lundi 20 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2309001 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre - Juge unique |
| Avocat requérant | DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés le 2 novembre 2023, le 26 mars 2024 et le 5 avril 2024, M. C B, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision " 48SI " du 20 septembre 2023 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer l'a informé de la perte de quatre points de son permis de conduire et de l'invalidation de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul et les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur et des outre-mer a retiré des points sur le solde de son permis de conduire à raison des infractions commises les 22 novembre 2014, 24 novembre 2014, 10 avril 2015, 30 janvier 2015, 4 janvier 2015, 3 août 2017, 12 février 2018, 11 septembre 2018, 2 avril 2021, 13 septembre 2022, 1er décembre 2022, 4 avril 2023 et 4 janvier 2023 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer les points correspondant à ces infractions et de rétablir le capital de son permis de conduire dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ont été méconnus.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 mars 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens présentés par M. B à l'appui de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B a commis une série d'infractions au code de la route les 22 novembre 2014, 24 novembre 2014, 10 avril 2015, 30 janvier 2015, 4 janvier 2015, 3 août 2017, 12 février 2018, 11 septembre 2018, 2 avril 2021, 13 septembre 2022, 1er décembre 2022, 4 avril 2023 et 4 janvier 2023, qui ont donné lieu au retrait de points affectés à son permis de conduire. Par une décision " 48SI " du 20 septembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer l'a informé de l'invalidation de son permis de conduire en raison d'un solde de points nul. M. B demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte des mentions du relevé d'information intégral relatif à la situation du requérant, édicté le 14 mars 2024, que les points retirés à la suite des infractions constatées les 30 janvier 2015, 3 août 2017, 12 février 2018 et 2 avril 2021 ont été restitués en application de l'article L. 223-6 du code de la route, les 12 novembre 2015, 6 août 2018, 3 janvier 2019 et 2 mars 2022, soit antérieurement à la date d'introduction de la requête. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant retrait de points sur le permis de conduire de M. B à la suite des infractions des 30 janvier 2015, 3 août 2017, 12 février 2018 et 2 avril 2021 sont irrecevables et la fin de non-recevoir opposée par le ministre de l'intérieur ne peut qu'être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès () ". L'article R. 223-3 du même code dispose que : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / III. - Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que l'accomplissement de la formalité substantielle prescrite par ces dispositions, qui constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal, conditionne la régularité de la procédure suivie et, partant, la légalité du retrait de points. L'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document lui permettant de constater la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
S'agissant des infractions des 22 novembre 2014 et 24 novembre 2014 :
5. Dans le cas d'une infraction constatée par un radar automatique et ayant fait l'objet du paiement d'une amende forfaitaire, la preuve de la délivrance de l'information préalable est apportée par la mention, sur le relevé intégral, de ce paiement. Il ressort des pièces du dossier et du relevé d'information intégral du requérant que, pour les infractions précitées constatées par radar automatique, le requérant s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire laquelle comportait les informations prévues par les dispositions de l'article L 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen tiré de l'absence de l'information préalable doit être écarté.
S'agissant de l'infraction du 10 avril 2015 :
6. Il ressort des pièces du dossier que cette infraction été constatée sur un outil dédié de type PDA ou tablette et que le requérant a procédé au paiement différé de l'amende forfaitaire après avoir nécessairement reçu l'avis de l'amende forfaitaire à son domicile, sur lequel figurent les informations requises par le code de la route. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L.223-3 et R 223-3 du code de la route doit être écarté.
S'agissant de l'infraction du 4 janvier 2023 :
7. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. Le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration rappelle la qualification de l'infraction au code de la route et précise que l'émission de l'amende forfaitaire majorée peut entraîner un retrait de points du permis de conduire, que cette amende peut être contestée dans un délai de trois mois, que les retraits et reconstitutions de points font l'objet d'un traitement automatisé et que le titulaire du permis peut accéder à ces informations. Ces indications mettent le contrevenant en mesure de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il sera procédé au retrait de points et portent à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
8. Il résulte de l'instruction, notamment du relevé d'information intégral communiqué par le ministre, que l'infraction relevée le 4 janvier 2023 a été constatée par radar automatique puis télétransmise au centre national de traitement du contrôle sanction automatisé (CNT-CSA). Ainsi un avis de contravention puis un avis de majoration de l'amende forfaitaire, comportant l'ensemble des informations prévues, ont été envoyés au requérant. En l'espèce, le ministre produit l'attestation de paiement établies par le trésorier du contrôle automatisé le 15 décembre 2023, que M. B s'est acquitté le 20 novembre 2023 de l'amende forfaitaire majorée correspondant à l'infraction constatée par radar automatique le 4 janvier 2023. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que M. B, qui ne démontre ni même n'allègue avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet, n'aurait pas bénéficié à l'occasion de cette infraction de l'information prévue aux articles L. 222-3 et R. 223-3 du code de la route, doit être écarté.
S'agissant des infractions des 4 janvier 2015 et 4 avril 2023 :
9. La requérante a été destinataire de l'information préalable prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l'occasion des infractions de même nature, à savoir un excès de vitesse inférieur à 20 km/h, commises les 22 et 24 novembre 2014. Dès lors l'omission de l'information, s'agissant des retraits de point contestés, n'a pas eu pour effet, dans les circonstances de l'espèce, de priver le requérant de la garantie instituée par la loi pour lui permettre d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable s'agissant des infractions commises les 4 janvier 2015 et 4 avril 2023 doit être écarté.
S'agissant des infractions des 13 septembre 2022, 1er décembre 2022 et 11 septembre 2018 :
10. Ces infractions ont été constatées par l'intermédiaire de procès-verbaux électroniques mentionnant un retrait de points, sans faire mention de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'exercer un droit d'accès. Il appartient au juge, saisi d'un moyen tiré de cette omission, de rechercher si, compte tenu des circonstances de l'espèce, et notamment, le cas échéant, de l'information dont l'intéressé a bénéficié à l'occasion d'autres infractions, elle a eu pour effet de priver l'intéressé de la garantie instituée par la loi, en ne lui permettant pas de mesurer les conséquences qu'aurait pour lui l'acceptation d'une composition pénale, valant reconnaissance de l'infraction et entraînant retrait de points.
11. En l'espèce, M. B a bénéficié, à l'occasion des infractions précitées des 22 et 24 novembre 2014 et 10 avril 2015, de l'ensemble des informations légalement exigées, y compris celle relative au traitement automatisé des points. Il s'ensuit que l'éventuelle omission de cette information lors de la constatation des infractions des 13 septembre 2022, 1er décembre 2022 et 11 septembre 2018 n'a pas eu pour effet de le priver d'une garantie.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 janvier 2025.
La magistrate désignée
signé
F. A
La greffière,
signé
C. Delannoy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026