LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2308417

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2308417

mardi 25 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2308417
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème chambre
Avocat requérantCABINET PIERRE PINTAT AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 octobre 2023, M. B A, représenté par Me Colliou, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 avril 2023 par lequel le maire de Mennecy a refusé de lui délivrer un permis d'aménager portant sur la division d'un terrain en vue de la création d'un lot à bâtir sur les parcelles cadastrées BK 344 et 598 situées au 7 rue de la Fontaine sur le territoire de la commune, ainsi que la décision implicite de rejet du recours gracieux qu'il a formé contre cet arrêté ;

2°) d'enjoindre au maire de Mennecy de lui délivrer le permis d'aménager sollicité dans un délai de 15 jours à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Mennecy la somme de 2 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence dès lors que son auteur ne justifie pas d'une délégation de signature régulière ;

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- le projet ne méconnaît pas l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) ;

- il ne méconnaît pas l'article UA 6 du règlement du PLU ;

- il ne méconnaît pas les règles concernant la défense contre l'incendie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2024, la commune de Mennecy, représentée par Me Pintat, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;

- une substitution de motifs pourrait être effectuée, dès lors, d'une part, que le projet méconnaît l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme, et, d'autre part, qu'il ne comporte pas d'aire de retournement d'engins.

Par une ordonnance du 10 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 février 2024 à 12 heures.

Un mémoire, présenté par M. A, a été enregistré le 4 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Caron, première conseillère,

- les conclusions de Mme Amar-Cid, rapporteure publique,

- et les observations de Me Elissalde, représentant la commune de Mennecy.

Considérant ce qui suit :

1. Le 24 janvier 2023, M. A a déposé auprès des services de la commune de Mennecy une demande de permis d'aménager portant sur la division d'un terrain en deux lots dont un à bâtir et le déplacement de huit places de parking sur le lot bâti, sur les parcelles cadastrées BK 344 et 598 situées au 7 rue de la Fontaine sur le territoire de la commune. Par un arrêté du 21 avril 2023, le maire de Mennecy a rejeté sa demande. M. A demande l'annulation de cet arrêté, ainsi que de la décision implicite de rejet du recours gracieux qu'il a formé contre cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Pour refuser la délivrance du permis d'aménager sollicité, le maire de la commune de Mennecy a retenu, d'une part, que le projet méconnaissait l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) en ce que les accès et voies ne répondent pas aux dimensions minimales prévues par cet article et, d'autre part, que la distance qui sépare la future maison du poteau incendie situé dans la rue est de plus de 130 mètres. En revanche, le seul visa de l'article UA 6 du règlement du PLU ne saurait être regardé comme un motif de la décision attaquée.

En ce qui concerne le motif tiré de la méconnaissance de l'article UA 3 du règlement du PLU de la commune de Mennecy :

3. Aux termes de l'article UA 3 : " I- Accès (cf lexique) : / Pour être constructible, une unité foncière doit avoir accès à une voie publique ou privée, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un passage aménagé sur fond voisin (). / Les accès doivent satisfaire aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et de la protection civile. Les accès sur les voies publiques doivent être aménagés de façon à éviter toute perturbation et tout danger pour la circulation générale. L'avis des services concernés pourra être requis pour apprécier le caractère suffisant de cette desserte. / La construction peut être refusée si les accès sont insuffisamment dimensionnés compte-tenu du nombre de logements ou du nombre de m2 de surface de plancher projeté, ou si les accès présentent un risque pour la sécurité des personnes. Cette sécurité doit être appréciée compte-tenu, notamment, de la disposition des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. / II- Voirie : / Les voies nouvelles publiques et privées devront correspondre aux règles minimales de desserte, de sécurité et de défense contre l'incendie. Leurs dimensions, formes et caractéristiques techniques doivent être adaptées aux usages (piétons, cyclables, automobiles) et trafic qu'elles supportent. / Toute voie doit avoir une emprise minimale de 8 m (composée à minima d'une chaussée permettant le croisement des véhicules et d'un trottoir d'au moins 1,40 m de largeur). / Toutefois, cette emprise, réalisée en chaussée partagée, pourra être réduite à : / - un minimum de 3,50 m si elle ne dessert qu'un seul logement / - un minimum de 5 m si elle dessert entre 2 et 5 logements () ". Aux termes du lexique de ce même règlement, " l'accès est un passage privé, non ouvert à la circulation publique, situé sur l'emprise de la propriété ou aménagé sur fonds voisin reliant la construction ".

4. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet comporte deux accès donnant sur la rue de la Fontaine, dont l'un est destiné à desservir le lot A et l'autre le lot B. Pour caractériser le non-respect de l'article UA 3 du règlement du PLU, le maire de Mennecy retient, d'une part, que l'accès doit être libre sur 3,5 mètres tout le long de la voie et que l'accès entre la maison et le mur mitoyen est de 2,90 mètres, et, d'autre part, que l'accès prévu pour les sept places de stationnement est d'environ 2,50 mètres. Toutefois, les dispositions du I de l'article UA 3 relatives aux accès citées au point 2 n'imposent pas le respect d'une largeur minimale, mais prévoient uniquement que les accès doivent répondre aux exigences de la sécurité, de la défense contre l'incendie et de la protection civile. Par ailleurs, si le II de l'article UA 3 du règlement du PLU, intitulé " Voirie ", impose effectivement une largeur minimale de 3,50 mètres aux voies desservant un logement, les bandes de terrain visées par l'arrêté contesté ne correspondent pas à de la voirie, que le lexique du PLU définit comme l'" ensemble des voies de communication composées de la chaussée et des trottoirs ", et ne constituent pas davantage des voies au sens de l'article UA 3, c'est-à-dire des voies de desserte qui sont extérieures aux terrains d'emprise des projets. Par suite, le requérant est fondé à soutenir qu'en refusant le permis d'aménager sollicité au motif que la largeur des accès est inférieure à 3,50 mètres, le maire de Mennecy a entaché sa décision d'une erreur de droit.

En ce qui concerne la distance entre la future maison et le poteau incendie situé dans la rue :

5. L'arrêté attaqué retient, comme second motif de refus, la circonstance que la future maison sera située à plus de 55 mètres de l'alignement et que le poteau incendie situé dans la rue est à plus de 75 mètres.

6. En premier lieu, le requérant est fondé à soutenir que ce second motif est entaché d'une insuffisance de motivation en droit, en l'absence de tout fondement juridique mentionné dans l'arrêté.

7. En second lieu, si la commune entend se prévaloir du règlement départemental de la défense extérieure contre l'incendie en Essonne, la seule circonstance que le poteau incendie soit situé à plus de 130 mètres de la future construction ne saurait par elle-même fonder un refus du permis d'aménager, alors d'ailleurs que ce règlement préconise, pour les maisons d'habitation, une distance maximale de 200 mètres avec une borne à incendie. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que le second motif de la décision attaquée n'est pas fondé.

En ce qui concerne la substitution de motifs demandée par la commune :

8. L'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.

9. Pour établir que la décision attaquée était légale, la commune de Mennecy soutient, dans son mémoire en défense qui a été communiqué à M. A, que le projet méconnaît l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme, et que par ailleurs le pétitionnaire aurait dû prévoir une aire de retournement d'engins ainsi que le prévoit la fiche de documentation technique sur la protection des personnes contre l'incendie pour les bâtiments individuels.

10. En premier lieu, la commune ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme, qui ne sont pas applicables dans les communes dotées d'un PLU. Par suite, la substitution de motif sollicitée par la commune sur ce fondement ne peut être accueillie.

11. En second lieu, la " fiche de documentation technique " émanant du service départemental d'incendie et de secours de l'Essonne, qui est par ailleurs dépourvue de valeur réglementaire, n'est pas au nombre des documents opposables à une demande de permis d'aménager portant sur le déplacement de places de stationnement et le détachement d'un lot à bâtir en maison individuelle. Par suite, la commune ne peut pas utilement soutenir que les prescriptions techniques contenues dans cette fiche ne seraient pas respectées. La demande de substitution de motifs présentée sur ce fondement doit donc également être écartée.

12. Pour application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état du dossier, aucun autre moyen n'est susceptible d'entraîner l'annulation de la décision attaquée.

13. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 avril 2023 du maire de la commune de Mennecy, ainsi que de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

14. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existants à la date du jugement y fait obstacle.

15. En raison des motifs qui la fonde, l'annulation de l'arrêté du 21 avril 2023 implique nécessairement, compte tenu de l'absence de changement de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, que soit délivré à M. A le permis d'aménager sollicité sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Il y a donc lieu d'enjoindre au maire de Mennecy de délivrer au requérant le permis d'aménager qu'il demande dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Mennecy demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

17. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Mennecy une somme de 1 800 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

Sur les dépens :

18. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

+

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Mennecy.

Délibéré après l'audience du 11 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Boukheloua, présidente,

Mme Caron, première conseillère,

M. Maljevic, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juin 2024.

La rapporteure,

signé

V. Caron

La présidente,

signé

N. Boukheloua

La greffière,

signé

B. Bartyzel

La République mande et ordonne à la préfète de l'Essonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions