mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| Section | Tribunal Administratif de VERSAILLES |
| N° Dossier | TA78-2309470 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | RIVIÈRE | AVOCATS | ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
I. Sous le n° 2309470, par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 novembre 2023 et 19 juillet 2024, et un mémoire enregistré le 7 octobre 2024, non communiqué, l'Association Collégiale Vélizy Ecologiste et Solidaire, représentée par sa présidente, Mme A B, ayant pour avocat Me Cofflard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2023-362 du 28 juin 2023 par lequel le maire de Vélizy-Villacoublay a accordé le permis de construire n° PC 78640 22 V 1024 à la SAS Construction Verrecchia autorisant la construction de deux bâtiments d'habitation collectifs sur le terrain situé avenue Sadi Lecointe et avenue Roland Garros à Vélizy Villacoublay correspondant aux parcelles cadastrées section AM nos 338 et 503 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vélizy-Villacoublay la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'association soutient que :
- elle justifie d'un intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté attaqué ;
- le décalage des demandes de permis de construire des 3 autres bâtiments qui constituent le quartier du Mail procède d'une manœuvre dilatoire pour échapper à l'application des dispositions de l'article L. 151-15 du code de l'urbanisme prévues par l'article UA 2 du règlement du plan local d'urbanisme de Vélizy-Villacoublay ;
- il méconnaît les dispositions des articles L. 123-1 à L. 123-19 et R. 123-1 à R. 123-4 du code de l'environnement dès lors qu'il n'a pas été précédé d'une enquête publique ;
- il méconnaît l'alinéa 4 de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'a pas été précédé d'une concertation préalable ;
- il méconnaît l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune et les articles L. 621-30 à L. 621-32 du code du patrimoine dès lors que les immeubles qui vont être démolis sont indissociables du cantonnement de CRS classé " élément bâti remarquable " situé à proximité ;
- il méconnaît les obligations relatives à la construction de logement sociaux prévues par l'article 55 de la loi Solidarité et Renouvellement urbain ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article L. 122-1 du code de l'environnement dès lors qu'il n'a pas été précédé d'une évaluation environnementale.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 juin 2024 et 17 septembre 2024, la SAS Construction Verrecchia, représentée par Me Vaz, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et en toute hypothèse à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'association requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
- la requête présentée par l'Association Vélizy Ecologiste et Solidaire est irrecevable dès lors que cette association ne justifie ni de sa qualité pour agir, ni d'un intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté attaqué ;
- les signataires de la requête ne justifient pas de leur capacité pour agir au nom de l'association ;
- les moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2024, la commune de Vélizy- Villacoublay, représentée par Me Margaroli, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de l'association requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête de l'association est irrecevable au regard de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative ;
- elle est irrecevable au regard de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- elle est irrecevable au regard de l'article L. 600-1-1 du code de l'urbanisme ;
- elle est irrecevable dès lors que l'association ne dispose pas d'un intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté attaqué ;
- elle est irrecevable dès lors que l'association ne justifie pas de sa qualité pour agir à l'encontre de l'arrêté attaqué ;
- les moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 19 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 8 octobre 2024.
II. Sous le n° 2309474, par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 novembre 2023 et 19 juillet 2024, et un mémoire enregistré le 7 octobre 2024, non communiqué, l'Association Collégiale Vélizy Ecologiste et Solidaire, représentée par sa présidente, Mme A B, ayant pour avocat Me Cofflard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2023-339 du 15 juin 2023 par lequel le maire de Vélizy- Villacoublay a accordé le permis d'aménager n° PA 78640 22 V 0004 à la SAS Construction Verrecchia autorisant la division en 5 lots d'un terrain sis avenue Sadi Lecointe et avenue Roland Garros à Vélizy Villacoublay sur les parcelles cadastrées section AM nos 338 et 503 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Vélizy-Villacoublay la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'association soutient que :
- elle justifie d'un intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté attaqué ;
- le décalage des demandes de permis de construire des 3 autres bâtiments qui constituent le quartier du Mail procède d'une manœuvre dilatoire pour échapper à l'application des dispositions de l'article L. 151-15 du code de l'urbanisme ;
- il méconnaît les dispositions des articles L. 123-1 à L. 123-19 et R. 123-1 à R. 123-4 du code de l'environnement dès lors qu'il n'a pas été précédé d'une enquête publique ;
- il méconnaît l'alinéa 4 de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme dès lors qu'il n'a pas été précédé d'une concertation préalable ;
- il méconnaît l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune et les articles L. 621-30 à L. 621-32 du code du patrimoine dès lors que les immeubles qui vont être démolis sont indissociables du cantonnement de CRS classé " élément bâti remarquable " situé à proximité ;
- il méconnaît les obligations relatives à la construction de logement sociaux prévues par l'article 55 de la loi Solidarité et Renouvellement urbain ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article L. 122-1 du code de l'environnement dès lors qu'il n'a pas été précédé d'une évaluation environnementale.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 juin 2024 et 17 septembre 2024, la SAS Construction Verrecchia, représentée par Me Vaz, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et en toute hypothèse à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'association requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société soutient que :
- la requête présentée par l'Association Vélizy Ecologiste et Solidaire est irrecevable dès lors que cette association ne justifie ni de sa qualité pour agir, ni d'un intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté attaqué ;
- les signataires de la requête ne justifient pas de leur capacité pour agir au nom de l'association ;
- les moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2024, la commune de Vélizy- Villacoublay, représentée par Me Margaroli, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de l'association requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête de l'association est irrecevable au regard de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative ;
- elle est irrecevable au regard de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- elle est irrecevable au regard de l'article L. 600-1-1 du code de l'urbanisme ;
- elle est irrecevable dès lors que l'association ne dispose pas d'un intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté attaqué ;
- elle est irrecevable dès lors que l'association ne justifie pas de sa qualité pour agir à l'encontre de l'arrêté attaqué ;
- les moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 19 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 8 octobre 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code du patrimoine ;
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 2003-710 du 1 août 2003 d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine ;
- la loi n° 2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine ;
- le décret n° 2014-1750 du 30 décembre 2014 fixant la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville dans les départements métropolitains ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ghiandoni,
- les conclusions de Mme Mathé, rapporteure publique,
- et les observations de Me Cofflard, représentant l'association collégiale Vélizy Ecologiste Solidaire, de Me Vaz, représentant la SAS Construction Verrecchia et de Me Coquerelle, représentant la commune de Vélizy-Villacoublay.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 2309470 et n° 2309474, présentées pour l'Association collégiale Vélizy écologiste solidaire, présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. Par des arrêtés en date du 15 juin 2023 et du 28 juin 2023 le maire de la commune de Vélizy-Villacoublay a délivré à la société " Construction Verrecchia ", respectivement, un permis d'aménager et un permis de construire de deux immeubles à usage d'habitation sur le terrain situé avenue Sadi Lecointe et avenue Roland Garros à Vélizy-Villacoublay correspondant aux parcelles cadastrées section AM nos 338 et 503. Par les requêtes visées ci-dessus, l'association collégiale Vélizy écologiste et solidaire demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur le désistement d'office :
3. Aux termes de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative : " En cas de rejet d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, il appartient au requérant, sauf lorsqu'un pourvoi en cassation est exercé contre l'ordonnance rendue par le juge des référés, de confirmer le maintien de sa requête à fin d'annulation ou de réformation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce rejet. A défaut, le requérant est réputé s'être désisté. / Dans le cas prévu au premier alinéa, la notification de l'ordonnance de rejet mentionne qu'à défaut de confirmation du maintien de sa requête dans le délai d'un mois, le requérant est réputé s'être désisté. ". Il résulte de ces dispositions qu'il ne peut être donné acte du désistement d'office du requérant que si la notification de l'ordonnance de référé qui lui a été adressée comporte la mention prévue au second alinéa de cet article.
4. En l'espèce, la notification à l'association collégiale Vélizy écologiste solidaire de l'ordonnance de référé du 16 août 2024 ne comportait pas les mentions requises par le second alinéa de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative précité. Il s'ensuit que la commune de Vélizy-Villacoublay n'est pas fondée à soutenir que l'association requérante doit être réputée s'être désistée au motif qu'elle n'a pas confirmé le maintien de sa requête dans le délai d'un mois suivant cette notification.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
5. En premier lieu, selon le 1° du I de l'article L. 122-1 du code de l'environnement, constitue un projet au sens de ces dispositions " la réalisation de travaux de construction, d'installations ou d'ouvrages, ou d'autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage, y compris celles destinées à l'exploitation des ressources du sol ". Aux termes du II du même article : " Les projets qui, par leur nature, leur dimension ou leur localisation, sont susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement ou la santé humaine font l'objet d'une évaluation environnementale en fonction de critères et de seuils définis par voie réglementaire et, pour certains d'entre eux, après un examen au cas par cas ". Le III de ce même article dispose : " Lorsqu'un projet est constitué de plusieurs travaux, installations, ouvrages ou autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage, il doit être appréhendé dans son ensemble, y compris en cas de fractionnement dans le temps et dans l'espace et en cas de multiplicité de maîtres d'ouvrage, afin que ses incidences sur l'environnement soient évaluées dans leur globalité ". La rubrique 39 b) de l'annexe à l'article R. 122-2 du code de l'environnement prévoit que sont soumises à évaluation environnementale systématique les opérations d'aménagement dont le terrain d'assiette est supérieur ou égal à 10 hectares et que sont soumis à un examen au cas par cas les opérations d'aménagement dont la surface de plancher au sens de l'article R. 111-22 du code de l'urbanisme ou l'emprise au sol au sens de l'article R. 420-1 du même code est supérieure ou égale à 10 000 m². Aux termes de l'article R. 122-2-1 du code de l'environnement : " L'autorité compétente soumet à l'examen au cas par cas prévu au IV de l'article L. 122-1 tout projet, y compris de modification ou d'extension, situé en deçà des seuils fixés à l'annexe de l'article R. 122-2 et dont elle est la première saisie, que ce soit dans le cadre d'une procédure d'autorisation ou d'une déclaration, lorsque ce projet lui apparaît susceptible d'avoir des incidences notables sur l'environnement ou la santé humaine au regard des critères énumérés à l'annexe de l'article R. 122-3-1 ". Et aux termes de l'article L. 123-1 du code de l'environnement : " Le chapitre III s'applique à la participation du public : / - pour les projets mentionnés à l'article L. 122-1, après le dépôt de la demande d'autorisation ; / () / - à d'autres décisions qui ont une incidence sur l'environnement. / Cette participation prend la forme : / 1° D'une enquête publique en application des articles L. 123-1 et suivants ; () ".
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 15 juin 2023 par lequel le maire de la commune de Vélizy-Villacoublay a délivré à la société " Construction Verrecchia " un permis d'aménager n'emporte la réalisation d'aucun travaux ou d'autres interventions dans le milieu naturel ou le paysage. Il ressort également des pièces du dossier que ce permis d'aménager porte sur un terrain de 20 315 m² qui se situe en centre-ville dans un secteur très urbanisé qui ne présente aucune sensibilité environnementale. Ainsi, il n'est pas soumis à une évaluation environnementale ou, compte tenu de son ampleur ou de sa nature, à une demande d'examen au cas par cas. Par ailleurs, si le plan local d'urbanisme comporte, sur un périmètre de 15,07 hectares, une orientation d'aménagement et de programmation (OAP) n° 2 prévoyant le renouvellement du quartier du Mail qui indique que son objectif est " d'encadrer sa restructuration à venir dans le but d'y développer un véritable pôle urbain, animé et agréable, à l'échelle de la commune, tout en y affirmant la place du piéton dans des espaces à vivre " et localise de manière non circonstanciée certains secteurs projetés " pour développer l'offre de logement ", cette OAP se borne ainsi à exposer les objectifs poursuivis dans le cadre de la planification urbanistique, sans projet ni calendrier précis. Enfin, la desserte du terrain d'assiette du permis d'aménager est assurée par les voies existantes et n'est pas conditionnée à la mise en œuvre du projet de renouvellement urbain, lequel a d'ailleurs été soumis à concertation par délibération du 3 avril 2024. Dans ces conditions, la circonstance que le terrain d'assiette soit couvert par l'OAP n° 2 démontre non pas une unicité du projet mais seulement son inscription dans la planification urbanistique de la commune. Il n'est donc pas établi de lien entre les deux de nature à caractériser le fractionnement d'un projet unique.
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 28 juin 2023 par lequel le maire de la commune de Vélizy-Villacoublay a délivré à la société " Construction Verrecchia " un permis de construire porte sur un projet autorisé d'une surface de plancher de 5 002 m² et sur une emprise bâtie au sol de 1 329 m². Ainsi, au regard, de son ampleur, de sa nature et de l'environnement exposé au point 6, il n'est soumis ni à une évaluation environnementale ni à une demande d'examen au cas par cas. Par ailleurs, alors qu'il ressort des pièces du dossier que le projet autorisé par le permis de construire en litige peut être mis en œuvre de manière indépendante, la seule circonstance que la modélisation des constructions à venir sur les parcelles 338 et 503 présentée par la commune à ses habitants dans ses publications municipales fasse apparaître cinq immeubles, d'une surface de plancher totale de plus de 10 000 m² et devant accueillir environ 160 logements sur une surface de moins de 1,3 hectares, ne suffit pas, compte tenu notamment de l'existence de réflexions en cours sur les aménagements du périmètre de l'OAP n°2, à établir qu'à la date d'octroi du permis de construire en litige, la commune avait programmé toutes ces constructions de logements. Il ne ressort ainsi pas des pièces du dossier que la commune a fractionné un projet de construction de plus grande ampleur. Au demeurant, la commune a, le moment venu, obtenu, par une décision du préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris du 9 août 2023, une dispense, au titre de l'examen au cas par cas prévu par l'article R. 122-2 du code de l'environnement, d'évaluation environnementale pour le " projet d'aménagement Sadi Carnot " (sic) dans le quartier du mail à Vélizy-Villacoublay. Dès lors, l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que le permis de construire en litige participait, à la date des décisions en litige, d'un projet unique plus large entrant dans les prévisions du code de l'environnement relatif à l'évaluation environnementale en application des dispositions précitées. De même, le projet de la société pétitionnaire ne correspond à aucune des hypothèses visées par l'article R. 103-1 du code de l'urbanisme et n'entre en conséquence pas dans le champ de la procédure de concertation de l'article L. 103-1 du même code. Enfin, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent sur l'OAP n° 2 permettant le renouvellement du quartier du Mail et alors que la desserte du terrain d'assiette du permis de construire est assurée par les voies existantes et que la réalisation du projet autorisé par le permis de construire en litige n'est pas conditionnée à la mise en œuvre du projet de renouvellement urbain, la circonstance que le terrain d'assiette de ce permis soit couvert par l'OAP n° 2 démontre non pas une unicité du projet mais seulement son inscription dans une même opération d'urbanisation de la zone. Il n'est donc pas établi de lien entre les deux de nature à caractériser le fractionnement d'un projet unique.
8. Compte tenu de ce qui a été exposé ci-dessus, les arrêtés attaqués n'entraient pas dans le champ des dispositions des articles L. 122-1 et L. 123-1 du code de l'environnement. Les moyens tirés de la méconnaissance de ces dispositions ne peuvent dès lors qu'être écartés.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme : " Font l'objet d'une concertation associant, pendant toute la durée de l'élaboration du projet, les habitants, les associations locales et les autres personnes concernées : / () 4° Les projets de renouvellement urbain ".
10. En l'absence de toute autre précision, il y a lieu de considérer que les " projets de renouvellement urbain " visés par ces dispositions législatives sont ceux auxquels se réfère la loi du 21 février 2014, prévus par la loi n° 2003-710 du 1er août 2003. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet litigieux constitue un " projet de renouvellement urbain " au sens du 4° de l'article L. 103-2 du code de l'urbanisme précité. Dès lors, le moyen tiré de l'absence de soumission du projet à la concertation prévue par ces dispositions doit être écarté.
11. En troisième lieu, aux termes de l'article UA 2 du règlement du plan local d'urbanisme de Vélizy-Villacoublay : " () / En application de l'article L.151-15 du code de l'urbanisme, tout programme de construction à destination de logement d'au moins 100 logements doit comporter un taux minimum de logements locatifs sociaux correspondant au taux légal en vigueur pour la commune. "
12. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 6 et 7 du présent jugement, et alors, au surplus, que le taux fixé par ces dispositions doit être apprécié sur l'ensemble des logements d'un programme de construction, l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que les arrêtés en litige participaient, à la date des décisions en litige, d'un programme de construction d'au moins 100 logements dans le cadre de l'OAP n°2 ou du projet d'aménagement Sadi Carnot compte tenu de leur avancement. Ainsi, alors que le permis d'aménager n'a pas pour objet la création de logement et que le permis de construire attaqué ne porte que sur la construction de deux bâtiments comprenant 71 logements, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UA 2 du règlement du plan local d'urbanisme précitées doit être écarté.
13. En quatrième lieu, aux termes de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Velizy-Villacoublay : " En application de l'article R111-27 du Code de l'urbanisme, le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. / Afin d'assurer l'insertion d'un projet d'extension, de construction neuve ou de modification de l'aspect extérieur d'une construction existante dans son environnement urbain, une charte architecturale figurant en annexe du dossier explicite les modalités de mise en œuvre des prescriptions réglementaires. / L'autorisation de bâtir peut être refusée si les constructions, par leur implantation, leur aspect extérieur sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants () ".
14. D'une part, si la division prévue par le permis d'aménager en litige a vocation à permettre l'édification à terme de plusieurs résidences, l'arrêté contesté du 15 juin 2023 se borne toutefois à prévoir la seule division parcellaire. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le permis de construire en litige, qui concerne un projet de construction, qui se situe le long du Mail et de l'avenue Sadi Lecointe à Vélizy-Villacoublay, consiste en la construction de deux immeubles de 71 logements collectifs d'habitation collective de type R+5+attique (bâtiment A) et R+5 (bâtiment B) destinés à remplacer une barre d'immeuble de type R+4 érigée dans les années 1960. Les volumes de ces constructions, notamment leurs hauteurs, sont comparables à celles d'autres bâtiments voisins, et entre lesquels des percées ont été prévues pour éviter la création d'un front bâti continu. Le projet se situe dans un environnement très urbanisé composé de constructions hétérogènes et sans harmonie particulière, au sein duquel on trouve majoritairement des immeubles de logements collectifs. En outre, la demande de permis de construire en litige a reçu l'avis favorable de l'Architecte des bâtiments de France. Ainsi, alors même que ce projet se situe dans le périmètre de trois éléments classés " éléments bâtis remarquables " par le PLU de la commune, l'environnement du projet présente des caractéristiques architecturales et urbanistiques très disparates. Dans ces conditions, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que le maire de la commune de Vélizy-Villacoublay a considéré que le projet de la société pétitionnaire était conforme à l'article UA11 du règlement du PLU.
15. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " Les immeubles ou ensembles d'immeubles qui forment avec un monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur sont protégés au titre des abords () II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques () ". Aux termes de l'article L. 621-31 du même code : "Le périmètre délimité des abords prévu au premier alinéa du II de l'article L. 621-30 est créé par décision de l'autorité administrative, sur proposition de l'architecte des Bâtiments de France ou de l'autorité compétente en matière de plan local d'urbanisme, de document en tenant lieu ou de carte communale, après enquête publique, consultation du propriétaire ou de l'affectataire domanial du monument historique et, le cas échéant, de la ou des communes concernées. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 621-32 de ce code : " I. -Le permis de construire, le permis de démolir, le permis d'aménager, l'absence d'opposition à déclaration préalable ou l'autorisation prévue au titre des sites classés en application de l'article L. 341-10 du code de l'environnement tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du présent code si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées. () ".
16. L'association requérante ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées du code du patrimoine au seul motif que le projet de construction en litige se situe dans le périmètre de trois éléments classés " éléments bâtis remarquables " par le PLU de la commune. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté comme inopérant.
17. En sixième lieu, si la requérante soutient que l'arrêté en litige méconnait les dispositions de l'article 55 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains, qui impose aux communes la réalisation de 20% de logement sociaux dès lors que le projet ne comprend pas de logement social, cette obligation s'apprécie à l'échelle de la ville et non d'un projet et ne saurait être opposée à un permis de construire. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
18. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir soulevées en défense, que les conclusions présentées par l'association collégiale Vélizy écologie solidaire tendant à l'annulation des arrêtés en date du 15 juin 2023 et du 28 juin 2023 par lesquels le maire de la commune de Vélizy-Villacoublay a délivré à la société " Construction Verrecchia ", respectivement, un permis d'aménager et un permis de construire de deux immeubles à usage d'habitation sur le terrain situé avenue Sadi Lecointe et avenue Roland Garros à Vélizy Villacoublay correspondant aux parcelles cadastrées section AM nos 338 et 503 ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Vélizy Villacoublay, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que l'association collégiale Vélizy écologiste et solidaire demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'association collégiale Vélizy écologiste et solidaire les sommes demandées par la commune de Vélizy Villacoublay et la SAS Construction Verrecchia au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de l'association collégiale Vélizy écologiste et solidaire sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Vélizy-Villacoublay sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions présentées par la SAS Construction Verrecchia sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association collégiale Vélizy écologiste et solidaire, à la commune de Vélizy-Villacoublay, à la SAS Construction Verrecchia.
Copie en sera adressée, pour information, à la SCCV le Mail.
Délibéré après l'audience du 26 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Doré, président,
Mme Le Montagner, présidente honoraire,
Mme Ghiandoni, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
S. GHIANDONI
Le président,
Signé
F. DORÉLe greffier,
Signé
C. GUELDRY
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2309470, 2309474
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026