lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2309025 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BAOUALI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 novembre et 19 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Baouali, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 octobre 2023 par lequel le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a informé qu'il fera l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français s'il se maintient irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire ;
2°) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de la date de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- le préfet, dont l'automaticité de la décision est à relever, n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- cette décision, en ce qu'elle ne retient pas une résidence sur le territoire français depuis l'année 2000, est entachée d'une erreur de fait ;
- elle méconnait les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions ;
- elle porte atteinte à sa vie privée et familiale et méconnait ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle porte atteinte à sa vie privée et familiale et méconnait ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision informant M. A qu'une interdiction de retour serait prononcée à son encontre en cas de maintien irrégulier sur le territoire français :
- elle est disproportionnée et porte atteinte à sa vie privée.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2023, le préfet des Yvelines conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Par courrier du 17 juillet 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible de fonder son jugement sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision informant M. A qu'une interdiction de retour serait prononcée à son encontre en cas de maintien irrégulier sur le territoire français, laquelle ne fait pas, par elle-même, grief et ne constitue pas une décision susceptible de recours.
Par un mémoire, enregistré le 31 juillet 2024, M. A a présenté des observations en réponse au moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Gibelin, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 14 mars 1976, entré en France le 18 février 2000 selon ses déclarations, a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 2 octobre 2023, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et l'a informé qu'il fera l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français s'il se maintient irrégulièrement sur le territoire au-delà du délai de départ volontaire. L'intéressé demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur l'information relative à l'édiction d'une interdiction de retour en cas de maintien irrégulier sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire :
2. Si M. A, qui n'a pas fait l'objet d'une interdiction de retour sur le territoire français, demande l'annulation de l'information faite par le préfet, à l'article 5 de son arrêté, qu'il édictera une interdiction de retour s'il se maintient irrégulièrement sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire, cette simple information n'a pas le caractère d'une décision faisant grief et n'est pas susceptible de recours. Par suite, les conclusions tendant à son annulation sont irrecevables.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 2 octobre 2023 :
En ce qui concerne le moyen commun à la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour et à l'obligation de quitter le territoire français :
3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 dudit code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de
la décision ".
4. L'arrêté contesté comporte les considérations de droit et de fait constituant le fondement de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour. En effet, après avoir rappelé les textes dont le préfet a fait application, l'arrêté énonce les éléments de fait relatifs à la situation personnelle et familiale de M. A. Il indique en particulier l'état civil du requérant et sa nationalité, la date alléguée de son arrivée en France et le fondement juridique de sa demande. Il expose par ailleurs les circonstances de fait propres à la situation du requérant ayant justifié le rejet de sa demande de titre de séjour. Ainsi, contrairement à ce que fait valoir l'intéressé, et alors même que les motifs de l'arrêté attaqué ne reprennent pas l'ensemble des éléments caractérisant sa situation, la décision portant refus de délivrance de titre de séjour répond aux exigences de motivation posées par les dispositions citées au point précédent. Il en va de même de la décision portant obligation de quitter le territoire français, dont la motivation se confond avec celle du refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
5. En premier lieu, il ne ressort ni des termes de la décision, ni des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas, avant de prendre la décision contestée, procédé à un examen particulier de la situation de M. A, ou que cette décision aurait été prise de manière automatique. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
6. En deuxième lieu, si M. A soutient que la décision attaquée, en ce qu'elle ne retient pas une résidence sur le territoire français depuis l'année 2000, est entachée d'une erreur de fait, les pièces qu'il produit, éparses et peu probantes, ne suffisent pas à établir sa résidence sur le territoire au cours de la période alléguée. Par suite le moyen doit être écarté.
7. En troisième lieu, à défaut de justifier d'avoir saisi le préfet d'une demande de titre de séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifié à l'article L.423-23 de ce code, et dès lors que ce dernier n'a pas examiné d'office sa demande sur ce fondement, M. A ne peut utilement invoquer les moyens tirés de la méconnaissance de ces dispositions ou d'une erreur d'appréciation au regard de celles-ci.
8. En quatrième lieu, si M. A se prévaut d'une résidence sur le territoire français depuis l'année 2000, les pièces qu'il produit, éparses et peu probantes, ne sont pas de nature à en justifier. Par ailleurs, M. A ne justifie d'aucune attache en France ni d'aucune insertion sociale ou professionnelle. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la décision porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et méconnait ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, il n'est pas fondé à soutenir que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle. Les moyens doivent être écartés.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination :
Pour les raisons précédemment exposées au point 8, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision porte atteinte à sa vie privée et familiale et méconnait ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle. Les moyens doivent être écartés.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Yvelines du 2 octobre 2023 doivent être rejetées ainsi que celles, par voie de conséquence, à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Yvelines.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Lellouch, présidente,
M. Gibelin, premier conseiller,
Mme Corthier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
F. GibelinLa présidente,
signé
J. Lellouch
La greffière,
signé
Y. Bouakkaz
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026