jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2309010 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | OTMANE TELBA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 novembre 2023, M. B et Mme D, représentants légaux de M. A D, représentés par Me Otmane Telba, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 26 octobre 2023, par laquelle le recteur de l'académie de Versailles a suspendu temporairement la scolarité de leur fils et a informé la commune du Chesnay de son changement d'affectation, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Versailles de réexaminer la situation individuelle de leur enfant dans un délai de 8 jours à compter de la notification de la présente ordonnance ;
3°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Versailles de supprimer toute mention d'éviction ou de radiation du dossier scolaire de l'enfant de " la base élève établissement " ou de tout autre logiciel associé ;
4°) de mettre à la charge du Rectorat de l'académie de Versailles une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'urgence est caractérisée car la mesure est de nature à fragiliser l'acquisition des apprentissages de leur enfant, qu'elle n'est accompagnée d'aucune mesure d'accompagnement pédagogique, que le transfert vers l'école Paul Langevin est incertain compte tenu des travaux dans cet établissement et la répartition des élèves sur une autre école et que le transfert s'apparente à une décision de radiation d'une école ;
- les moyens tirés du défaut de motivation, de l'inexacte application des articles L. 111-4 et R. 411-4 du code de l'éducation, de la méconnaissance de l'article L. 111-4 et R. 411-11 du code de l'éducation et de l'article L. 131-1 de ce code sont de nature à créer un doute sérieux sur sa légalité de la décision attaquée.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 novembre 2023, le recteur de l'Académie de Versailles conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'urgence n'est pas établie ;
- aucun doute n'existe sur la légalité de la décision attaquée.
Par un courrier en date du 15 novembre 20223, la juge des référés, sur le fondement de l'article R 611-7 du CJA, a informé les parties qu'elle était susceptible de soulever d'office le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision de radiation de l'enfant de l'école Chèvreloup révélée par la décision attaquée.
Par un mémoire en date du 15 novembre 2023, M. B et Mme D ont fait part de leurs observations sur le moyen d'ordre public.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 novembre 2023, le recteur de l'Académie de Versailles conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il fait valoir que par une décision du 16 décembre 2023, la décision de changement d'école a été retirée et que A pourra retourner à l'école Chèvreloup.
Par un mémoire en date du 22 décembre 2023, M. B et Mme D maintiennent leurs conclusions à fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond par laquelle M. B et Mme D demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 28 novembre 2023 tenue en présence de Mme Paulin, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme C ;
- les observations de Me Otmane Telba qui indique que même si la décision a été retirée, il n'y a pas de certitude quant au retrait dans le dossier scolaire de l'enfant de la mesure de suspension.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et qu'aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () " ; qu'enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
Sur l'exception de non-lieu :
2. Par une décision en date du 26 octobre 2023, le recteur de l'Académie de Versailles a suspendu provisoirement l'élève A D scolarisé en classe de CM2, à l'école élémentaire Chèvreloup, situé au 12 rue de l'étang au Chesnay Rocquencourt du 6 novembre au 10 novembre 2023 et procédé à son changement d'école. Par une décision en date du 16 novembre 2023, le recteur a retiré la décision de changement d'école et mis en place des mesures d'accompagnement avec l'école élémentaire Chèvreloup. Il s'ensuit que les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 26 octobre 2023 en tant qu'elle procédait au changement d'école de l'enfant et celles tendant au réexamen de la situation de l'enfant sont devenues sans objet. Il y a donc lieu dans cette mesure de ne plus y statuer.
Sur les conclusions en injonction :
3. Si les requérants maintiennent leurs conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint de retirer du dossier scolaire de l'enfant la mention de la mesure de suspension, il résulte de l'instruction que cette mesure a été entièrement exécutée et des débats de l'audience, que les requérants n'entendent plus en demander la suspension de ce fait. Dès lors, faute de demande de suspension de la décision de suspension provisoire prise par le recteur, de telles conclusions, à les supposer recevables, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à M. B et Mme D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 26 octobre 2023 en tant qu'elle procédait au changement d'école de l'enfant et de celles tendant au réexamen de la situation de l'enfant.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à M. B et Mme D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B, à Mme D et au Rectorat de l'Académie de Versailles.
Fait à Versailles, le 30 novembre 2023.
La juge des référés,
signé
S. C
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026