autorisation de travail. Ce courrier lui a été notifié le 15 juillet 2023, par courrier recommandé avec accusé de réception, lequel est signé par M. B, mais ce dernier n'a pas produit les documents demandés. Par un arrêté du 22 août 2023, notifié le 25 août suivant, dont le requérant demande la suspension, le préfet de l'Essonne a rejeté la demande de titre de séjour de M. B et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens tels que récapitulés ci-dessus dans les visas de la présente ordonnance n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence ni en tout état de cause la fin de non-recevoir opposée en défense, la requête présentée par M. B doit être rejetée en l'ensemble de ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 16 octobre 2023.
Le juge des référés,
signé
E. Marc
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026