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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2307949

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2307949

mardi 3 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2307949
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGARAVEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 septembre 2023, M. C B, représenté par Me Garavel, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite du 23 novembre 2022 par laquelle le préfet de l'Essonne lui a refusé le regroupement familial au bénéfice de son épouse, Mme A D ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de procéder à un nouvel examen de sa demande ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite en ce que la candidature de son épouse a été retenue au sein du Master 2 MAE Parcours Management de la Chaine Logistique à l'université de Paris 1 pour l'année 2023/2024 alors que son titre de séjour a expiré le 9 janvier 2022 et qu'il a formulé sa demande de regroupement familial le 23 décembre 2021 ; il s'agit d'une formation en alternance et une entreprise est prête à l'accueillir ; l'université lui réclame la régularisation de sa situation administrative ;

- il y a un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée dès lors qu'elle n'est pas motivée en dépit d'une demande de communication des motifs ; il justifie percevoir de ressources stables et suffisantes conformément à l'article L. 434-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il dispose en outre d'un logement conforme aux exigences de l'article R. 434-5 du même code ; elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en raison du risque de décomposition de l'unité familiale d'autant que son épouse est enceinte.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2023, le préfet de l'Essonne, représenté par Me Termeau, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, au rejet de la requête de M. B en faisant valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2307270 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision contestée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Fraisseix, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 2 octobre 2023 tenue en présence de Mme Paulin, greffière d'audience, M. Fraisseix a lu son rapport et entendu :

- Me Garavel, représentant M. B, non présent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et souligne, en particulier, que la requête est recevable dès lors que les voies et délais de recours mentionnés sur l'attestation de regroupement familial sont incomplètes et ne mentionnent notamment pas le tribunal à saisir ; en outre, l'épouse du requérant est inscrite en Master 2 à l'université de Paris 1 et a trouvé un emploi en alternance ; le requérant remplit les conditions de bénéfice du regroupement familial ;

- et Me Capuano, représentant le préfet de l'Essonne, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et insiste sur l'irrecevabilité de la requête ; en outre, elle fait valoir que la condition de l'urgence n'est pas remplie, l'épouse du requérant se trouvant déjà sur le territoire national.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 14 heures 20.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B, ressortissant sénégalais né le 22 novembre 1994, a épousé une compatriote, Mme A D, le 14 août 2021. Celle-ci a été titulaire de deux titres de séjour valables du 29 août 2018 au 9 janvier 2022. Le 23 mai 2022, M. B a présenté une demande de regroupement familiale au profit de son épouse auprès du préfet de l'Essonne qui n'a pas répondu, faisant ainsi naitre une décision implicite de rejet le 23 novembre 2022. Par la présente requête il demande au juge des référés la suspension de cette décision.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Et aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire () ".

3. L'urgence justifie que soit prononcé la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe remplie en cas de retrait ou de refus de renouvellement d'un titre de séjour.

4. Il résulte de l'instruction que si M. B soutient que son épouse ne pourra suivre ses études de Master 2 MAE Parcours Management de la Chaine Logistique à l'université de Paris 1 pour l'année 2023/2024 et est enceinte, outre que la demande de regroupement familial a été déposée plusieurs mois après l'expiration du titre de séjour de son épouse et que cette dernière se trouve déjà sur le territoire national, ces circonstances ne sont pas de nature à justifier l'urgence qui s'attacherait à la suspension des effets de la décision du 23 novembre 2022, le requérant n'établissant au demeurant pas que l'obtention d'un titre de séjour serait une condition exigée pour le Master concerné. Dès lors que l'une des conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension de l'exécution d'une décision administrative n'est pas remplie, M. B n'est pas fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision du 23 novembre 2022 par laquelle le préfet de l'Essonne lui a refusé le regroupement familial au bénéfice de son épouse. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête, de rejeter la requête de M. B en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, au préfet de l'Essonne et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Fait à Versailles, le 3 octobre 2023.

Le juge des référés, La greffière,

signé signé

P. Fraisseix S. Paulin

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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